Message 23 Oct 2014, 14:07

Le Dés à 7 Faces - Chapitre I : Une tribu en fuite

Le Dés à 7 Faces - Chapitre I : Une tribu en fuite


Las d’une nuit sans sommeil pour avoir protégé celui de ses compagnons, le guerrier tchompas espérait de l’aurore une délivrance sachant pertinemment bien que la journée qui viendrait ne lui permettrait pas encore de se reposer.
Il portait son regard au loin devinant l’arrivée du soleil qui lui apporterait chaleur et lumière.
A ce moment précis comme sortant du néant une créature innommable bondit sur sa proie. Par un réflexe Tchilbaïal, le guerrier, pointa sa lance et l’être vint s’embrocher sur son fer. Son hurlement de douleur réveilla en sursaut le reste de la troupe se trouvant à présent encerclé par l’ennemi.

Les guerriers tchompas firent face encouragé par les ordres de leur chef qui organisait la riposte. Accomplissant de leurs épées des moulinets sanglants, ils stoppèrent l’élan de leurs assaillants. Ceux-ci, surpris par cette résistance qu’ils n’avaient pas prévue, perdirent pieds et contre toute attente ce premier assaut fut repoussé. N’attendant pas que les créatures se ressaisissent et reviennent à l’attaque, les guerriers tchompas enfourchèrent leur monture restée à proximité et s'évanouirent dans la nature laissant derrière eux de longues traînées rouge dans les grandes herbes ainsi qu’un des leurs.
Après dix minutes environ d’une fuite salvatrice, Orpad rassembla son groupe et fit le bilan. Un homme porté manquant et deux autres blessés légèrement.

- On s’en est bien tiré dit-il en espérant encourager ses hommes. Ceux-ci ne lui répondirent pas mais gardèrent dans leur regard un sentiment mêlé de doute et de crainte.

Postés en flanc garde, côté gauche, depuis cinq jours, Orpad et ses cavaliers avait la mission de protéger la tribu en déplacement en signalant toute présence hostile. Ils avaient reçu la lourde tâche d’être affectés au deuxième cercle*.
Après avoir donné à boire à leurs petits chevaux et s’être donné un court instant de répit, ils s’assurèrent qu’ils n’avaient pas été suivi. En fait, les créatures qui les avaient attaqués se déplaçaient à pieds et avaient étés depuis longtemps distancées. Rassurés, ils pouvaient maintenant reprendre leur route. Trois quart d’heure s’étaient écoulés lorsqu’ils aperçurent au loin un groupe de soldats marchant sans crainte en tenant leurs chevaux par la bride.
Ils se réfugièrent dans un petit bosquet d’arbres afin de les identifier sans danger. Bien vite ils reconnurent l’allure de cavaliers amis et s’en approchèrent prudemment. Ils s’agissait d’une petite compagnie d’éclaireurs faisant partie du premier cercle. Ceux-ci n'avaient rien remarquer d’anormal et n’avaient observé aucun mouvement inquiétant. C’est pourquoi ils avançaient sereins. Après les avoir rejoins Orpad les informa de leur combat matinal afin de les alerter, puis il dirigea sa troupe vers le camp principal.

A leur arrivée, le campement était en pleine effervescence. D’autres groupes de pisteurs étaient revenu de patrouille et avaient rapporté des nouvelles qui ne présageaient rien de bon.
Les tentes étaient démontées et une multitude de mains les chargeait sur le dos de chameaux ou dans de grand
chariots à deux roues dans lesquels on mettait aussi tout le mobilier . Au centre se dressait encore l’auvent de commandement sous lequel conversaient de nombreux officiers visiblement énervés groupés autour de leur Khan. Orpad reconnu parmi eux son capitaine légèrement en retrait, qui écoutait sans rien dire. Il se dirigea immédiatement vers lui afin de lui faire son rapport.
Orpad était le chef de sa “dizaine”. Il n’était pas le plus fort mais ses hommes l’avait élu comme le veut la coutume car ils avaient confiance en lui. Orpad avait les qualités d’un meneur d’hommes, sévère et juste à la fois il pensait toujours à tout.



