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Le Mariage chez les 'Peuples Cavaliers'.


Des articles sur la vie quotidienne des "Peuples Cavaliers" en générale et des Mongols en particulier.

Modérateurs: Alokhan, Che Khan, Dame Annick

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Localisation: Brabant Wallon

Message 26 Sep 2005, 22:38

Le Mariage chez les 'Peuples Cavaliers'.

Le Mariage chez les Mongols


Les Mongols pratiquaient, au moins depuis le Moyen âge, le mariage par achat. Les parents et amis du mari faisaient une grande fête le jour des noces, tandis que ceux de la femme prenaient des marques de deuil comme si elle était morte.

Il existait également la pratique du 'mariage arrangé' dans lequel deux enfants, parfois très jeune, était promis l'un à l'autre.

Une autre pratique était le 'mariage par enlèvement'


Les Mongols pouvaient prendre autant de femmes qu'il leur faisait plaisir, à condition toutefois de pouvoir les nourrir et de n'en négliger aucune. Quand un Mongol avait passé la nuit chez l'une de ses femmes, c'était chez celle-là que les autres se rendaient pour prendre leur repas.

La première des femmes épousées était la femme légitime, et les autres n'étaient regardées que comme des concubines.
Les empereurs mongols pouvaient avoir plusieurs femmes légitimes (Khatoun) et un nombre illimité de concubines (Koumaï).

La première épousée était celle dont les fils pouvaient succéder au père, à leur défaut, c'étaient les fils de la seconde femme et ainsi de suite.
Les mariages consanguins n'étaient pas interdits, il était permis d'épouser sa cousine, sa soeur de père, mais non sa soeur de mère. On pouvait, aussi épouser les deux soeurs, la femme de son frère défunt, et même la belle-soeur de son père (voir également l'article sur le lévirat).

Si le mari mourait avant sa femme, elle ne pouvait retourner chez ses parents, mais ceux du mari la mariaient à leur guise, à moins qu'elle ne restât dans sa maison, isolée.

Selon Guillaume de Rübrück, les veuves ne devaient pas se remarier, parce que toutes les personnes qui avaient servi un homme durant sa vie devaient également le servir dans l'autre monde, et il est clair qu'une femme ne peut appartenir à la fois à deux maris. Cependant, il était permis à un fils d'épouser une ou plusieurs de ses belles-mères, parce que, dans ce cas, il était censé régir les affaires de son père pour les lui remettre quand il mourrait à son tour.

Marco Polo dit qu'il n'y a que le fils aîné qui pouvait agir ainsi, mais non les autres.


Il y avait chez les Mongols des mariages fictifs qui jouaient un grand rôle dans les relations des diverses tribus entre elles.

Il arrivait, en effet, que deux tribus ou deux familles ennemies scellaient leur réconciliation par un mariage entre les enfants des chefs. Quand une fille et un jeune homme étaient morts avant d'être mariés, on rédigeait un contrat de mariage à leur nom, on peignait sur des feuilles de soie les objets qui constituaient leur dot et on jetait le tout dans le feu. A partir de ce moment, ils étaient considérés comme mariés.

Marco Polo et les historiens musulmans signalent l'existence de ces mariages rétrospectifs. Au témoignage de tous les voyageurs, les femmes mongoles étaient chastes et honnêtes quoique d'une telle liberté dans leur langage, qu'elle effarouchait la pudeur de Plan Carpin par la suite, au contraire, leurs moeurs seront assez libres.

Durant la vie de leurs maris, les femmes n'étaient point malheureuses, car elles avaient la haute main sur la yourte et faisaient à peu près ce qui leur convenait.

Elles se tenaient du côté gauche, tandis que les hommes prenaient la droite. Elles s'occupaient du ménage et de la cuisine, car leurs maris ne faisaient guère que chasser et fabriquer les armes; néanmoins, au témoignage de Plan Carpin, elles n'étaient nullement embarrassées pour monter à cheval et tirer de l'arc quand il en était besoin.

Ce n'était cependant que l'exception, et le plus souvent elles se bornaient à préparer les peaux qui devaient servir à la confection des vêtements, à conduire les chariots et à les poser à terre.


Aujourd'hui les Mongols n'ont qu'une femme légitime. Le mari paie une dot aux parents de la fiancée qui, en retour, doit apporter un mobilier. Le divorce est permis, mais celui qui le demande doit laisser à l'autre conjoint une partie de ce qu'il a apporté.
Che Khan, votre humble serviteur
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Inscrit le: 24 Sep 2005, 10:43

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Message 24 Août 2008, 15:48

Le Mariage par enlèvement

Le Mariage par enlèvement


Introduction

L'acquisition d’une épouse par le rapt existe certainement depuis la préhistoire. A cette époque, l’organisation de la société humaine ne dépassait pas celle du clan familial. Ces clans, régulièrement en guerre entre eux, se disputaient les terrains de chasse ou les points d’eau.

Les hommes étaient obligés de trouver des épouses en dehors de leur clan (principe de l'exogamie) et n’hésitaient pas à enlever des femmes lors de razzia.

Ce rapt d’épouse prenait valeur de prouesses guerrières au même titre que le vol de bétail ou la mort d’un ennemi.

