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Campagnes de Chine du Nord, 1211 / 1215


Récits de batailles gagnées (ou perdues) par les Mongols

Modérateurs: Che Khan, Alokhan, Nagaï Mergen, Arkhaï Khasar, Taidju Ba'adur

Message 16 Nov 2007, 01:49

Campagnes de Chine du Nord, 1211 / 1215

Campagnes de Chine du Nord, 1211 / 1215

Venus des steppes de Sibérie centrale, les Mongols, peuple nomade de cavaliers, menacèrent nombre de régions asiatiques dès la fin du XIème siècle. Leur mépris de la mort et, surtout, leur extrême mobilité en firent de redoutables conquérants.

Temüdjin, plus connu sous le nom de Gengis Khan après avoir été élu empereur universel par l'assemblée des tribus mongoles et tatares en 1206, se posa dès lors en commandant d'une "nation" unifiée et assoiffée de conquêtes.

Veillant d'abord à la sécurité de la Mongolie, le nouveau chef soumit la Sibérie orientale (1207) et écrasa le royaume de Si-Ha (1209) ainsi que divers peuples turcs de l'actuel Xinjiang, en Chine occidentale.

Première campagne de Chine :

En 1211, après avoir consolidé ses frontières, Gengis Khan rassembla son armée à Karakorum en vue de la lancer à l'assaut de la Chine des Kin (ou Jin). Cette dernière dynastie régnait sur le nord de la Chine actuelle ainsi que sur la Mandchourie.

Protégés par la puissante muraille de Chine, les dirigeants Kin ne s'attendaient nullement à un assaut.
La Muraille était sous la garde des Öngüts, des mercenaires turcs employés par les Kin.

Basant sa stratégie sur la rapidité d'action et la surprise, Gengis Khan fragmenta son armée en plusieurs colonnes qui furent confiées à ses fils.

La puissante fortification céda en trois endroits.
La dynastie Kin ne disposait alors d'aucune armée organisée, à l'exception de la garde privée de l'Empereur et de garnisons mercenaires frontalières.
Dès lors, une fois la Muraille franchie, les Mongols ne rencontrèrent guère plus de résistance en campagne.

Les Kin conservèrent toutefois un atout.
Disposant de nombreux ingénieurs experts en techniques défensives, passés maîtres dans le domaine des fortifications, les Chinois gardèrent le contrôle des villes.

Ignorants des techniques de siège, les cavaliers mongols ravagèrent le pays et détruisirent les récoltes mais restèrent impuissants contre les cités.

Plusieurs années durant, cet équilibre subsista.

Progressivement toutefois, les succès mongols, autant que la terreur qu'ils inspirèrent, provoquèrent le ralliement de divers peuples précédemment soumis aux Jin.

En 1212, les Kithan se soumirent à Gengis Khan. Ce dernier accepta volontiers, n'ignorant nullement les connaissances administratives et techniques de ses nouveaux sujets.

En 1214, les Kin obtiennent un traité de pais avec les Mongols.

Le Roi d'Or offre à Gengis Khan "de l'or, de l'argent, des soieries", 500 garçons, 500 jeunes filles, 3000 chevaux et une princesse de sang pour lui-même.
Gengis Khan retourne en Mongolie.

Deuxième campagne de Chine :

En 1215, profitant d'une courte trêve et du départ de la Cour Kin vers Kai-Fong, Gengis Khan débute la deuxième campagne contre les Kin et marcha vers l'actuelle Pékin (alors appelée Zhongdu).
Grâce à ses ingénieurs Khitan, il effectua le siège de la ville somptueuse, considérée par lui comme un symbole des civilisations sédentaires à détruire avant de tranformer le monde en une vaste steppe dévolue à son peuple.

Au cours d'un assaut massif, les Mongols parvinrent à franchir le mur d'enceinte en plusieurs endroits.
Dépassée la garnison chinoise déposa rapidement les armes tandis que les Mongols se répandirent dans les rues de l'une des plus grande ville du monde de l'époque.

Le pillage dura un mois. Les palais et riches demeures furent incendiés au même titre que les habitations modestes. Dans sa quasi-totalité, la population fut massacrée.

La ville fut rasée jusqu'à ses fondations et il fallut plusieurs années pour voir réapparaître, au même emplacement, une nouvelle cité mongole, Dadu (Grande capitale) ou Khanbalik (Ville du Khan).

La nouvelle de la chute de Pékin remplit d'effroi les princes musulmans d'Asie centrale : le Khan venait de détruire une puissance universellement redoutée...

Au lendemain de la prise de la ville, Gengis Khan regagna la Mongolie pour y mater une révolte de peuples vassaux.
Il confia l'un de ses généraux, Muqali, le soin d'achever la conquête du pays. Celle-ci ne sera achevée qu'en en 1234 et seul l'Empire chinois des Song, au sud de la Chine actuelle, échappa, provisoirement, à la conquête mongole.

