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L'Arménie


Modérateurs: Alokhan, Che Khan, Yousouf Ben Fida, Georgy Koudiyar

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Message 22 Oct 2009, 13:36

L'Arménie

L'Arménie :

Dans cet article, nous vous présenterons l’histoire de deux Arménie :

L’Arménie antique (ou “Grande Arménie”) et le Royaume de Cilicie (ou “Petite Arménie”).

Ces deux Arménie, situées dans des régions stratégiques importantes auront des destins mouvementés et seront, plusieurs fois, en contact avec des “Peuples Cavaliers”.

Les Parthes, les Seldjoukides et les Mongols pour la “Grande Arménie’.
Les Mongols pour la “Petite Arménie”
Dernière édition par Georgy Koudiyar le 22 Oct 2009, 13:43, édité 1 fois au total.
Georgy Koudiyar, Commandant des 'Cavaliers Flèches' de l'Ordoo du 'Corbeau Rouge'.
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Message 22 Oct 2009, 13:41

La "Grande Arménie"

La “Grande Arménie” :

Le territoire de la “Grande Arménie” se situait dans une région qui englobait l’Est de la Turquie, le Nord de l’Iran et de l’Irak, le Sud de la Géorgie.


Cette région est peuplée depuis la préhistoire, mais on ne peut parler de peuple arménien qu'à partir du VIIème siècle av. J-C, époque à laquelle la région fut investie par un peuple indo-européen (Armens et Hayaza-Azzi) qui se mêla à la population urartéenne.

Vers 610 av. J-C, une tribu thraco-illyrienne, originaire des Balkans, passe en Asie Mineure et se déplace graduellement vers l’Est jusqu’au Caucase pour se confondre avec le royaume de l’Urartu.
Elle absorbe ensuite la civilisation locale, impose sa langue indo européenne et sa culture et fonde la nation arménienne. Les Arméniens sont évoqués dans les archives de Ninive.

En 480 av. J-C, les vassaux de Xerxès Ier, roi des Perses, combattent les Grecs à Marathon.

Ainsi, la région passe par des périodes d’indépendance et de soumission.

À la suite de la conquête de l'empire perse par Alexandre le Grand, l'Arménie subit une forte influence grecque (dynastie Séleucide). À cette époque, la dynastie Orontide défend la souveraineté arménienne.

En 189 av. J-C, le stratège Artaxias proclame l’indépendance et, en 187 av. J.-C., fonde sa
capitale, Artaxate.
Cette Arménie hellénistique, sous le règne de la nouvelle dynastie artaxiade doit faire face aux Parthes.

Sous le règne de Tigrane le Grand (95 -55 av. J.-C.), elle va s’étendre de la Méditerranée aux rives de la mer Caspienne. Ce même roi déplace sa capitale à Tigranocerte vers -78.

Mais l'expansion de l'Arménie indispose les Romains. ceux-ci annexent une bonne partie des terres que Tigrane venait de conquérir, tout en laissant l'Arménie indépendante jusqu'en 65 av. J-C, année où le pays devient un protectorat romain.

De 1 à 53 ap J-C, les Romains et les Parthes se partagent la “Grande Arménie”.
De 114 à 117 ap J-C la “Grande Arménie” est à nouveau romaine de 114 à 117.

Au IIème siècle ap J-C, une nouvelle dynastie perse, les Sassanides, profite de la faiblesse de l'Empire romain pour envahir l'Arménie.
Sous l'empereur Dioclétien, les Romains rétablissent leur protection sur l'Arménie.
Ils portent, alors, au pouvoir, le roi Tiridate IV qui se convertit au christianisme en 301 sous l'influence de saint Grégoire l’Illuminateur.

L’Arménie est ainsi, dès le début du IVème siècle, le premier pays officiellement chrétien.
Un moine, Mesrob Machtots, crée un nouvel alphabet. Cet alphabet, inspiré par le grec, avec 32 consonnes et 6 voyelles s’écrit de gauche à droite. Grâce à lui, les Arméniens peuvent se passer du grec pour la publication des textes et vers l'an 406 ap J-C, l'alphabet arménien est adopté par l'ensemble du royaume.

En l'an 428, l'Arménie est divisée entre les Sassanides et les Byzantins.

