Message 02 Nov 2015, 19:39

Chronologie des raids magyars en Occident.

Chronologie des raids magyars en Occident

A partir de 900 ap J-C, l’histoire des Magyars prend un nouveau tournant .

On ne peut plus dire d’eux qu’ils sont encore exclusivement nomades. En effet, ils commencent à faire des plaines qu'ils occupent un établissement fixe et se sédentarisent petit à petit.

Par contre, ils continuent, depuis leurs bases, à se lancer, par bandes, sur les pays environnants.

Leur but est le pillage et ils reviennent, chargés de butin, vers leur site permanent. La décadence de l’empire bulgare, après la mort du tsar Siméon (927), leur ouvrit le chemin de la Thrace byzantine. Ils la saccagent, à plusieurs reprises.

Et puis, il y a l’Occident, mal défendu et terriblement attirant.

Entre 896 et 899 , c'est Arnulf de Carinthie, un carolingien, qui règne comme empereur d'Occident.

Descendant de Charlemagne et petit-fils de Louis le Germanique, il est fils de Carloman, roi de Bavière et de Liutswinde sa 'Friedelfrau' (épouse de jeunesse ou concubine).
En 876 , Arnulf de Carinthie est investi de la marche de Pannonie et du duché de Carinthie.

En 887, c'est le duché de Bavière qui tombe sous son autorité, la même année il est élu roi de Germanie à la diète de Tribur après la déposition de Charles le Gros. Il combat victorieusement les Normands et bat les Vikings sur la Dyle dans la région de Louvain en octobre 891.

En juillet 892 à la tête d'une grande armée composée de Francs d'Alamans et de Bavarois, il mène une expédition victorieuse en Moravie.
Arnulf de Carinthie fait ensuite appel aux Magyars pour envahir la Grande-Moravie qui disparaît dans les années qui suivent la mort de Svatopluk.

En 895 il investit du duché de Lotharingie.

Puis, il demande aux Magyars de conduire une campagne contre Bérenger I, roi de l'Italie avec lequel il est en conflit. Béranger Ier subira une cuisante défaite contre les Magyars à la Bataille de la Brenta, le 24 septembre 899.

A partir du 8 Décembre 899, date de la mort d'Arnulf de Carinthie, c'est son fils, Louis IV de Germanie, dit l'Enfant car il n'a que 6 ans, qui règne sur la "Francie orientale" (Germanie).
Du fait de son jeune âge, la régence de facto est assurée par trois ecclésiastiques; Hatton Ier, archevêque de Mayence et Adalbéron, évêque d'Augsbourg et Salomon évêque de Constance et abbé de Saint-Gall.

L'alliance entre Arnulf et les Magyars n'a pas été reconduite et ceux-ci n'ont de cesse d'attaquer le royaume de "Francie Orientale" et de se lancer dans des raids en Occident.

En 899, les Magyars s’abattent sur la plaine du Pô et l’année suivante, sur la Bavière.
Bientôt, il ne se passe guère d’année où, dans les monastères de l’Italie, de la Germanie, et ensuite de la Gaule, les annales ne parlent des “ravages des Magyars”.

L’Italie du nord, la Bavière et la Souabe vont beaucoup souffrir. En effet, tout le pays sur la rive droite de l’Enns, la où les Carolingiens avaient établi des commandements de frontières et distribué des terres à leurs abbayes, doit être abandonné.

Les raids s’étendent bien au-delà de ces confins. L’ampleur du rayon parcouru confondrait l’imagination. Mais pour les Magyars qui s’étaient autrefois adonnés sur d’immenses espaces aux déplacements nomades, le pratiquer maintenant dans un cercle plus restreint ne leur posent aucun problème.

Le nord-ouest, la Saxe, c’est-à-dire le vaste territoire qui s’étendait de l’Elbe au Rhin moyen, est atteinte dès 906 et, depuis lors, plusieurs fois mise à mal. Dans l’Italie, on les voit avancer jusqu’à Otrante.

En 907, le 4 juillet, à la Bataille de Pozsony , ils battent une armé germanique.

