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Le Commerce de l'Ambre

MessagePublié: 02 Oct 2008, 13:54
par Marco Posato
Le Commerce de l'Ambre.

L'ambre est une résine fossile de conifère. Outre son aspect translucide qui l'apparentait à une gemme, on lui prêtait des vertus magiques et curatives. Les Anciens le regardaient comme une pierre combustible. Rarissime en Méditerranée. Elle était très recherchée par les peuples de l'Antiquité classique.

Dès l'âge du bronze, les peuples méditerranéens (Égyptiens, Grecs, Phéniciens) importaient l'ambre depuis la Mer Noire et la Mer Baltique selon des routes terrestres empruntant le cours de la Vistule et du Dniepr.

On a retrouvé dans la chambre funéraire du pharaon Toutankhamon des objets fait d'ambre de la Baltique, et l'on sait que des offrandes en ambre étaient expédiées de la Mer du Nord vers le sanctuaire d'Apollon à Delphes.

Par la Mer Noire, les échanges commerciaux pouvaient se poursuivre le long de la “Route de la soie”. Il est probable que les influences méditerranéennes en Scandinavie lors de l'âge du Bronze danois s'expliquent par le trafic le long de la “Route de l'ambre”.

Sous l'Empire romain, la principale “Route de l’ambre” reliait la côte de Poméranie (Codicus sinus) à la Mer Adriatique via le pays des celtes Boii (la Bohême actuelle) et la province de Pannonie. Le tronçon entre la capitale de Pannonie, Carnuntum sur le Danube, et Aquilée sur l'Adriatique était une voie romaine.

On ne connaît donc pas avec certitude les villages de Baltique d'où partait cette route. Il semble que les villes de Kaup et Truso, en Prusse Orientale, ont été créées le long de cette route et sans doute que l’ambre était récoltée sur toute la côte.


Pline l'Ancien atteste que l'ambre était bien importé depuis la mer Baltique jusqu'à Aquilée.
Selon Pline et Timée de Tauroménion, l'explorateur grec Pytheas, qui navigua entre 350 et 320 av J-C, accosta en Mer du Nord sur une île du nom d'Abalos où les habitants se chauffaient en brûlant de l'ambre, qu'ils vendaient aussi aux Teutons.

Hormis les routes de l'ambre romaine, grecque ou gauloise, il existait la ‘route scythe’.
En effet, l’ambre était également un des produits, avec la foururre, dont les Scythes faisaient un commerce lucratif. Ceux-ci, controlant ces vastes territoires, jouaient les intémédiaires entre les pays du nord et ceux du sud.

Plus tard, on trouvera, chez les Sarmates et les Alains de nombreuses perles d’ambre jaune.
Des fouilles dans des tombes plus récentes de guerriers sarmates, montrent que les perles servaient probablement de pendentifs d'épées.

Au Vème siècle ap J-C, ce sont les Huns qui s’installent sur les terres de Pannonie et qui deviennent les intermédiaires incontournables pour le commerce de l’ambre.

Dès le VIème siècle ap J-C , la ville de Kiev, fondée par les 'marchands-guerriers' scandinaves de la tribu des Varègues, se développe également sur une “route de l'ambre” située entre la Baltique et Byzance.

Et à partir du XIIIème siècle, la “Route de l’ambre” tombe sous le contrôle des Mongols de la “Horde d’Or’.

Certes, la valeur de ce produit n’a plus l’ampleur qu’il avait dans l’antiquité mais son attrait reste vivace et l’ambre fait encore partie des nombreux articles qui se monnaient dans les comptoirs de la Mer Noire.

Au XIVème siècle, l’ordre Teutonique et les villes prussiennes ont le monopole de vente de l’ambre.Ce monopole est si puissant que dans le cadre d’un conflit entre la Hanse et la Flandre, la diète générale ayant décrété le blocus de la Flandre (1er mai 1388), villes prussiennes et ordre teutonique obtiennent, malgré tout, de continuer la vente d’ambre aux Flamands.

L’ambre comportait au moins trois sortes principales, de prix très inégal selon la pureté. Il était récolté sur les rivages de la presqu’île du Samland et livré obligatoirement aux fonctionnaires du grand économat teutonique de Koenigsberg, qui en assurait exclusivement les expéditions.
Jusqu’en 1400, l’ambre était envoyé non seulement à Lubeck et à Bruges, mais aussi à Lvov, d’où il était acheminé vers l’Orient. A cette date, les ventes rapportaient à l’ordre annuellement 1000 marks prussiens à Lvov, 1300 à Lubeck et 2800 à Bruges.

Même après la bataille de Tannenberg (15 juillet 1410), l’ordre conservera son monopole et au XVème siècle l’ambre restera la seule branche prospère de son commerce.
Après sa vente, l’ambre était transformé en divers bijoux,et objets, notamment des chapelets (spécialité de Lubeck).