La région est ensuite envahie par les Arabes, qui établissent l'Émirat d'Arménie.

Vers l'an 885 ap J-C, c’est la dynastie Bagratide qui s'impose en Arménie et l'indépendance du pays est alors, à nouveau, reconnue.

À cette l'époque, l'Arménie a comme capitale la ville d'Ani, qui, avec une population surpassant celle des métropoles européennes comme Paris, Londres et Rome, devient le centre culturel, religieux et économique du Caucase.


Mais l'empire byzantin, à qui l’Arménie fait de l’ombre s'engage dans une lutte pour la subjuguer l'Arménie. Chose qu’il réussit en 1045.

Malheureusement, trop affaibli pour défendre la région contre les Türks Seldjoukides, ceux-ci ruinent l'Arménie vers 1064 et continuent d'avancer vers le reste de l'Asie Mineure.

Des milliers d'Arméniens décident de partir en exil pour s'établir dans des régions plus prometteuses telles que la Moldavie, la Transylvanie, la Hongrie, l'Ukraine, la Pologne, Chypre, divers ports de la Méditerranée et surtout en Cilicie.

Vers 1226, les territoires de la “Grande-Arménie” sont sous le contrôle des Mongols qui ont conquis la Perse, la Syrie, et avancent direction de l'Égypte.

Après l’occupation mongole, la “Grande Arménie” est envahie par diverses tribus turques et devient l’objet de luttes entre l’Empire ottoman et l’Empire perse. À partir du XIVème siècle, elle reste sous domination turque.
Georgy Koudiyar, Commandant des 'Cavaliers Flèches' de l'Ordoo du 'Corbeau Rouge'.
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Message 22 Oct 2009, 14:05

Le Royaume de Cilicie

Le Royaume de Cilicie ( Petite Arménie).

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Royaume de 'Petite Arménie' vers 1226

Dans cette région est fondé en 1137 un royaume arménien qui prolonge la souveraineté de la “Grande Arménie” jusqu'en 1375. On nommera ce royaume, le Royaume arménien de Cilicie ou "Petite-Arménie".

Les immigrés arméniens installés en Cilicie s’étaient au service de l’Empire Byzantin.

Devenant des officiers militaires et des gouverneurs, ils reçurent le contrôle de cités majeures à la frontière orientale de l'empire.

Lorsque le pouvoir impérial s'affaiblit dans cette région, après la désastreuse bataille de Mantzikert (1071), certains d'entre eux sautèrent sur l'occasion de se proclamer souverains indépendants.

Philaretos Brakhamios fut le plus efficace de ces chefs de guerre.
Cet ancien général de Romain IV Diogène réussit à bâtir, entre 1072 et 1085, une principauté s'étendant de Mélitène au nord à Antioche au sud, et de la Cilicie à l'ouest à Édesse à l'est.
Cependant, son État sera éphémère et s'effondra à sa mort, attaqué par les Türks Seldjoukides.

Philaretos Brakhamios avait attiré à lui de nombreux nobles arméniens, leur donnant terres et châteaux.

L'un d’entre eux était Roupen, ancien officier du dernier roi d'Arménie bagratide, Gagik II.
Pensant qu'il ne pourrait jamais recréer le royaume bagratide, il se rebella contre l'empire byzantin en Cilicie.
Ainsi, en 1080 ap J-C, ralliant à lui la noblesse arméniens, il fonde la “Principauté de Cilicie” et une nouvelle dynastie, les Roupénides.

Pendant la période de la première croisade, les Arméniens de Cilicie gagnent de puissants alliés en la personne des Francs. Avec leur aide, ils assure la défense de leur jeune royaume contre les Türks, à la fois par des actions militaires directes dans la région et par l'établissement des États latins d'Orient d'Antioche et Édesse

Une sorte de gouvernement centralisé finit par émerger dans la région et le pouvoir des princes roupénides s'accroît.

Au XIIIème siècle, ils luttent contre les Byzantins pour le contrôle de la région. Le prince Léon Ier intègre les cités côtières de Cilicie à la “Principauté Arménienne”, consolidant ainsi sa domination commerciale dans la région.

En 1137, il est vaincu par l'empereur Jean II, qui considère toujours la Cilicie comme une province byzantine, Emprisonné avec plusieurs membres de sa famille, il meurt en prison trois ans plus tard.

