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Le Transport chez les 'Peuples Cavaliers'.


Des articles sur la vie quotidienne des "Peuples Cavaliers" en générale et des Mongols en particulier.

Modérateurs: Alokhan, Che Khan, Dame Annick

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Message 04 Jan 2009, 14:51

Le Transport chez les 'Peuples Cavaliers'.

Le Transport chez les "Peuples Cavaliers”.


Introduction :

Lorsque le campement est installé, il est généralement admis que l’habitat chez les “Peuples Cavaliers” était une ‘tente’ de feutre (la fameuse yourte) et ce depuis l’antiquité.

Mais lorsque celui-ci se déplace, il serait intéressant de se poser la question sur les méthodes de transport utilisés par les nomades et ce tant pour les personnes que pour les objets.

Plusieurs solutions s’offre à nous, citons en quelques unes :

- Les personnes se déplacent à cheval et les objets sont chargé sur des chariots.

- Les personnes se déplacent à cheval et les objets sont chargés sur des animaux de bât (chameau par exemple).

- Une partie des personnes se déplace à cheval, l’autre partie se déplace en chariot. les objets sont placés dans des chariots spécifiques ou voyagent avec les chariots qui transportent les personnes.

Il est clair que les méthodes utilisées ont évolués selon les époques, les régions et les peuples. Il est à peu près certains que ces solutions puisent être utilisées seules ou en combinaison.

L'un des premier exemple connu d’un chariot hippomobile chinois (peut être introduit en Chine par les nomades d’Asie centrale) nous vient de la tombe de l’empereur Wuding, mort en 1118 av. J-C. Ces chariots étaient principalement utilisés pour le transport mais non pour le combat.
Dernière édition par Che Khan le 16 Oct 2009, 09:45, édité 3 fois au total.
Che Khan, votre humble serviteur
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Message 04 Jan 2009, 15:30

Le Transport chez les “peuples Cavaliers”.

Le Chariot chez les Peuples Cavaliers :

Chez les Scythes, plusieurs sources nous informent qu'ils se déplaçaient dans des chariots et on a retrouvé plusieurs représentations en terre cuite.
Ceux-ci étaient couverts de bâches faites de peaux cousues ou de feutre. A quatre ou six roues, ils étaient attelés à des bœufs.

Hérodote qui nous raconte la campagne des Perses contre les Scythes en 514 av. J-C. nous dit concernant les Scythes:

« ils avaient fait prendre les devants à leurs chariots, qui tenaient lieu de maisons à leurs femmes et à leurs enfants, et leur avaient donné ordre d’avancer toujours vers le nord. Ces chariots étaient accompagnés de leurs troupeaux, dont ils ne menaient avec eux que ce qui leur était nécessaire pour vivre »

Par contre, on suppose, sans exactitude, que les chariots servaient également de demeure nocturne. Les chariots comportaient plusieurs compartiments. Les femmes et les enfants devaient y dormir enfouis sous d’épaisses fourrures.

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Jouet en terre cuite représentant un chariot

Ce qui est certain, c’est que le char n’est pas employé comme char de guerre. En effet, celui-ci présent chez les Sintashta ( 2ème millénaire av. J-C) à disparu au profit de la cavalerie.

Sur le site archéologique de Pazyryk (nom local d'une vallée dans les Monts Altaï en Sibérie Russe) on a retrouvé, dans la tombe n°5, un modèle de charrete en bois de style très élégant.
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Elle était démontable et certaines pièces la composant avaient été travaillées au tour. La caisse était décorée de quatre figures de cygne en feutre bourré de foin. Il est fort possible que ce modèle ne fut utilisé que pour la cérémonie d'ensevelissement. Ce type de modèle servait au transports des personnes



Les Sarmates utilisaient le même type de "chariot habitation".
L’historien romain, Ammien Marcellin décrit les Alains “vivant dans des chariots bâchés d’écorce” et tirés par des boeufs.



Les Wusun utilisaient également des chariots mais aussi des charrettes pour le transport des personnes. Ces charrettes, réservées très certainement aux personnages de haut rang, semble être influencée par les modèles chinois.

Cette miniature est tirée d'un manuscrit réalisé sur un parchemin en soie (XIVème siècle). Il est la copie d'un document original perdu. celui-ci racontait la vie d'une jeune princesse chinoise, Liu Xijun, donnée en mariage au roi des Wusun vers 110 - 105 av J-C.

Ci-dessous : Au centre, une charrette inspirée des modèles chinois et en haut à droite un "chariot-coffre".?
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source:'Les Premiers Cavaliers' de Frank Trippett au Editions Time Live / The Metropolitan Museum of Art .

Ci-dessous : En haut à droite, un bati de "Chariot-coffre".
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source:'Les Premiers Cavaliers' de Frank Trippett au Editions Time Live / The Metropolitan Museum of Art .[/]

Attention, cette miniature datant du XIVème siècle, le peintre désirant décrire des nomades Wusun ( Ier siècle ap J-C) a très bien pu dessiner des nomades de son époque, c’est à dire, des Mongols du XIVème, plutôt que des Wusun.





