Message 09 Oct 2005, 19:33

Les Mandchous

Les Mandchous


C’est en 1635 seulement qu’apparaît de manière officielle le nom de Mandchou ou Manzhou.

Le peuple qui se désigne ainsi est alors connu sous le nom de Djurtchet et descend de tribus toungouses qui nomadisaient en Sibérie orientale.
Ces tribus djurtchet de Mongolie orientale se sédentarisent au cours du XVIe siècle dans la région de Gehol, au nord de Pékin.

La sédentarisation, supposant l’union de plusieurs tribus, a été encouragée par un khan, Nurhaci, qui est à l’origine de la puissance militaire mandchoue et de la conquête de la Chine.

Cet exploit, illustré par la prise de Pékin en 1644, aboutit à la proclamation de la dernière des dynasties impériales, celle des Qing, connue également sous le nom de dynastie mandchou (1636-1911) (à voir le film -> Le Dernier Empereur).

Au début du XVIIe siècle, les tribus djurtchet sont fédérées par Nurhaci. Celui-ci met en œuvre des réformes essentielles pour l’histoire de son peuple, et même pour l’histoire de l’Asie orientale : dans la région de Gehol, il met en place des garnisons militaires sur le modèle des gouvernements locaux de type chinois, afin d’administrer une population
composite, partie djurtchet et partie chinoise.

Entouré de conseillers chinois, Nurhaci décide ensuite de distinguer les différents régiments par la couleur de leurs drapeaux.

C’est l’origine des qi, les « Bannières », unités militaires à couleurs symboliques, inaugurées en 1601 et qui se multiplient dans les années suivantes au fil des conquêtes mandchoues.
En même temps, les Bannières incorporent des éléments étrangers, surtout chinois : d’où une différenciation entre les Bannières extérieures, correspondant à des troupes auxiliaires, et les Bannières intérieures formées de Mandchous « authentiques ».

L’ensemble constitue une organisation militaire des plus efficaces.
Le développement de la puissance mandchoue provoque la méfiance, puis l’hostilité sourde de la Chine. Les rapports de bon voisinage et d’échanges commerciaux disparaissent pour faire place à la paix armée au cours des années 1609-1610.

En 1616, Nurhaci se proclame khan des Djurtchet, titre à résonance glorieuse dans toute l’Asie, car illustré par Gengis Khan. Il fonde en même temps la dynastie des Jin postérieurs, puis dirige des raids contre la Chine après 1618.

En 1625, il installe sa capitale dans une ville chinoise que les Bannières ont enlevée, Shenyang, désormais rebaptisée Mukden.

Lorsqu’il meurt à la fin de 1626, il sait que son successeur Abahai (1627-1644) poursuivra son œuvre.

C’est effectivement Abahai qui occupe toute la Mandchourie et soumet la Corée en 1638. Ces victoires sont d’ailleurs réalisées à travers des modèles chinois : la plupart de ses généraux et de ses conseillers sont chinois, et l’admiration pour tout ce qui vient de Chine n’est pas feinte.

En 1635, le nom de « Mandchous » remplace officiellement celui de Djurtchet. L’année suivante, le terme de Da Qing ou « Grands Qing » désigne la nouvelle dynastie.


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Archers mandchou de l'époque Qianlong, quatrième empereur de la dynastie Qing (1711 - 1799).
Che Khan, votre humble serviteur
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