Message 12 Oct 2009, 19:21

Le "Jeu de Cartes"

Le "Jeu de Cartes".

Le “Jeu de Cartes” n’est pas attesté en Europe avant la fin du XIVème siècle.
La source (disparue aujourd’hui) provient d’un savant jésuite s’appuyant sur un compte de l'hôtel de Charles VI et évoquant en 1392 l'achat de trois jeux de cartes à Jacquemin Gringonneur.

Par contre, Les Mamelouks connaissaient déjà le jeu de cartes au XIIIème siècle.
On suppose donc que le jeu a été introduit en Europe via l’Italie, et plus particulièrement via Venise, ville commerçant avec l'Orient.

Des éléments accréditent cette hypothèse. En effet, le nom de certaines figures (naib malik et thani naib) rappelle le mot italien naibbe ainsi que le mot espagnol naipes, qui désignent les cartes à jouer.
D'autre part, un des plus anciens documents évoquant les cartes à jouer,
la chronique de Viterbe (1379) évoque les "Sarrasins".

Le Musée Topkapi d'Istanbul conserve un magnifique “jeu de Cartes” mamelouck enluminé et datant du XVème siècle.
Ces cartes sont peintes à la main en bleu, noir, doré et rose. Elles se répartissent en quatre ou cinq suites : la coupe, la monnaie, l’épée, la crosse de polo et peut-être le bâton.
Comme notre jeu actuel, chaque série décline dix numéros accompagné de quatre personnages de cour, signalés par une inscription au bas de la carte (le roi, le gouverneur, le gouverneur en second et l’assistant).

Mais il est fort possible aussi que les Mameloucks ne soient pas les inventeurs de ce jeu, celui-ci venant d’encore plus de l’Est.

Il est probable que les jeux arabes soient arrivés par la Perse ou l'Inde mais aucune source ne peut confirmer cette thèse.

Par contre, les Chinois, qui inventèrent aussi le papier (ne l’oublions pas), connaissaient le ‘Jeu de Cartes’ et y jouaient sous une forme embryonnaire dès le VIIème siècle.
Cette version primitive du “Jeu de Cartes” trouvait son origine dans l’ancien système monétaire chinois.

Au cours des siècles, le pouvoir impérial chinois devra intervenir à diverses reprises afin de restreindre les jeux de hasard.

Une mention datant de 1294, à l’époque de Khubilai Khan (dynastie Yuan) nous apprend que les autorités durent juger une bande surprise à jouer aux cartes pour de l’argent.

La parenté de ces "cartes à jouer" avec les cartes européennes, via Marco Polo, a été avancée mais reste, malgré tout, peu probable.

Arrivé en Occident, le “Jeu de Cartes” va connaître un réel engouement et, grâce à l'utilisation de procédés de fabrication plus économiques, se démocratiser rapidement.
Si, dans un premier temps, les cartes sont de très mauvaises qualité, avec des coloriages grossiers au pochoir, l'imprimerie va permettre des progrès considérables.

Dès 1420, des fabricants Suisses et Allemands produisent des “Jeux de Cartes” par milliers.
Le succès du jeu est tel que l'Eglise s'en inquiète et de nombreux édits en interdisent l'usage. Dans certaines villes (Bologne en 1423, Nuremberg en 1452), des autodafés de jeux sont même organisés.

Ce ne sera que vers la fin du XVème siècle que seront fixés les symboles encore utilisés de nos jours (Cœurs, Carreaux, Trèfles, Piques).
Par contre, en Italie et en Espagne, le jeu utilise dès le début les Bâtons, Epées, Coupes et Deniers, hérités du jeu arabe.
Ariq Qaya, guerrier keshig de l'Ordoo du 'corbeau Rouge'
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