Une fois la dynastie Kin abattue, les Mongols déferlèrent sur l'Asie centrale, mettant à bas la principauté turque du Khwarzem en 1220 et s'ouvrant les portes de l'Azerbaïdjan et de l'Afghanistan.
En 1221, l'Iran fut victime des hordes mongoles qui réapparurent, l'année suivante, sur les rives de l'Indus. Dans le même temps, Gengis Khan soumit le Daghestan et attaqua plusieurs principautés russes.

A la mort de Gengis Khan, en 1227, l'empire mongol s'étendait de la Sibérie et de la Chine jusqu'à la Russie.

Progressivement, les Mongols abandonnèrent razzias et pillages pour organiser un véritable Etat. Leur puissance fut telle et la menace qu'ils firent peser sur les Musulmans fut si grande que le pape et le roi de France Louis IX envisagèrent de s'allier avec eux et de les convertir au christianisme. La réponse du Khan mongol fut des plus nettes : "que les Chrétiens commencent d'abord par se soumettre".
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Message 17 Déc 2010, 13:45

Campagnes de Chine du Nord

La Bataille de Huan Er Tsui.

Introduction :

La Bataille du Col de Huan Er Tsui ( la Passe du Blaireau) est peut-être la victoire la plus importante dans l'histoire de l'empire mongol. Elle s'inscrit dans les opérations militaires de la première campagne contre la Chine du Nord.
Dans l'histoire secrète, elle est présenté comme leur plus grand accomplissement et l'historien musulman Rashid ad-Din écrit, cent ans plus tard, que les Mongols la considérant comme l'une de leurs plus grandes victoires.

Cette bataille qui a marqué le début de l'expansion mongole est pourtant très peu connue des sources occidentales.

Contexte Général :

En 1210, Gengis Khan insulte l'empereur des Kin ( Dynastie de Chine du Nord) en déclarant publiquement que c’est un lâche et qu’il est indigne d'être un chef.

Gengis Khan ajoute : “L'Empereur doit être un homme du ciel, comme moi, je le suis”

L'empereur Kin qui prend ces déclarations comme une trahison (Gengis Khan étant normalement un de ses vassaux) ordonne l'exécution de l’Ambassade mongole.

Les tensions entre les Kins et les Mongols s'intensifient et Gengis Khan en profite pour déclarer la guerre aux Kin.

Il faut se rappeler que les Mongols avaient un vieux contentieux avec les Kins. En effet, ceux-ci avait exécuté, vers 1147, Ambakkaï Khan, chef de la tribu mongole des Tayidji'ut.

- L'armée mongole est composée de 90 000 à 120.000 hommes (principalement des cavaliers). Une force de défense de 2000 hommes reste en Mongolie.

- L’armée des Kins est composée :

A ) Les troupes de la frontière avec un effectif total de 100.000 hommes dirigées par le Premier ministre première Qiannu Du .

B) - Les troupes principales avec un effectif de 250.000 hommes commandée par le chef de l'armée, le maréchal Wanyan Chenyu. La plupart des troupes viennent de la capitale.

C) - Les troupes de renfort avec un effectif de 150.000 commandée par le vice- maréchal Hersle Whosawho. Les troupes viennent de toutes les régions du pays Kin. Leur but est de défendre la ville de Datong.


Au printemps 1211, l’armée mongole, passant par le désert de Gobi, s’approche de la “Grande Muraille”. Sur le chemin, elle rencontre le peuple des Ongut qui se rallie directement à Gengis Khan (et très certainement quelques Kithans qui passent également dans le camp des Mongols).

La route de l’invasion est ouverte.

Le siège d’Ulanqab est l’un des premiers affrontements

Au fil des ans, les Kins ont ordonné une ligne de construction d'une série de bourgs pour surveiller les Mongols, mais la tactique se révèle inefficace, car même si ces bourgs maintiennent une stabilité le long de la frontière, ils n’empêche par les Mongols de se déployer dans les campagnes. Ulanqab est l'un de ses bourgs, sans doute le plus grand et le plus important à l'époque.

Djébé attaque Ulanqab mais n’obtient aucun succès. Il change de tactique en s’attaquant directement aux fortifications. Avec la destruction de celles-ci, Djébé parviennent à capturer la cité.

Entendant les nouvelles, un haut fonctionnaire des Kins conduit les troupes en retraite vers le col de Huan Er Tsui

Gengis Khan ordonne à ses trois fils aînés et au général kithan, Tuhwa d’assiéger la ville de Datong pour couvrir la ligne latérale de l’armée mongole et de couper le ravitaillement de l’armée Kin avec sa capital.


Prélude à la bataille :


L'armée mongole a été scindée en deux avec Gengis Khan qui commande personnellement l'armée de l'Est qui se dirige vers la position stratégique de la passe de Huan Er Tsui.