Thoros II, son fils et successeur, aussi emprisonné, s’évade en 1141 et reprend la lutte contre les Byzantins. Il connaît quelques succès, mais finit par devoir se soumettre à l'empereur Manuel Ier en 1158.

Les Roupénides continuent à régner sur leur Principauté.

En 1187, Léon II devint prince en 1187. Il est l'une des figures les plus importantes de la Cilicie arménienne.

Sous son règne, il doit affronter les souverains de Konya, Alep et Damas. Malgré cela, il réussi à intégrer de nouvelles terres à la Cilicie et double la longueur des côtes qu'il contrôle.

En Terre Sainte, Saladin avait grandement affaibli les États croisés, entraînant le lancement d'une nouvelle croisade. Léon II profita de l'occasion pour améliorer ses relations avec les Européens. Grâce au soutien de l'empereur Frédéric Barberousse et de son fils Henri VI, il réussi à faire de sa principauté un véritable royaume.

En 1198, il devint le premier roi de la “Petite-Arménie”.

Les Musulmans, qui se relève au Moyen-orient, commencent à faire peser une menace sérieuse sur le “Royaume de Cilicie”.

Vers 1226, la couronne du “Royaume de Cilicie” passe à la dynastie des Héthoumides par la fille de Léon, Zabel, qui se remarie avec Héthoum Ier.


À cette époque, les Mongols avaient atteint le Moyen-Orient et conquis la “Grande-Arménie”, la Mésopotamie, la Syrie, et avançaient en direction de l'Égypte.

Cette conquête mongole est un désastre pour les Arméniens qui habitent toujours en “Grande-Arménie”, mais se révèle une chance pour les Arméniens de Cilicie.

En effet, Héthoum Ier joue la carte mongols contre les Musulmans et se soumet à l'Ilkhanat (Mongols d'Iran) en 1247.

À la suite de son frère Sembat, il fait lui-même le voyage jusqu'à la cour mongole et scelle une alliance avec les nouveaux " maîtres du monde ".

Le royaume d'Arménie est alors un des plus puissants États de la région, jouant un rôle de premier plan dans les échanges internationaux. C'est l'époque de l'essor du port d'Ayas (connu en Europe sous le nom italianisé de Lajazzo) . ce port devient la plaque tournante du commerce entre l'Occident et l'extrême-Orient. Marco Polo y passe en 1271 et en fait une description émerveillée. À Ayas se retrouvaient les principales flottes commerçantes européennes, en particulier vénitienne, génoise et catalane.

En s'alliant au Mongols, Hethoum Ier assure également la sécurité des Arméniens vivant hors de Cilicie.

En tant qu’allié zélé, Héthoum Ier et ses troupes combattent activement aux côtés des Francs de Bohémond VI d'Antioche sous le commandement du Mongol Hülegü Khan lors de la conquête de la Syrie musulmane et de la prise d'Alep, de Damas et de Badgad.
A partir de 1260, les mongols sont stoppé dans leur campagne contre l’Egypte par une force nouvelle : les Mameloucks (qui ont pris le pouvoir au Caire).

En 1266, le souverain mamelouk Baybars ordonne à Héthoum Ier de renier son allégeance aux Mongols et d'accepter la suzeraineté mamelouke. Hethoum refuse et se tourne vers les Mongols d'Iran (les Ilkhan) pour obtenir un soutien militaire.

Cependant, les Mamelouks marchent sur le “Royaume de Cilicie” en son absence et battent les Arméniens durant la bataille de Mari.

En 1269, Héthoum Ier abdique en faveur de son fils Léon III et se retire dans un monastère. Il meurt le 28 octobre 1270.

Léon III, toujours menacé par les Mamelouck se rend à la cour d'Abaga, khan des Mongols d'Iran, pour se mettre sous sa protection et lui demander de le défendre. Malheureusement, les Mongols d'Iran sont menacés par leurs cousins du Khanat de Djaghataï et ne peuvent intervenir.

Ils laissent les mains libre aux Mamelouks qui continuent à attaquer régulièrement la Cilicie.

En 1280, Abaga envoie enfin une armée en Syrie, auquel se joint Léon III, mais cette armée est battue et Léon III est obligé de négocier sa soumission au gouvernement du Caire, et doit verser un tribut pendant dix ans. Léon III meurt le 6 février 1289 à Sis.