Dès que le Capitaine Tahar aperçu Orpad s’approchant de lui, il l’encouragea à le rejoindre au plus vite par un geste autoritaire de la main. Peu avant d’arriver à sa hauteur, Orpad descendit de cheval dont il confia la garde à un de ses hommes et s’adressa avec respect à son chef.
- Salut à toi Capitaine Tahar
- Sois le bienvenu Orpad le chanceux et dit moi tout, nous sommes impatient de connaître l’évolution des événements. vois comme le camp est en ébullition.
Sous l’auvent, les officiers supérieurs conversaient avec agitation.
- Nous avons été attaqué à l’aube de ce matin et c’est par chance que nous leur avons échappé afin de vous prévenir.
- Ton groupe n’a pourtant pas l’air d’avoir souffert ?
- Je n’ai perdu qu’un seul homme, Capitaine, et c’est toujours un de trop.
- Combien étaient-ils, peux-tu me le dire?
- Nombreux....., très nombreux, mais ce ne fut pas leur multitude qui nourri mes craintes
- Parle Orpad, je t’écoute
- C’est que ......
- Parle te dis-je, parle sans peur.
- Les êtres qui nous ont assaillis, Capitaine, n’étaient pas des humains, c’étaient des monstres, ......des monstres issus des enfers.
- Peux-tu les décrire Orpad, es-tu certain qu’il ne s’agissait pas tout simplement de sauvages bien déguisés.
- Il faisait sombre Capitaine, néanmoins j’ai pu discerner leur apparence. Pas trop grand, plus ou moins un mètre trente, La couleur de leur peau tirait sur le vert. Leur bras étaient long, terminés par de grandes mains au doigts crochus. Une tête énorme et disproportionnée, deux crocs leur sortait de la gueule. Ils étaient armé d’une sorte de coutelas dont ils se servaient d’une manière grossière et d’un petit bouclier rond. Ce fut la raison de leur échec, ils ne purent rivaliser avec nos longues épées. Seul leur nombre nous aurait submergé, nous avons décroché avant.

- Ce que tu me dis Orpad confirme d’autres sources, serais-tu prêt à venir témoigner devant le Khan.
- Si tu me l’ordonne Capitaine, Je m’exécuterai
- Parfais, attend moi ici , je te ferait signe le moment venu.
Tahar se faufila à travers le groupe des officiers réunis au conseil. Dès qu’il le pu il leva la main afin d’attirer l’attention et de prendre parole. Le Khan l'aperçu et lui signifia qu’il avait son autorisation.
Tahar s’avança légèrement et s’inclina respectueusement .
- Seigneur, une de mes patrouilles vient d’arriver, son chef a toute ma confiance, j’aimerais qu’il vienne témoigner devant vous car il nous apporte des informations qui ne peuvent être prisent à la légère.
- Soit Capitaine qu’il vienne, nous l’écouteront, mais fait vite le temps nous est compté.
Tahar se retourna vers Orpad et l'appela. Orpad s’avança à son tour et s’inclina lui aussi puis devant l’état major silencieux il fit le récit de sa matinée mouvementée. Celui-ci terminé, un murmure parcourra l’assemblée. Orpad ne pouvait dire si son histoire les avait rassurés ou au contraire, effrayés.
Tahar repris la parole.
- Seigneur, nous avons maintenant la certitude d’avoir été attaqué par des êtres sans doute forts étranges mais
surtout vulnérables. Orpad en est la preuve, ils sont mortels, fait de chair et de sang et nous pouvons les battre.
Seigneur si je peux me permettre, ne changeons rien dans nos plans et dirigeons nous comme prévu vers le sud.



Le Khan se trouvait face à un choix délicat. Il le savais bien, la grande majorité des Tchompas pensaient que l'on continuerais le voyage en s'enfonçant vers le Sud-Est afin de rejoindre les grandes plaines Kanglis.

Tche Khan, puisque c'était son nom, désirait secrètement passer sur la rive gauche du fleuve en traversant un gué et se diriger ensuite vers l'Ouest.

La première des solutions prenait en compte la pression ennemie qui c’était faite sentir depuis l'après- midi du jour précédant et avait pesé de tout son poids sur l' arrière et le flanc gauche. Toutes les patrouilles du second cercle avaient été décimées puis sans profiter de l’ouverture ainsi créée,l’ennemi était remonté le long de ce flanc gauche pour arriver à inquiéter l’avant.

