Message 12 Mai 2007, 17:42

Les Kalmouks

Les Kalmouks

Les Kalmouks sont principalement constituée, sur le plan ethnique, des descendants de Mongols Oïrats originaires du Turkestan chinois, en Asie centrale, et qui furent refoulés vers l'ouest par les Chinois. Ils s'établirent alors dans la région du delta de la Volga aux alentours d'Astrakhan.

Le terme Kalmouck vient de Kalmyks (littéralement "ceux qui sont restés", càd ceux qui sont resté en Russie après 1771)
Le terme Oïrats désigne l'alliance des Mongols occidentaux.

Les Oïrats étaient divisés en 4 grand "groupes" : les Tchoros (ou Dzoungar) , les Tourbet (ou Dörböt), les Khochot et les Torghut.
(Oïrat serait d'ailleurs dérivé du mongol Dörvn Öörd, "les quatre alliés").

Du XVème au XVIIème siècle, les Oïrats, nomades et bouddhistes lamaïstes, contrôlent encore, en rivalité avec la Chine, une grande partie de l'Asie centrale.

Puis petit à petit, ils perdent leur puissance et sont repoussés vers la Russie par les Chinois.

En 1609 le tsar Vassili IV Chouisky (1553-1612) signe un traité avec le Khan Oïrat, Kho-Urluyk. Par ce traité, il lui reconnait la souveraineté des Oïrat sur les territoires allant de la Volga à l'Oural. Le peuple oïrat fait alors irruption dans le concert des nations indépendantes de l'époque.

Dès le début du XVIIème, la colonisation russe vers la Kalmoukie et les migrations des Mongols Oïrats vers la Russie s'équilibrent.

Vers 1616, à la recherche de nouveaux pâturages, Kho-Urluyk et une partie des Oïrats (principalement des Torghuts, accompagnés de quelques Khosots et Dörböt) décident d'immigrer et quittent la Djoungarie (ou Djoungarie, du mongol züün gar : main gauche est la partie nord du Xinjiang ).

Au terme de multiples difficultés, ils atteignent les steppes de la Volga (vers 1630).
Ils explusent les Nogaïs de leur terres et fondent un véritable Khanat (Khanat des "Oïrats de la Volga").

Vers 1650, les "Oïrats de la Volga" font allégeance au Tsar. Considérer cette allégeance comme une soumission au pouvoir moscovite serait faux. Cette allégeance exprime une convergence d'intérêts géopolitiques, une alliance permettant la protection commune des territoires contre les menaces caucasiennes. En effet cette union n'est pas une vassalité. Elle revêt plutôt une forme fédérative largement prouvé par les clauses et termes du traité.

En 1680, les Oïrats, qui sont resté dans leur patrie, sont en pleine expansion et fondent l'Empire Djoungar, soumettant l'ouest de la Mongolie, l'est du Kazakhstan, le Tian Shan, et la Kashgarie.
Cet empire est totalement anéanti en 1755-1759 par l'empereur chinois Qianlong.

Pendant ce temps (de 1664 à 1771), les" Oïrats de la Volga" peuvent gérer leurs affaires intérieures librement.

Mais à partir de 1771, 170 000 "Oïrats de a Volga", redoutant les incursions de leurs voisins et une sédentarisation forcée, décident de retourner en Djoungarie. Assaillis par les Russes et par des tribus turcophones, un tiers d'entre eux seulement arrivent rejoindre le bassin fertile du fleuve Ili.


Les Oïrats restés sur la rive droite de la Volga prendront, alors, le nom de Kalmouk ( terme viennant de Kalmyks / "ceux qui sont restés").
Ils sont sédentarisés et en grande partie russifiés.

Des troupes kalmouk serviront comme cavalerie légère dans les armées russes. Trois régiments camperont sur le Champ de Mars, à Paris en 1804.

Image
Cavaliers Kalmouk (1805)

A la fin du XIXème siècle, on en recense encore 190 000.

En 1920, le régime communiste leur crée un territoire autonome, puis une République autonome (1935). Ayant souffert de la collectivisation et des persécutions religieuses, certains Kalmouks rejoignent, en 1943, les troupes Allemandes en retraite .
En représailles, Les kalmouks, soupçonnés de collaboration avec les nazis, sont massivement déportés en Sibérie par le gouvernement soviétique. D'autres émigreront (1951) vers les États-Unis et vers l'Europe

Le territoire autonome Kalmouk est rétabli en 1957 et la République autonome en 1958.

Aujourd'hui, les Kalmouks constituent la moitié de la population totale de la République de Kalmoukie, dont la capitale est Elitsa.

Héritiers d'un riche passé culturel, les Kalmouks ont développé une importante littérature orale où l'épopée (celle de Jangar), le mythe et le récit historique tiennent une place prépondérante.

La crise sociale et politique voyant la disparition de l'Union Soviétique va générer un nouveau type de relation entre les anciennes républiques soviétiques et la République de Kalmoukie adhère à la Fédération de Russie dès octobre 1991.

Devant une situation politique et économique extrêmement compliquée et face à la nécessité de passer d'une économie de type soviétique à une économie de marché, les Kalmouks vont faire le choix d'un gouvernement fort et volontaire en élisant, aux élections d'avril 1993, K.N. Ilyumzhinov comme premier président de leur République.

Les premières mesures et décrets vont :

- abolir le régime des soviets
- créer un parlement de 27 membres, au lieu des anciens 130 membres du soviet suprême de Kalmoukie
- créer un exécutif dans les municipalités et les zones rurales...

En Avril 1994 est votée la "loi des steppes". Cette nouvelle loi fixe une base de développement et de réformes, détermine le statut légal de la République ainsi que ses liens au sein de la Fédération de Russie.

La stabilité de la République et ses ressources géologiques permettent d'envisager des projets de développements agro-industriels, indutriels et pétroliers grâce aux champs et richesses présents sur le territoire.

Anecdote : Lénine était d’origine kalmouke par ses grands-parents paternels.

Image
Drapeau de la Répubique de Kalmoukie
Che Khan, votre humble serviteur
Image