En 908, le 3 août, à la bataille d' Eisenach, ils battent à nouveau une armée germanique.

En 909, une petite armée magyare envahi la Bavière, mais est repoussée, près de Pöcking. Mais cette victoire n’arrête pas les attaques magyares.

Le 12 juin 910, à la Bataille d' Augsbourg, ils battent une troisième armée germanique envoyée contre eux.

Le 22 Juin 910, à la Bataille de Rednitz, ils battent une quatrième armée germanique.

Sous l'empereur Conrad Ier de Germanie, zoltan et ses troupes continuent à ravager la "Francie orientale" (Germanie). N''éprouvant aucun obstacle, les Magyars attaquent les environs de Brême et de Hambourg en 916. L'année suivante, ayant réduit en cendres la ville de Bâle, ils pillent l'Alsace et la Lorraine.

En 917, ils se faufilent, par la forêt vosgienne et le col de Saales, jusqu’aux riches abbayes qui se groupent autour de la Meurthe.

De là, ils se hasardent jusqu'en Bourgogne et au sud même de la Loire (en 911 attaque et pillage de la ville de Cluny).

Hommes des plaines, ils ne craignent pas de franchir au besoin les Alpes.

En 920, Zoltan envoie ses lieutenants, Bogat et Darsac, en Italie. Les Magyars s'avancent sur Aquilée, Vérone et Pavie. Bérenger Ier, duc de Lombardie, doit acheter la paix à des conditions honteuses.

En 921, une armée magyare entre en Italie du Nord et annihile les forces des partisans italiens de Rodolphe II de Bourgogne entre Brescia et Vérone tuant le palatin
Odelrik et prenant comme captif, le comte de Bergame.

Ils se dirigent vers le sud de l'Italie et hiverne en Janvier 922 en pillant les régions entre Rome et Naples.
En février 922, ils sont dans les Pouilles dans le sud de l'Italie où ils s'attaquent aux Byzantins.

cette même année 922, les Magyars font également la guerre à l'empereur Henri Ier de Germanie, qui est obligé de se réfugier dans un fort près de Wurzen en Saxe. Après avoir ravagé les provinces de Franconie et de Souabe puis les bords du lac de Constance, ils se jettent sur la Suisse, l'Alsace et la Lorraine.

De là ils reviennent sur la Thuringe et la Saxe. L'empereur Henri Ier s'enferme dans Werla. Dans une sortie, les 'germaniques' réussisent à capturer un des chefs magyar.
Ceux-ci offrent pour sa rançon une somme très considérable. L'empereur, au lieu d'argent, leur demande une trêve de neuf ans et le prisonnier est rendu à cette condition.

En 924, sur la demande de Bérenger Ier, les Magyars viennent mettre le siège devant Pavie. La ville est prise, réduite en cendres, et les habitants massacrés. Les évêques de Pavie et de Verceil restèrent parmi les morts. Pour revenir sur leur territoire, en 925, les Magyars se dirigent sur la Provence, et s'avancèrent jusqu'à Nîmes.


Zoltan donne alors à ses troupes quelques moments de repos. Il en profite pour distribuer dans les provinces de son empire les troupeaux d'esclaves que ses armées poussaient devant elles.

En 933, les Magyars viennent demander leur tribut au roi de la "Francie orientale". Mais Henri Ier refuse de payer et leur donne un chien galeux. C’était une punition que l'on réservait aux chevaliers allemands, quand ils avaient commis des crimes. Pour Zoltan, c'est une grave insulte. En représailles, ils pénètrent en Allemagne et ravagent la Thuringe. Henri Ier remporte une victoire sur les Magyars à la Bataille de Riade.

Malgré cette défaite importante, les raids continuent.

En 937, le 24 mars, ils atteignent la ville de Sens, où ils brûlent de l'Abbaye de Saint-Pierre.
À Orléans ils combattent l'armée française dirigée par le comte Ebbes de Déols, qui est blessé dans la bataille et meurt par la suite. Après cela, les Magyars, en suivant le cours de la Loire, traversent toute la France, jusqu'à l'océan Atlantique, puis retournent vers Sud-Est et pillent les environs de Bourges.