Si l'ennemi avait voulu empêcher les Tchompas de se diriger vers le Sud-Est il n'aurait pas fait autrement

C’est lors de ce mouvement qu'Orpad fut surpris en réussissant néanmoins à s’échapper.

La moitié des officiers préconisaient d’infléchir la direction sur la droite, de longer le fleuve puis de bifurquer subitement vers la gauche afin de déboucher sur les grandes plaines.

cette solution nous laissaient sur la rive droite du grand fleuve et présentait le désavantage d'être la manœuvre que tous prévoyaient et certainement aussi, leur principal ennemi, Tumur Khan.

De plus, Tche Khan craignait que les troupes qui attaquaient le convois depuis quelques temps n'était que quelques troupes de harcèlement poussant les Tchompas dans un piège et qu'une armée plus importante les attendais quelque part


La seconde solution restait celle que le Khan avait choisie dès le début. Virer vers la gauche , se diriger vers le fleuve, trouver le gué, le traverser et seulement alors filer vers l’ouest en ayant mis la tribu en sécurité sur la rive gauche.

Cette voie restait inexplorée. Cette ignorance représentait tout le désavantage de cette deuxième solution. Les officiers étaient partagés. Le Khan savait qu’aucun d’eux ne prendrait la responsabilité d’une telle décision. Il ne pouvait compter que sur son propre jugement.
Perdu dans ses réflexions Tche Khan, car tel était son nom, ne pouvait oublier les raisons qui avaient entraîné son peuple sur les routes de l’exode, aussi loin qu’il poussait sa réflexion, se terminait toujours avec la même conclusion.

Tout avait commencé quatre mois plus tôt, par l’arrivée d’un homme chez les Garthas.

La tribu tchompas fait partie de la grande confédération du peuple Tcherkas. Cette confédération est composée de sept tribus (Tcherkas voulant dire “les Sept”). Ces tribus sont semi-nomade, tirant leurs principales richesses de leurs immenses troupeaux de chevaux.

Il vivent dans des villages fortifiés pendant l’hiver, à l’intérieur de longues maisons en pierre et en bois au toit de chaume. Pendant les mois plus doux, ils chevauchent en suivant un circuit semi-permanents correspondant aux pâturages de leurs troupeaux et logent sous la tente. Ces tentes, une fois pliées, sont emportées avec les autres bien domestiques sur des chameaux qui leurs sert d’animal de bât, ou, si le cavalier est riche, sur un chariot.

Ils possèdent également un cheptel de moutons et de chèvres principalement pour leur viande et leur lait. Leur pays se résume à une grande plaine de hautes herbes ou de prairies humides parsemées de petites colline légèrement boisées et de lacs alimentés par de nombreux cours d’eau limpides et peu profond. Certaines régions sont constituée de fondrières, source quasi éternelle de combustible.

Il est limité au nord par de grandes étendues glaciales et inhospitalières habitée par le petit peuple des Glouks et au sud par une imposante chaîne de montagnes aux sommets garnis de neige éternelle, les monts d’Argent.

A l’est se trouve les pays Cham et Tchong. Les Chams sont nombreux et industrieux. Les Tcherkas ont souvent été en conflit armé avec eux . Et même si maintenant il entretiennent des rapport commerciaux, une certaine méfiance instinctive est toujours de rigueur. Les Tchong sont de grands commerçants.

L’ouest est limité par quatre éléments naturels. Du sud au nord vient un grand fleuve se jetant dans une mer intérieur, la mer d’Azok, puis une foret épaisse et mystérieuse et enfin une chaîne de montagnes basses aux pics de glace infranchissables.

Des sept tribus, les Garthas viennent en premier. Elle représente à elle seule environ 40 mille âmes et qui vit au cœur du pays. A sa suite, arrivent les Kirghas avec 20 mille âmes vivant au Nord-ouest du territoire à la frontière avec la toundra boisée.

Après eux nous trouvons les tribus des Béoras et des Padaras comptant chacune 10 mille personnes et installés l’une près de l’autre au nord-est.

