Message 26 Sep 2005, 21:58

La Société mongole, petite introduction.

La Société mongole.

Organisation des Tribus et des clans :

Les tribus et clans sont liés par des liens de vassalité ou d'alliance, et seront soumis à l'autorité d'un Khan (roi). La fidélité des vassaux est largement dépendante du khan. Celui-ci aura été reconnu comme tel par l'ensemble des tribus lors d'un Quriltaï (assemblée des tribus), ou à la suite d'une soumission spontanée ou forcée.

Les alliances sont fréquemment scellées par des mariages. Elles ne durent souvent que le temps d'une campagne, les retournements d'une année à l'autre restant fréquents.

Les guerres entre tribus sont monnaie courante. On se bat pour un territoire (ulus ), pour du bétail, pour piller. Les conflits se finissent rarement sans un massacre en règle des armées vaincues. Les survivants sont généralement réduits en esclavage et répartis entre les tribus victorieuses : les hommes (survivants) s'occupent des troupeaux et des chevaux, parfois sont enrôlés dans les conflits de leurs maîtres ; les femmes sont épousées. Les enfants sont parfois adoptés.

Régulièrement, un Khan plus énergique d'une tribu puissante pourra fédérer les autres tribus. Il sera alors désigné Qaghan, ou Khan universel, lors d'un Quriltaï, et partira à la conquête de la Chine ou du monde. Il est investi par le "Tengri" dont il est le représentant sur Terre. Le plus grand d'entre eux reste Gengis Khan.

Les tribus et les clans sont dirigés par une aristocratie guerrière : les Noyan ou Bagadour.
Ils sont chargés de conduire leur clan vers les pâturages et de le fournir en nombre suffisant d'esclaves pour l'entretien des troupeaux. Ils sont bien sûr chefs de guerre.

Ensuite vient la classe des hommes libres guerriers : les 'darqad, qui forment le gros des troupes des armées.
Puis les roturiers, arad, serviteurs et servantes, et enfin les esclaves bogoul, souvent darqad malheureux d'une autre tribu vaincue. Ils peuvent être affranchis et retrouver leur statut.

Les clans et les familles sont reliées là aussi par des liens de fidélité et d'intérêts, formant une tribu sous l'autorité d'un Khan.
La succession se fait à l'intérieur de la famille, mais pas forcément par droit de primogéniture. Si le Khan n'a pas désigné son successeur de son vivant, celui-ci est désigné lors d'un Quriltaï (assemblée des hommes libres).
Le territoire est divisé en yourt (apanages territoriaux) entre les héritiers. Le yourt et les tribus qui y nomadisent constituent l'ulus. Le cadet hérite du patrimoine primitif du père, en tant qu'odjigin, gardien du foyer (ex : à la mort de Gengis Khan, son plus jeune fils Toluy reçut l'apanage de la Mongolie, quand ses aînés recevaient qui la Russie, qui la Perse...).

Le Chamanisme :

Les chamans occupent le rôle de sages et de guérisseurs et sont le liens entre le monde des "esprits" et les hommes.

Le mariage :

Les Nomades sont polygames. Lors d'un mariage, la famille de l'époux paie une compensation à la famille de l'épouse pour la perte d'une travailleuse. Il arrive cependant fréquemment que l'épouse soit enlevée lors d'une razzia ou d'une guerre qui a vu les vainqueurs emmener femmes et troupeaux. La haine de la tribu lésée est alors assurée...
Bien souvent, l'épouse est promise dès le plus jeune âge à son futur mari. Celui-ci une fois adulte (à partir de 15 ans) peut revenir la chercher. La tradition veut que le fiancé enlève sa future à son beau père, empêché en cela par les membres de la tribu de la promise.
Le futur marié est accueilli, donne ses présents au père, ripaille pendant des jours, jusqu'à trouver le moment propice pour enlever sa femme. Un fois l'enlèvement avéré, le couple est reconnu et peut revenir sans crainte dans la tribu.

