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Contes et Légendes Ouzbek

MessagePublié: 27 Oct 2009, 20:49
par Tsagan Qütu
L’Epopée d’Alpamis


Parmi le peuple vivaient deux frères, Baybori et Baysari, qui règnaient sur la tribu.

Comme ils n’avaient pas encore d’enfants et qu’ils devenaient déjà très agés, ils décident de passer quarante nuits au tombeau du saint “Šahi mardan”.

Le saint leur promet alors que leurs femmes auront enfin des enfants.

L’épouse de Baybori aura un fils et une fille et l’épouse de Baysari une fille.

Quelques temps plus tard, la prophétie s’accomplit.

Le fils de Baybori, appelé Hakimbek (et plus tard Alpa-miš, parce qu’il est un Alp, ‘un héros’), étudie à l’école musulmane et explique un jour à son père la nécessité de donner l’aumône et de lever la zakat, l’impôt prescrit par l’islam.

Quand Baybori exige la zakat de son frère Baysari, celui-ci se fâche et décide d’émigrer avec la moitié de la tribu au pays de Tayci Khan, khan des Kalmouks.

Chez les Kalmouks, Barcin, la fille de Baysari, est courtisée par Qaradzan et ses frères, fils d’une vieille sorcière kalmouke, Surxayil.

Malgré son refus, la belle Barcin doit consentir à un mariage mais réussit à négocier un délai de six mois.

Durant ce répit, Hakimbek, qui se nomme maintenent Alpamis, appelé à son secours, se procure un cheval digne d’un héros et se met en route. Avant d’arriver au pays des Kalmouks, Alpamis rencontre Qaradzan , son rival, qui a été averti de l’approche du héros par un rêve. Au cours de la rencontre, Qaradzan se converti à l’islam et les deux jeunes hommes deviennent amis.

Lorsque Alpamis rencontre Barcin, il en tombe follement amoureux et c’est Qaradzan qui fait la demande en mariage pour Alpamis et participe, à la place d’Alpamis, à la course de chevaux imposée par Barcin.
Quant aux autres épreuves exigées par la jeune fille, tir à l’arc, lancement du poids et lutte, c’est Alpamis lui-même qui en sort victorieux.

Après une bataille acharnée avec les soldats de Tayci khan, à laquelle les Kalmouks sont défaits, Alpamis et Barcin retournent dans la patrie du héros.

Baysari préfère cependant rester dans le pays des Kalmouks. mais sa décision lui est fatale.
En effet, le khan kalmouk, afin de se venger de la victoire d’Alpamis, dépouille Baysari de toutes ses richesses et en fait un simple gardien de chameaux.

Quand Alpamis est averti de l’infortune de son beau-père, il se rend une nouvelle fois au pays des Kalmouks.

Mais en route la vieille sorcière, Surxa-yil, qui a perdu presque tous ses fils dans le combat et dont le seul fils encore en vie, Qaradzan, est devenu l’ami de son ennemi, tend un piège au héros et à ses compagnons.

Ils sont d’abord enivrés puis tous tués, à l’exception d’Alpamis, qui est jeté dans le zindan (prison souterraine).

Un jour, une oie sauvage, blessée, tombe dans le cachot d’Alpamis. Alpamis la soigne et une fois guérie, Alpamis la prie d’aller porter un message dans sa patrie.

Qaradzan accourt dès qu’il reçoit cet appel au secours, mais il est trop faible pour délivrer le héros.

Par l’intermédiaire de Kayqubad (un rival du khan des Kalmouks), Alpamis attire l’attention de Tawka, la fille de Tayci khan. Elle lui promet son secours et amène ‘Bay Cibar’, le cheval d’Alpamis.

‘Bay Cibar’ réussit à tirer le héros du cachot avec sa queue. Avertis de la délivrance d’Alpa-mis, Tayci khan et ses guerriers kalmouks accourent, mais ils sont défaits malgré leur supériorité en nombre. Alpamis institue Kayqubad comme khan des Kalmouks et l’unit en mariage à la princesse Tawka.

Après cela, Alpamis décide de retourner au pays pour retrouver son épouse. mais, sa captivité ayant duré sept ans la situation a changé.

En effet, Ultantaz, un fils que Baybori a eu avec une esclave, règne maintenant sur la tribu.

C’est un despote qui a précipité la famille d’Alpamis dans le malheur. Et il exige maintenant que Barcin devienne son épouse.

C’est en pleins préparatifs des noces qu’Alpamis arrive justement dans sa patrie. désirant être discret, il échange ses vêtements avec son brave serviteur Qultay, qui a reconnu son maître grace à la marque que la main du saint Šahi mardan avait laissée sur l’épaule droite d’Alpamis.

Malgré son déguisement, Alpamis est reconnu par sa grand-mère, par ses parents et par sa sœur. Arrivé au festin des noces, Alpamis échange des chansons improvisées avec sa femme, qui révèle dans ses vers sa fidélité à son mari.

Quand le grand arc d’Alpinbiy, grand-père du héros, est apporté, Alpamis est le seul invité à parvenir à le bander. Son identité est finalement découverte et l’usurpateur est exécuté.

Alpamis est enfin réuni avec sa femme, découvre son fils Yadgar (né après le départ du héros) et retrouve le reste de sa famille et ses amis, en particulier Qaradzan.