Désormais la Lorraine et la Gaule du nord devient un de leurs terrains ‘de jeu’ familiers (en 954 des moines de Gembloux en Belgique auraient été tués après pillage)

Partout dans les églises, on priera dans les supplications: 'A sagittis Hungarorum, libera nos Domine' ( Des flèches des Hongrois, délivrez-nous Seigneur).

En 942, une armée magyare entre l'Italie, où le roi Hugues, leur donne 10 boisseaux d'or et les persuade d'attaquer le califat de Cordoue. Au mois de Juin , Ils arrivent en Catalogne,
pillent la région, puis entrent dans les territoires du Nord du califat de Cordoue.

Le 23 juin 942, ils assiègent la ville de Lérida pendant 8 jours, puis attaquent Cerdagna et Huesca.


La rapidité de leur attaques est telle qu’il se pourrait qu’elles ont donné lieu, dans nos pays, à la légende de "l’Ogre" (monstre imaginaire que l'on suppose se nourrir de chair humaine) et des ses fameuses bottes de 7 lieux.

Leur tactique est la tactique classique des “Peuples Cavaliers”.

Ils se glissent rapidement à travers pays. Rusé et renseignés au besoin par des éclaireurs qu’ils envoyaient en avant, ils comprennent vite les finesses, assez lourdes, de la politique occidentale. Ils se tiennent au courant des interrègnes, particulièrement favorables à leurs incursions, et savent profiter des dissensions entre les princes chrétiens pour se mettre au service de l’un ou l’autre. Ils profitent de l’effet de surprise dans des attaques éclairs, là ou on ne les attends pas.

A l’arrêt, ils plantent leurs tentes ou bien ils se retranchent dans les bâtiments d’une abbaye désertée par les moines et de là ravagent les alentours.
Ils ne s’attaquent guère aux villes fortes (la seule cité importante qu’ils enlevèrent sera Pavie) et ils évitent les batailles rangées mais ils sont redoutables aux villages et aux monastères, fréquemment isolés dans les campagnes ou situés dans les faubourgs des villes, en dehors de l’enceinte.

Ils pillent mais ne tuent pas systématiquement.

En effet, ils rançonnent souvent et ils enlèvent aussi. Car il y a beaucoup d’intérêt à faire des captifs, choisissant avec soin les meilleurs (en général, les jeunes femmes et les tout jeunes garçons) .

Ces captifs serviront principalement pour la vente. Ils écouleront ce bétail humain sur les marchés mêmes de l’Occident, où les acheteurs n’étaient pas tous gens à y regarder de près. Ainsi, en 954, une fille noble, prise aux environs de Worms, fut mise en vente dans la ville. Mais plus souvent, ils emmenaient les malheureux dans les pays danubiens, pour les offrir à des trafiquants grecs.


Le 10 août 955 ap J-C, Otton Ier, le Grand, alerté par la nouvelle d’un nouveau raid sur l’Allemagne du sud, rencontre, au bord du Lech, une ‘bande’ magyare, qui rentre chez elle après son expédition et les bat à la Bataille du Lechfeld.

Après un sanglant combat, il est victorieux et sait exploiter sa victoire. L’expédition de pillage ainsi châtiée sera la dernière.

Tout se bornera désormais, sur les limites de la Bavière, à une guerre de “frontière”.

Bientôt, conformément à la tradition carolingienne, Otton réorganise les commandements de la frontière. Deux marches sont créées, l’une dans les Alpes, sur la Mur, l’autre, plus au nord.

Ces dispositions mettrons fin au raids des Magyars sur la France et l’Allemagne. Ceux-ci seront encore actif pendant quelques années contre les pays limitrophes au leur, puis, petit à petit, ils se sédentariseront.

L'avènement de la dynastie des Arpads et la christianisation des Magyars fixera définitivement ce peuple sur leur terres. La Hongrie va alors apparaître comme une puissance importante dans le monde médiéval de l’époque.
Che Khan, votre humble serviteur
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