Chez les Huns, nous trouvons également la présence d’un grand nombre de chariots transportant les personnes et les bagages.

Témoins d’époque, Végèce (écrivain militaire romain, fin IVème / début Vème Siècle) nous informe que les Huns avaient l’habitude de disposer leurs chariots en cercle autour d’eux et de passer ainsi la nuit en toute sécurité (cette technique du ‘rond de chariots’ entourant les campements provisoires afin de les protéger sera encore employée par les colons américains lors de la conquête de l’Ouest).

Pendant les opérations militaires, la garde du campement étaient assurée par quelques guerriers (peut être les plus âgés) et par les femmes.

Pour son emploi pendant la bataille nous pouvons discerner trois fonctions tactiques :

- protection et de renforcement d’un dispositif de combat. Derrière un rempart de chariots, les fantassins pouvaient se protéger contre les projectiles de l’ennemi (flèches, pierres etc.) et aussi contre les attaques de cavalerie.
- protection d’une retraite et de retardement des forces ennemies en poursuite.
- dernier dispositif défensif en cas de défaite.




Chez les Mongols, Guillaume Rubruck, nous fait une description tout à fait intéressante d'un type de chariot tout à fait particulier : le ‘chariot coffre’ .

[i]Ils fabriquent avec de fines baguettes tressées des caisses quadrangulaires qui ont la taille d'un grand coffre, entièrement recouvert d'un couvercle bombé de même facture. Ils y pratiquent une petite ouverture à l'extrémité antérieure. Puis ils couvrent ce coffre - ou maisonnette - de feutre noir enduit de suif ou de lait de brebis pour le protéger de la pluie et l'ornent comme leurs maisons d'un décor par application ou de broderies multicolores. Dans ces coffres ils mettent tous leurs ustensiles et leur trésor. Ils les lient solidement sur des chariots élevés que tirent des chameaux et qui sont conçus pour passer les gués.
Les femmes se font faire de très beaux chariots que je ne pourrais vous décrire qu'avec une peinture ; bien plus, je voudrais vous les peindre tous, si je savais peindre ! Parmi les riches, un Tartare a bien cent ou deux cents de ces chariots à coffres.



Il décrit également une technique particulière qui consiste à monter une yourte, à demeure, sur un grand chariot ( le tereg).

J'ai compté, attelés à un même chariot, jusqu'à vingt-deux bœufs qui tiraient une maison : onze de front et onze autres devant eux. L'essieu du chariot était grand comme un mât de navire, et un seul homme était debout sur le chariot, devant le seuil de la maison, pour mener ces bœufs.
Ils ne les descendent jamais des chariots. Lorsqu'ils arrêtent leurs maisons d'habitation,
ils en orientent toujours la porte vers le sud, et, ensuite, ils placent les chariots à coffres de part et d'autre de la maison à un demi-jet de pierre de telle sorte que la maison se trouve entre deux rangs de chariots comme entre deux murs.


Ger-Tereg :
Image
Source : dessin réalisée par J.Cooper (1875) ayant illustré une édition du livre de Marco Polo

Guillaume Rubruck continue sa description :

Une seule femmelette mènera vingt à trente chars, car le sol est uni. On attache l'un derrière l'autre les chariots attelés de bœufs ou de chameaux. La petite femme s'assiéra sur le premier chariot pour mener l'attelage et tous les autres suivront du même pas. Si on arrive à un passage difficile, on détache les chariots pour les faire passer séparément car on avance à pas lents, à l'allure d'un agneau ou d'un bœuf.



Aux environs de 1889, un photographe ukrainien, Samuel Dudin photographie une communauté kazakh.

Nous trouvons les mêmes modèles de chariots décrit par Rubruk.

Ci-dessous : Chariot réalisé en bois et en baguette tressées.
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Source photo : Samuel Dudin (1889) - Edition Time-Live/les Origines de l'Homme/Les Premiers Cavaliers.



Ci-dessous : "Chariot-coffre" en bois.
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Source photo : Samuel Dudin (1889) - Edition Time-Live/les Origines de l'Homme/Les Premiers Cavaliers.




Sur l'image ci-dessous, on observe qu'une partie des objets sont transportés à dos de chameaux. On reconnait dans ces objets, les différentes pieces d'une yourte.
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Source photo : Samuel Dudin (1889) - Edition Time-Live/les Origines de l'Homme/Les Premiers Cavaliers.



Reproduction d'un chariot :
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Musée de Xinbaerzuoqi consacré au peuple mongol.



Roue mongole traditionnelle :
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Cette roue, de fabrication archaïque est encore utilisée de nos jours.
Che Khan, votre humble serviteur
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