Message 13 Oct 2005, 19:40

La secte Ismaélienne des "Assassins"

La secte Ismaélienne des "Assassins"


Les Nizârites, Hashâchines, ou Assassins, étaient une secte militante musulmane (Chiite Ismaliens) active du VIIIe au XIVe siècles.
Mais c'est surtout à partir du XIe s (en 1094, à la suite d'une scission importante dans le courant ismaélite) que se firent le plus remarquer les Hashâchines nommés ainsi par les Croisés), sous l'influence de leur chef Hassan al Sabah(aussi appelé le « Vieux de la Montagne », ou le « Vieil Homme de la Montagne »), à partir de la citadelle d' Alamut, au Sud-ouest de la Mer Caspienne.

Ceux qu'on appellera les Nizârites ne sont que les adeptes de l'ismaélisme en Iran, c'est-à-dire une secte chiite minoritaire dans un pays alors sunnite.

En 1094 donc, à la mort du calife ismaélite Al Mustansiral au Caire, une guerre de succession éclate entre ses deux fils Nizar et Mustali. Hassan al Sabbah prend le parti de Nizar. Mais les partisans de Nizar sont défaits en Égypte et c'est la rupture entre ceux d'Alamut et la majorité des ismaéliens. De là vient l'usage du terme Nizârites.

Quoiqu'il en soit, les Nizârites prospèrent sous le règne sévère de Hassan. Cependant les Türks seldjoukides qui règnent sur l'Iran sunnite représentent une menace constante.

Ils montent plusieurs campagnes militaires contre les Nizârites, mais sans succès majeur. En réaction, Hassan inaugure les assassinats ciblés contre des dirigeants politiques ou militaires.

Une des premières victimes est le vizir Nizam al-Mulken 1092.
Hassan al Sabbah meurt en 1124 à Alamut. Son second Bozorg-Ummid ("Grand Espoir") lui succède, puis le fils de celui ci, Mohammed I, en 1138. La lutte contre les türks se poursuit de manière intermittente, avec d'autres assassinats dont le calife abbasside Al-Mustarshid, et plus tard son fils Al-Rashid.

En 1162, Hassan II succède à son père Mohammed I. Il va totalement bouleverser les conceptions religieuses des nizârites. Lors du ramadan de 1164, il annonce au nom de l’Imam caché la « Résurrection » (qiyama), et abroge la loi islamique, notamment l’interdiction de boire du vin et le carême. Son règne sera bref, il est assassiné dix-huit mois plus tard par un opposant à la nouvelle doctrine.

Son fils Mohammed II va consolider la nouvelle foi; il ira même plus loin en se proclamant descendant direct de Nizar, ce qui ferait de lui un Imam (qui est le "vrai guide spirituel et temporel de toute la communauté islamique").
Hassan III met fin à cette hérésie et réinstaure la charia dès la mort de son père en 1210.
Toutefois, à la différence de l'époque de son père, les nizârites se conforment désormais au rite sunnite, et abandonne le chiisme.

En Iran, après le règne insignifiant de l'instable et violent Imam Mohammed III jusqu’en 1255, son fils Khur Shah est confronté à un ennemi redoutable : l'armée mongole, menée par Hülegu Khan, petit-fils de Gengis Khan, en route pour conquérir le Moyen-Orient.

En effet, si le monde chrétien a eu vis à vis de la secte une attitude neutre et même parfois une certaine collaboration (il faut dire que la secte a éliminé beaucoup plus de musulmans que de chrétiens), les Mongols ne vont faire aucune concession et décident d’éliminer totalement la secte.

Malgré plusieurs tentatives d'assassinats infructueuses contre lui , Hulegu et ses troupes assiègent le château où Khur Shah s'est réfugié. Il finit par se rendre et mourra sur le chemin de la Mongolie.

Malgré une résistance sporadique, les autres places fortes tombent ou déposent les armes. Alamut est rasée et sa précieuse bibliothèque détruite. De nombreux nizârites sont massacrés, y compris toute la famille de l'Imam; sauf un fils de Khur Shah qui aurait été mis à l'abri à temps pour assurer la succession de l'Imamat.

À la fin du Moyen-Âge, leur quasi-disparition a coïncidé avec l'essor de la branche principale (quinze millions de fidèles de nos jours) de l'ismaélisme.

Leurs descendants actuels sont les Khojas en Inde, avec à leur tête l'Aga Khan.
Che Khan, votre humble serviteur
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