Les plus a l’Est sont les Eodaras avec 7 à 8 mille habitants et au sud-est vivent les gens de la tribu des Antaras avec 5 mille personnes, ce sont ceux qui commercent le plus avec le pays Tchong .

En dernier lieu viennent les Tchompas ,de loin la plus petite, avec 2 mille âmes, habitant au pied des Monts d’Argent.


Les Tcherkas avaient toujours été un peuple guerrier et les tribus avaient la mauvaise habitude d'entrer en conflit les unes avec les autres pour toutes sortes de raisons plus ou moins importantes.


Depuis une trentaines d’années, le peuple c'était malgré tout quelque peu assagit.



C’est l’ Arrière Grand Père maternel de Tche Khan, Baga Khara, qui avait déclenché ce changement. Il avait été, lui aussi, dans sa jeunesse un guerrier courageux et redouté. Puis avait compris qu’il était indispensable à son peuple de changer ses habitudes afin de gagner une stabilité politique et économique profitable. Il avait poussé les tribus à s’unir et à former un grand conseil, il avait encouragé et développé le commerce entre elles et surtout avec les Tchong. Un commerce qui allait améliorer leur condition de vie.

Cette petite révolution portait maintenant ses fruits et le peuple Tcherkas n’avait jamais été si riche et si heureux.

Une terrible épreuve allait venir secouer cet avenir prometteur et tout remettre en question.

Une épreuve que l’on devait à un homme étranger et étrange arrivé chez eux depuis quatre mois. Il était apparu presque par hasard !
Un matin, au grand conseil des tribus, Tumur Khan qui était le Khan des Garthas mais aussi le Maître du grand conseil et de cette façon le Khan de tous les Tcherkas l’avait présenté à l’assemblée. Il se nommait Pithéos et se
disait savant et médecin.

Tumur en avait fait son secrétaire et conseiller particulier. Personne n’avait trouvé à redire.
Avec le recul, Tche Khan c’était rendu compte des changements rapide dans la personnalité de Tumur que l’influence néfaste de cet homme avait du déclenché. De joyeux il devint taciturne, s’enfermant de plus en plus longtemps sous sa tente avec son conseiller, oubliant de participer à la vie sociale de la tribu. Son caractère s’assombrit de plus en plus, l’esprit tourmenté par des idées étranges, enfin il rêva de gloire éternelle.

La première mesure qui mécontenta les tribus fut sa décision d’uniformiser celle-ci en éliminant tout ce qui pouvait les différencier. Ensuite il décréta que,seul, le totem du loup représenterait le peuple Tcherkas et interdit l’emploi des autres emblèmes. Il ne reconnu plus l’autorité des autres Khans, ni celle du conseil encore moins les avis des anciens. S’entourant d’une garde de fanatique, il se nomma ‘Grand Khan’ des Tcherkas et pris ses décisions seul.

Il déclencha des hostilités avec les clans Kithae, sous de fallacieux prétextes concernant des limites de territoire mais également pour venger la mort d’Heuch Khan, khan des Tchompas, faisant remarquer à tous ceux qui voulait bien l’écouter que les Tchompas eux-même, sans doute trop lâche , n’avait pas juger le faire eux-mêmes.

Les Kithae, cavaliers nomades eux aussi, vivaient au nord du pays Cham. Peu nombreux ils n’avaient jamais vraiment inquiétés les Tcherkas mais ils avaient souvent servit les armées tchongs en tant que mercenaire.

Tumur réussit sans difficulté à entraîner les Eodaras dans l’aventure, leur promettant un butin mirifique. A la tête d’une troupe nombreuse et décidée il envahi le pays Kithae. Par une campagne éclair les deux tribus Tcherkas éliminèrent leur adversaire en quelques semaines.

Tous les Kithae furent éliminés ou emmenés en esclavage. La plupart des survivants furent donnés aux Eodaras en remerciement, mais Tumur poussa son zèle jusqu’à exiger que chaque tribu Tcherkas prennent en charge une partie des esclaves, les rendant par ce fait complice de ses actes. C’est ainsi que les Tchompas virent arriver une centaines d’entre eux, composés essentiellement de femmes et d’enfants affamés, peureux et misérables.

Tchilbaï Khan, le Khan des Tchompas pris sur lui-même et on leur fit le meilleur accueil possible en pareille circonstance.
Ils furent distribués aux familles qui en avaient les moyens avec l’obligation de les traiter correctement.