Le célèbre général mongol, Djébé conduit avant-garde de l'armée de l'Est et les Mongols sont bientôt en vue du col.

Les armées Kins sont confiantes dans leur position défensive et pense avoir la capacité à canaliser l'armée mongole qui préfère les steppes ouvertes pour le combat.

Le général des Kins attire Gengis Khan délibérément pour combattre à l'embouchure de la “passe”.


La Bataille :


Les chiffres de cette bataille sont difficiles à évaluer.

La force effective de l’armée Kin était probablement entre 150.000 et 200.000 hommes. Cette armée Jin est composée de cavalerie (Khitan et Jurchen) et d’infanterie chinoise (Han(.
La cavalerie est l'élite de l'armée et est placée à l'avant et sur les ailes. Tandis que l'infanterie est placée à l'arrière


Les forces de Gengis khan sont inconnue, mais en tenant compte de la force d'invasion et de ceux qu'il envoie en patrouille, elles sont de plus ou moins 90.000 hommes.
L’armée mongole est composée exclusivement de cavaliers (lourds et légers).

Les deux armées sont encore séparées par environ 20 à 30 kilomètres lorsque deux officiers Khitan de l’armée kin se confie à Shi Zong et prétende que :

“Depuis la prise de Fu Zhou, les Mongols se repose et font pâturer leur chevaux près de la ville, et qu’en les attaquant maintenant avec la cavalerie, ils seront surpris et que les Kin peuvent gagner une victoire décisive".

Shi Zong cependant, n'est pas d'accord et propose d'attaquer le lendemain avec la cavalerie et l'infanterie combinés.

Zhi Zhong envoie également un officier du nom de Ming-an chez les Mongols afin de discuter des conditions de paix (et peut être aussi un peu pour les observer).
Mais Ming-An déserte, passe chez les Mongols et les prévient que la cavalerie Kin attendaient à l'extrémité de la passe.


La bataille est inévitable, Gengis Khan ordonne à ses hommes de se préparer à l'action et progresse vers Huan Er Tsui.

Les deux armées s’affronte en ce lieu.

Comme prévu, l'empereur Kin déploie ses cavaliers Khitan et Jurchid sur le front et les ailes de son armée et place l’infanterie derrière.

Les premières lignes chinises sont attaquées violemment par les vagues successives de troupes légères mongoles. Ayant peu d’espace pour se déployer, la cavalerie kin fléchi sous la tempête de flèches versées dans leurs rangs.

Saisissant l'occasion, Muqali livre un assaut formidable en lançant la charge des cavaliers lourds, la lance à la main.

Gengis Khan appuie la manœuvre avec la Garde (Keshik). La cavalerie kin est jetée en arrière sur sa propre infanterie.
Sans aucune marge de manœuvre, elle piétine les soldats et implique toute l'armée dans une confusion catastrophique.

La bataille a duré une demi-journée et à midi, l’armée kin est en déroute et chassée du terrain. Les Mongols poursuivent les Kin, à travers le col et débouchent dans la vallée.

Les Kin , qui ont subit des pertes énormes, se rassemblent à Hui Bao, autour de l'empereur. celui-ci comprenant que la journée est perdue se fraye un chemin avec 7.000 hommes d'élite et fui vers la rivière Kan Sang.

Les Conséquences :

La bataille est l'une des plus grandes victoires des Mongols.

Dix ans plus tard, quand un prêtre taoïste, Tch’ang-Tch’ouen , passe le col pour se rendre chez Gengis Khan, les os des morts étaient encore visibles sur les escarpements.

Le puisant empire des Kin vient de subir un premier revers sérieux. Il commence à s'effriter et sera officiellement détruits par les Mongols en 1234.

Cette première campagne de Chine permet également aux Mongols de conquérir les vastes territoires du Royaume de Leao (Mandchourie actuelle).
En effet, un descendant de l’ancienne famille impérial de Leao (Kithan), Ye-liu Liou-ko, récupère son trône grâce aux Mongols et est proclamé roi de Leao sous leur protectorat.


Pendant cette campagne, environ 10 villes Kin ont été pillées mais la capitale des Kin (Zhongdu, actuellement Pékin) n’est pas tombée.

Aux printemps 1214, sous les murailles de la ville, Gengis Khan comprends qu’il n’aura pas le temps de la prendre.
De leur côté, les Kins sont épuisés par 2 années de guerre totale. Il faut conclure la paix. Gengis Khan la propose, les Kins l’acceptent.

Ils offrent de l’or, de la soie, 500 jeunes hommes et 500 vierges, 3000 chevaux aux Mongols qui retournent chez eux.

Ils reviendront un an plus tard, ainsi commencera la deuxième campagne de Chine du Nord.
Che Khan, votre humble serviteur
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