Message 28 Fév 2007, 13:38

La Symbolique de l'Arc

La Symbolique de l’Arc


L’arc, l’arme par excellence des “Peuples Cavaliers” ne pouvait pas passer à côté d’une valeur symbolique très importante.

Alors qu’en Occident, l’arc est considéré comme une arme de manant et utilisé par la piétaille, le chevalier lui préférant l’épée, en Orient , il est considéré comme l'arme la plus noble.

En Chine et au Japon (et en fait dans tous les pays de tradition confucianiste), le tir à l'arc fut considéré, au même titre que la calligraphie ou que la poésie, comme un art à part entière.

Aujourd’hui encore, nous retrouvons cet art au Japon dans la pratique du Kyudo ( Kyudo signifiant : Voie (dô) de l’Arc (kyû)

En pratiquant le Kyudo, on cultive la personnalité, les qualités humaines, la force de caractère, la connaissance de soi, le respect des autres. Une grande importance est donnée à la qualité de la posture et du gestuel. Le tir parfait sera non seulement précis, mais empreint de dignité et d’esthétique, dimensions fondamentales de la pratique du
Kyudo. esthétique du geste rythmé et harmonisé à la respiration, esthétique de la posture équilibrée, soulignée par la beauté des formes de l’arc. Tout ceci sera possible grâce à une concentration ininterrompue, et un entraînement intense et régulier.


Le tir à l’arc ne se limite plus à sa fonction utilitaire (guerre ou chasse). Il est investi d’une dimension symbolique et spirituelle.

Pour en revenir aux nomades des steppes, ceux-ci, fidèlent à leur croyance animiste qui donne vie aux objets et aux choses, ont prêté à leur arc de nombreuses vertus magiques.

Pour les premiers d’entre eux, les Scythes, les Sarmates ou les Parthes nous n’avons pas beaucoup de source.

Mais nous trouvons déjà, dans leurs récits épiques, des héros, formidables archers, qui possédent des arcs magiques aux qualités exceptionnelles et parfois offert par les dieux.

Les Perses Sassanides, successeurs des Parthes, anticipant de plusieurs siècles nos chevaliers du Moyen âge (ou les samouraïs du Japon), mettrons en pratique une chevalerie d’élite lié par un ‘code d’honneur’.

Dans ce code, on y trouvait la trilogie des “pensées pures, paroles pures, actions pures”. Dans l’éducation du jeune chevalier perse, la pensée pure était symbolisée par l’adresse au tir à l’arc.

Chez les mongols, nous pouvons citer des exemples concrets du rôle de l’arc dans les croyances et cérémonies chamaniques.

Ainsi, lors de concours d’archerie, attesté dès le Xème siècle, lorsque les participant touchaient la cible, les spectateurs se levaient et poussaient un cri spécifique qui avait la faculté de repousser les démons et d’appeler les bons esprits.

Ce cri, qui honorait le tireur et sa flèche, devait également réveiller l’esprit de la nature et prodiguer la pluie et l’abondance. Parfois, un chant de Louange (un magtaal) était entonné à la place des applaudissements.

De cette manière, les bons tireurs à l’arc jouaient un rôle important dans la société mongole car on attendait d’eux prospérité et richesse grâce à leur prouesse.

Le jeune Mongol, dès qu’il était capable de tirer, était instruit à cet art. Il recevait un arc (proportionnel à sa taille et à sa force) fabriqué spécialement par son père.

On retrouve la symbolique magique de l’arc et de la flèche dans les rituels de la naissance.
Les Mongols suspendaient 3 flèches au-dessus du berceau des garçons en signe de bonne augure.

Nous trouvons également l’arc dans les rituels de la mort. Les Mongols enterraient les guerriers avec leur arc et 3 flèches pour éloigner les mauvais esprits.
Qüyildar, Chaman de l'Ordoo du 'Corbeau Rouge'
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