Son fils, Hethoum II lui succède

Deux ans après son accession au trône, le sultan mamelouk Al-Ashrâf Khalil prend Saint-Jean-d'Acre et met définitivement fin à la présence franque en Terre Sainte.

Dés lors, le Royaume de Cilicie se retrouve seule à subir la pression mameloucke .

En 1292, ceux-ci pillent Hromgla, et le Saint-Siège doit être déplacé à Sis.
Héthoum II doit céder les villes de Behesni, de Maras, et de Tell-Hamdoun. Le 7 janvier 1293, il décide d’abdiquer et pour se consacrer à sa vocation religieuse, se retire dans le monastère de Mamistra.

Mais son frère, Thoros III, lui demande de remonter sur le trône afin de l'aider à renouveler l'alliance mongole.

Au cours de l'été 1299, Héthoum II, de nouveau menacé par les Mamelouks, envoie un message à Ghazan, khan des Mongols de Perse, pour obtenir son aide.

Ghazan décide d’intervenir et marche avec ses troupes vers la Syrie. Ils envoie également des messages aux Francs de Chypre (le roi de Chypre et les chefs des Templiers, des Hospitaliers et des chevaliersteutoniques), les invitant à se joindre à lui pour son offensive contre les Mamelouks en Syrie.

Les Mongols s'emparent de la ville d'Alep, où ils sont rejoints par les troupes d’Héthoum II, ainsi que quelques Templiers et Hospitaliers d'Arménie.

Leurs forces combinées sont victorieuses à la bataille de Wadi al-Khazandar le 22, 23 décembre 1299.

Mais les Mongols ne poussent pas de leur avantage et effectue une retraite, probablement parce que leurs chevaux avaient besoin de pâturages.

En leur absence, les Mamelouks se regroupent et reprennent le contrôle de la région en mai 1300.

En 1303, les Mongols tentent à nouveau de s'emparer de la Syrie, avec des forces beaucoup plus importantes (environ 80 000 hommes), mais ils sont vaincus à Homs le 30 mars, et à la bataille décisive de Shaqhab, au sud de Damas, le 21 avril .

À la mort de Ghazan, le 10 mai 1304, tout espoir d'une reconquête rapide de la Terre Sainte s'évanouit.

Héthoum II abdique alors en faveur de son neveu Léon IV (fils de Thoros) et se retire dans un monastère franciscain. mais est

En 1307, régulièrement sollicité de conseils par son neveu, il se rend, encore une fois, à la cour mongole pour obtenir de l'aide contre les Mamelouks.

Mais les Mongols d'Iran se sont converti à l'islam. Héthoum II et Léon IV sont assassinés le 7 novembre 1307 par un officier fanatique, lors d'une visite rendue à Bilarghu, émir mongol d'Anazarva.

Les Héthoumides régneront sur la “Petite-Arménie” jusqu'au meurtre de Léon V en 1341.

C’est son cousin Guy de Lusignan qui est élu roi.

La Maison de Lusignan était issue de France et régnait déjà sur l'île de Chypre. Il y avait de tous temps eu des liens étroits entre les Lusignan de Chypre et les Arméniens.
Cependant, lorsque les Lusignan prirent le pouvoir, ils tentèrent d'imposer le catholicisme et le mode de vie européen. Les hautes classes arméniennes acceptèrent ces changements, mais la paysannerie s'y opposa, ce qui entraîna des luttes intestines .

À la fin du XIVème siècle, la “Petite-Arménie” est, une nouvelle fois, envahie par les Mamelouks. La chute de Sis, en avril 1375, met un terme au royaume.

Son dernier souverain, Léon VI d'Arménie, est capturé et emprisonné au Caire, puis libéré contre rançon. Il meurt en exil à Paris en 1393.

Les Mamelouks avaient enfin conquis le royaume arménien de Cilicie, mais ils sont incapables de s'y maintenir.

Des tribus turques s'y établissent, menant à la conquête de la Cilicie par Tamerlan.

Par la suite, la “Petite Arménie” passera sous contrôle des Türks Ottoman.
Georgy Koudiyar, Commandant des 'Cavaliers Flèches' de l'Ordoo du 'Corbeau Rouge'.
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