Ainsi, à travers l’histoire, de nombreux récits nous parlent de ce phénomène. Qui ne se souvient pas de l’enlèvement d’Hélène par Paris et qui provoque la guerre de Troie ou encore de l’enlèvement des Sabines, épisode mythique de l’histoire de la Rome primitive.

Bien loin du simple coup de force sexuel, la raison du rapt pouvait cacher d’autres raisons.

Le ravisseur enlevait une fille, déjà fiancée, pour prouver sa supériorité et se venger de s’être vu préférer un autre.
Ou encore, des parents regrettant d’avoir fiancé leur fille trop vite alors que surgit un meilleur parti, se mettent d’accord avec le nouveau venu pour que celui-ci l’enlève.

Il est étonnant de constater que le rapt est alors présenté sous un jour flatteur. Le rapt en tant qu’aventure se voile d’une aura positive et le ravisseur devient un héros.

Dans certains cas l'enlèvement n’avait plus qu’une une valeur symbolique :

Dans les sociétés ou l'épouse était promise dès le plus jeune âge à son futur mari, celui-ci une fois adulte pouvait venir la chercher. La tradition voulait alors que le fiancé procède à un simulacre d’enlèvement. Parfois, ce simulacre obéissait même à des règles bien précises : Le futur marié était accueilli par la famille de sa promise, donnait ses présents au père, ripaillait pendant plusieurs ours, jusqu'à trouver le moment propice pour “enlever” sa femme. Une fois l'enlèvement avéré, le couple est reconnu et peut revenir sans crainte dans la tribu.

A l’inverse, une jeune fille promise à un homme qu’elle ne désirait pas pouvait arranger son propre enlèvement par le véritable élu de son cœur. Dans ce cas également, une fois l'enlèvement avéré, le s parents de la jeune fille ne pouvait que reconnaître le nouveau couple


Nous pouvons remarquer que la survivance de cette “coutume” de ‘Mariage par enlèvement se retrouve sur tous les continents, d’Afrique en Asie en passant par l'Océanie et même en l’Europe. Parfois même jusqu’à une époque très récente.

Au Haut Moyen Age, en Occident, le rapt de femme à but matrimonial apparaît comme un crime distinct du viol. On considérait comme rapt tout mariage conclu à la suite d’un enlèvement, réel ou feint de la mariée et sans l’accord ou contre la volonté de ses parents.

C’est à partir du milieu du IXème siècle que l’église chrétienne va lutter contre cette pratique la considérant comme un crime mettant en cause l’équilibre de la société.


Le mariage par enlèvement chez les “Peuples Cavaliers”.

Dans ces sociétés guerrières et nomades, il n’est pas étonnant de retrouver la pratique du ‘Mariage par enlèvement’.

Lors des nombreuses razzias ou de guerres, les vainqueurs emmenaient femmes et troupeaux.
Il arrivait fréquemment que des mariages résultaient de l’union d’un guerrier avec une épouse enlevée à une autre tribu.

Ici aussi, le rapt servait à trouver une femme en dehors du clan et avait valeur de prouesse guerrière.

On observe bien l'existence de cette pratique dans les récits mongols.

Yesügeï (le père de Gengis Khan) enlève son épouse , Hö'elün, à un guerrier Merkit. Gengis Khan, lui-même, se fait enlever son épouse, Börte par d’autres Merkits (peut être par représailles) et doit guerroyer contre eux pour la récupérer.


Chez les Kirghizes, le mariage par enlèvement se passaient dans la tradition dite du "Ala Kachuu" ("prendre et s'enfuir").

L'expression "Kyz ala kachuu" signifie "enlever une jeune femme et s'enfuir". Dans les faits, cela se traduisait par de jeunes hommes qui capturaient une femme soit par la force, soit par la ruse, généralement épaulés dans cette tâche par des amis ou des parents. Ils amèneraient, de force, la jeune femme dans la future belle-famille. Là, elle était gardée en captivité jusqu'à ce que les parents de son potentiel mari parviennent à la convaincre de se marier avec lui. Parfois, alors que la jeune femme était parvenue à résister et a retrouver le chemin de sa famille, sa propre famille tentait de la persuader d'accepter le mariage.

Toutefois l'expression peut signifier également des modes moins radicaux d'union, allant de l'enlèvement symbolique, où les deux familles ainsi que les futurs conjoints sont complices (ici, le Ala Kachuu n'est plus qu'une coutume) à un moyen de se soustraire à sa famille pour la jeune femme, ou encore un moyen pour l'homme d'éviter de payer la dote, lorsqu'il est désargenté.



Même dans les unions mutuellement consenties, "Ala Kachuu" est toujours une coutume qui entre dans les festivités de mariage chez les familles rurales kirghizes.

Cette pratique fut abolie durant l'ère soviétique. Avec la fin de celle-ci, on assiste, malheureusement, à son retour en force (je dis malheureusement car il s'agit ici de vrai enlèvement et non d’enlèvement symbolique).

Si son ampleur réelle reste sujette à controverse, entre 35% et 45% des femmes kirghizes actuelles épousent un homme contre leur volonté.
Che Khan, votre humble serviteur
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