Message 05 Fév 2011, 12:15

Le Dolig

Le Dolig

Rachid al Din décrit un épisode particulier concernant la maladie d’Ogodaï Khan. Alors que plusieurs chamans sont venus à son chevet, leurs art se trouve impuissant à le guérir.

Ogodaï est près de mourrir, alors son frère, Toluy prend le vase qui contient l‘eau avec laquelle on a lavé le malade, bois l’eau et fait cette prière :

“O grand Dieu Eternel, si tu sévis à cause des péchés commis, tu sais que je suis plus coupable que lui, car j’ai tué plus de monde à la guerre, j’ai enlevé plus de femme et d’enfants, j’ai fait couler les larmes de plus de pères et de mères. mais, au contraire, si tu veux appeler à toi un de tes serviteurs à cause de sa beauté et de son mérite, j’en suis suis plus digne. Prends-moi au lieu d’Ogodaï. Délivre-le de cette maladie. Fais-la passer en moi”.

Quelques temps après, Ogodaï retrouve la santé et Tuluy meurt.


Si Rachid al Din observe bien le phénomème, il n’est pas certain qu’il en ai compris le mécanisme. En effet, il est musulman.

Hors, nous nous trouvons, ici, dans un domaine typiquement chamanique.

Pour la pensée chamanique, la “maladie” est un être réel, s’étant introduit dans le corps du malade. La seule chose à faire pour sauver celui-ci est de faire partir (ou sortir) la ”Maladie”.

Plusieurs possibilités s’offrent au chaman :

- Soit, suite à des incantations et autres prières, il réussi par la ruse ou par la force à obliger la “Maladie” à quitter le corps du malade

- Soit, en sacrifiant un animal, il réussi à transférer la “Maladie” du corps du malade vers le corps de l’animal qui meurt à la place du malade.

Mais, lorsque une “Maladie” a osé s’attaquer à un personnage important , on peut comprendre que la “Maladie” est puissante et déterminée. Dès lors, des simples prières ou un animal ordinaire ne seront pas suffisants.

C’est donc, un être humain qui sera nécessaire de sacrifier.

En pareils cas, c’est, en général, le chaman qui choisi la personne expiatoire.

Dans l’exemple plus haut, c’est, Toluy, lui même qui se désigne, pour sauver son frère, s’offrant en “auto-sacrifice”.
Qüyildar, Chaman de l'Ordoo du 'Corbeau Rouge'
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