Message 11 Déc 2005, 13:28

Introduction

Introduction

Avant leur conversion au Bouddhisme pour certains et à l’Islam pour les autres, la vision du monde des Mongols et de la plupart des Peuples Cavaliers fut imprégnée par la pensée chamaniste.

Cette vision, toujours présente de nos jours, déploie un monde ou le ‘vivant’ ne se réduit pas à ce qui est ‘vu’.
De plus, il n’existe aucune différence de nature entre le minéral, le végétal, le monde animal et celui des hommes. Il n’y a pas de rupture non plus entre le monde des vivants et le monde des morts (celui des ‘esprits’).

L’humain est inscrit dans le cosmos et sa nature humaine ne lui donne aucun privilège particulier. L’univers entier est vivant et tout ce qui le compose avec lui. Il vit d’une force qui l’habite et qui doit rester en équilibre. Un seul déséquilibre dans la nature entraîne un déséquilibre chez l’homme (malheur et maladie).


Ainsi, chez les Mongols, tout objet est symbole servant non pas l’identité ou la fonction mais la relation. Cette conscience permanente de l’inscription de l’homme dans le cosmos font vivre le nomade dans un monde ou tout objet n’est pas définis en fonction de son identité ou de sa fonctionnalité mais selon la relation qu’ils entretiennent avec le ciel et les esprits.

Vous verrez, dans cette rubrique, de nombreux articles traduire cette vision du monde.
Mais vous retrouverez également dans d’autres rubriques ( sur la ‘yourte’ ou dans les arts et la musique) les preuves constantes de cette pensée chamaniste.

Vous verrez à quel point des objets aussi simple et d’usage courant comme le feutre, le lait, le feu, le cheval , la yourte, etc. entre dans cette conception.

Ce qui est important de souligner c’est que dans le monde de la steppe, les esprits ne sont pas divinisés mais au contraire humanisés. Par exemple, la montagne apparaît comme un être muni d’une colonne vertébrale, d’un dos et d’une nuque (versant nord), de joues, de flancs, de c^tes et d’épaule (versants est et ouest), d’un front, d’un visage ou même d’un foie (versant sud).

Le nomade ne développe pas une relation de vénération mais de partenariat. Les esprits ne sont pas tout puissant (à l’inverse de nos dieux) et l’homme peut exercer sur eux des actions (et même parfois les tromper en utilisant la ruse).

Les croyances traditionnel expliquent la plupart des malheurs s’abattant sur les hommes par le non respect de tous ces esprits. De multiples prescriptions, tabous et interdits régulent la vie des nomades afin d’éviter de rompre l’équilibre de leur univers. Ces règles de vie continuent encore d’être scrupuleusement respectées par la majorité des habitant de
la steppe.
Qüyildar, Chaman de l'Ordoo du 'Corbeau Rouge'
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