Message 21 Oct 2007, 21:12

L’Art de l’Orfèvrerie

L’Art de l’Orfèvrerie


Le nomade appelé à se déplacer et contrairement au sédentaire ne peut s'encombrer d'objets inutiles, lourds ou de peu d'usage. Il ne garde que l'essentiel et élimine le superflu. Son mobilier est comme sa yourte, facilement transportable. Tout doit tenir sur les chariots lors de la migration. Tous les objets qu'utilise le nomade de la steppe sont importants et sont respectés.

Parmi les métiers, la ferronnerie et l'orfèvrerie, faisait partie des métiers traditionnels et les Mongols utilisaient de nombreux objets et de la bijouterie qu’ils produisaient eux-même au lieu de les acheter des autres pays. Une pratique dictée par les conditions de vie nomade.

Le travail du métal avait déjà atteint un niveau supérieur d'habileté technique chez les Mongols du XIIIème . Bien au delà d’une utilisation pour les outils ou pour les armes, les Mongols appréciaient le fer, l’argent, le bonze, le cuivre et bien sur l’or et s’en servaient pour la
décoration de leur objets quotidiens.

Bijouterie, joaillerie et leurs techniques sont connues et pratiquées des Mongols et des peuples des steppes depuis des temps immémoriaux. En Mongolie, cet art était l'apanage des "Darkhans"; dont la traduction française 'forgerons" est réductrice. En effet, si le Darkhan est un forgeron, c’est aussi un bijoutier et un joaillier...

Les voyageurs étrangers ont été stupéfiés de voir que la plupart de ces éleveurs de troupeaux, bien qu'ils soient pauvres, possédaient de riches vêtements ornementaux et des bijoux.
Chaque objet du ménage d'un éleveur, bien qu'insignifiant, en dehors de sa valeur d'utilisation, était décoré.

Nomades ou sédentaires, les femmes, en général, adorent les bijoux et la civilisation mongole de l'époque n'a pas échappé à ces grands principes.

Les femmes mariées de l'Aristocratie Mongole, suivant leur rang social, portaient des parures terriblement complexes, lourdes, pleines de pendentifs.
Le bijou était (et est toujours), pour une femme mongole, le moyen d'affirmer son rang social.
C'était aussi un placement qui pouvait servir en cas de nécessité.
Les ornements des femmes (bagues, bracelets, serrures, boucles d'oreilles) étaient réalisés avec une remarquables habileté technique.
(voir l'article sur les coiffes mongoles).

Les hommes vont plutot aimer orner leurs objets personnels. Couteaux, sabres, selles, briquets, ceintures et autres objets purement masculins deviennent alors des objets d'art de grande facture.

De ce fait, une simple ‘poche d'amadou’ qui contenait le nécessaire à faire du feu consistant en une petite poche de cuir avec une bande d'acier attaché à son bord inférieure était ouvragée et décorée de pettes plaques d'or, d'argent ou de bronze. Celle-ci était suspendue à la ceinture. Une ceinture, elle-même, décorée de petites plaques et d’anneaux ‘porte bélière’.
En relation avec son rôle principalement utilitaire, la poche d'amadou décorée, comme la ceinture sont donc aussi des œuvres d'art.

Les techniques du Darkhan :

En Mongolie, le Darkhan, et ses aides, travaille non seulement le fer mais produit l'acier, réalise armes et outils divers, damasquine les sabres ou assemble les côtes de mailles mais connaît aussi les secrets et l'art de travailler l'or ou l'argent. Il sait travailler de grosses pièces mais est aussi capable d'œuvrer finement pour réaliser des bijoux ou sertir les pierres précieuses, importées ou non.

Le Darkhan de l'époque est un homme très respecté dans la société mongole.
Ce métier, aux règles très strictes, était interdit aux femmes.
Les techniques utilisées sont nombreuses. Nous trouvons, entre autre :

- La fonte qui impose une totale maîtrise des températures,
- L'étampage et le ciselage nécessitant la création d'outils solides et adaptés avant tout début de création.
- L'application de métaux précieux sur des supports en bois comme le mobilier, les ustensiles de la vie courante, les selles, le couteau, le briquet ou tout autre article. Ces métaux précieux
travaillés peuvent aussi se retrouver sur d'autres matériaux comme le cuir.
- La technique du filigrane d'argent, doré et marqueté avec des pierres demi-précieuses . Il était utilisé dans les chapeaux de femme et les pendentifs .
Le filigrane mongol est notable pour son exécution et sa durabilité , ce dernier étant l'exigence principale dans les conditions de la vie nomade.

En complément à cette article, je vous invite à lire :

- Le Forgeron
- Un projet de ceinture
Che Khan, votre humble serviteur
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