Les femmes, ou khatoun, ont le rôle assez classique de la femme dans des sociétés guerrières et pourraient rester effacées. Elles sont considérées comme butin, et sont traitées rudement. Pourtant les khatoun jouissent d'une considération indéniable. Ce traitement rude est plus la traduction d'une culture sauvage que d'un mépris de la femme.

Ainsi, lorsque le mari reste absent longtemps (pour une guerre par exemple), la tradition veut que sa femme se refuse à lui à son retour et s'enfuie. Le mari lésé doit alors s'équiper de son urga et rattraper sa femme avant de gagner le droit de partager sa couche.

Les veuves des khans poussent souvent leur fils favori lors des qouriltaï devant désigner un nouveau khan. Elles peuvent assurer la régence avec fermeté en attendant la nomination du nouveau Khan, processus qui prend parfois plusieurs années. Certaines ont même mené des armées à la victoire. Nombreuses sont celles qui ont été le prétexte de guerres meurtrières.

La mère est respectée et écoutée. E'olun, mère de Gengis Khan, était bien la seule à pouvoir critiquer le grand Khan sans risquer la mort.
Enfin, les femmes peuvent devenir chamanes.

Les Anda :

Ce sont les "alliés jurés". Il s'agit d'un serment de fidélité entre deux amis proches, scellé par l'échange du sang. Les anda sont censés être toujours prêts à se soutenir.

La Loi :

Elle est très rude. Coutumière, Gengis Khan, va la consigner dans un code de jurisprudence et va la faire appliquée avec fermeté : le yasak. D'un manière générale, tout vol doit être puni par une compensation de neuf fois la valeur du bien volé. Si la compensation ne peut pas être versée, le voleur est exécuté ("coupé en deux").

Le meurtre, le vol grave, l'adultère (excepté le viol par les guerriers en campagne bien entendu), la sodomie, la conspiration, les maléfices, le recel peuvent valoir à son auteur la condamnation à mort.

On ne doit pas verser le sang d'un noble : ceux-ci sont exécutés par étouffement. Enroulé dans une couverture, le condamné est piétiné par les cavaliers jusqu'à ce que mort s'ensuive.

La politesse :

L'étranger peu averti des us et coutumes locales peut commettre de graves impairs sans le savoir.

Ainsi doit-on :

· Toujours accepter l'offrande de nourriture, même si on y porte symboliquement les lèvres seulement.
· Prendre la nourriture de la main droite
· Entrer du pied droit dans un ger (yourte)
· Aller vers la gauche en entrant dans un ger
· Laisser ses armes à l'extérieur
· Offrir la première gorgée d'aïrag ( lair formenté) au "Tengri" (le grand ciel bleu) en lançant un fond de gobelet au ciel

Éviter de :

· Arriver au galop vers un ger (yourte) : c'est une attitude agressive
· S'immiscer sans permission dans la conversation de personnes plus âgées
· Marcher sur la poutre du seuil de la yourte
· Jeter des déchets dans le foyer : le foyer est sacré
· Se laver directement dans un cours d'eau
· Enjamber le foyer
· Poser son couvre-chef dans le ger de son hôte : cela signifie qu'on veut dormir chez lui.
· Parler de malheur : la parole attire les mauvais esprits (uyör).

Quand un nomade offre l'hospitalité (ce qui est fort probable si le visiteur n'est pas un ennemi déclaré ou ne commet pas d'impair), il invite le visiteur dans son ger. Il offre les laitages posés sur la table. Il est de bon ton d'échanger un petit quelque chose de manière symbolique. On n'est pas obligé de manger, mais il faut au moins porter la nourriture à ses lèvres.

On peut lécher le bol de yaourt quand il est terminé : c'est délicieux, et c'est réputé être bon pour la santé.

Si on est convié à manger, on se sert avec les doigts : celui qui utilise son couteau ou une cuiller pourrait être soupçonné de ne pas vouloir se graisser les doigts afin qu'ils ne glissent pas sur la corde de l'arc, trahissant ainsi des intentions hostiles.


D'autres articles, sur ce site, développent certains sujets plus en profondeur :

- Le yasak.
- Le Mariage
- Le Lévirat

- Le Chaman
- Le Tengrisme

- l'Aïrag
Che Khan, votre humble serviteur
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