Enfin Tumur dénonça les habitudes de commerce avec les Tchongs et déclencha des incidents en faisant exécuter sans jugement deux de leur commerçants soupçonnés de meurtre. Les Chams exigèrent que l’officier responsable de l'exécution leur soit remis. Tumur considérant cette demande comme un affront non seulement refusa mais leur déclarèrent stupidement la guerre. Il décréta la mobilisation générale, obligeant les autres tribus à le soutenir.

Les Eodaras s'enflammèrent à nouveau jurant fidélité au ‘Grand Khan’ mais Les Béoras refusèrent officiellement. Vexé, Tumur les attaqua, les battit et les extermina. Le message était claire : la soumission ou la mort. Les autres tribus se rallièrent et s’armèrent à contre cœur contre les Chams.


Les Tchompas ne savaient quelle décision prendre.
Tchilbaï Khan décida de se rendre chez Tumur pour plaider la cause des siens.
Il fit le voyage avec ses deux fils et un petit groupe de ses hommes les plus fidèles.

Cette idée n'avait pas été plébiscitée par l'ensemble des Tchompas, mais Tchilbaï Khan qui était lié à la famille de Tumur en ayant comme épouse une sœur de son père avait confiance en lui.

Malheureusement, Tchilbaï Khan n'avait pas mesuré à quel point Tumur avait changé.

Sur les ordres de Pithéos, Tchilbaï Khan et sa suite furent tous arrêtés.
Tchilbaï Khan, son fils aîné et sa suite furent exécutés sous le fallacieux prétexte de trahison. Deux personnes furent épargnées, le jeune fils de Tchilbaï Khan, gardé en otage et un guerrier, renvoyé aux Tchompas, afin qu'il apporte les nouveaus ordres de Tumur.

Tahar, le guerrier thompas n'avait été renvoyé seul vers sa tribu. Trois « gardes du corps » garthas l'avaient accompagné devant s'assurer qu'il accomplisse sa mission.

Rusé, Tahar avait réussi à les semer. C'est donc seul qu'il arriva au campement tchompas avec ses sombres nouvelles.


Tumur avait montré son vrai visage et les Tchompas savaient maintenant à quoi s'en tenir.

Mais, même près de longues discussion au conseil de la tribu, ils n'arrivaient pas à s'entendre sur une décision commune. Tous savaient que ce qu'il manquait aux Tchompas, en ses heures difficiles, c'était un chef qui trancherait.

Le chaman, qui n'était pas encore intervenu, pris la parole et proposa que Tche khan soit élu comme Khan des Tchompas car en définitive, Tche Khan était le « petit fils » d'Heuch Khan et le neveu de Tchilbaï Khan.

La proposition plu et Tché Khan accepta à deux conditions.

La première fut que sa charge serait en quelque sorte intérim en attendant le sort du jeune fils de Tchilbaï khan

la deuxième serait l’acceptation totale des ordres donnés par lui pendant son intérim.

Il fut élu dans un tonnerre d'acclamation.

Tché khan avait déjà choisi sa solution : la fuite.

L’exil préféré à l’esclavage. Mais la route que Tche khan avait décidé d'emprunter était loin d're banale. Il filerait plein sud en traversant les montagnes.

Les Tchompas connaissaient bien leur montagne, contrairement au Garthas. Le choix de cette route dangereuse et incertaine présentait l’avantage de surprendre tous le monde,de plus Tche Khan y était poussé par des raisons particulières.

Le temps que Tumur comprenne, les Tchompas seraient de l’autre côté du col.
Tche Khan savait pertinemment bien que Tumur hésiterait à le suivre par cette voie et qu’il déciderait de contourner la longue chaîne de montagne par l’Est, un détour qui lui ferait perdre plusieurs semaines et que l’on mettrait à profit pour le distancer.


De l’autre côté coulait un grand fleuve, celui là même qui se jette dans la mer au nord du pays Tcherkas .

Les anciens parlait de l’existence d’un gué et le Grand Père de Tche Khan l'avait emprunté quelque années auparavant.

Tche Khan Khan désirait le trouver et le traverser mais pour l'instant il garderait cette partie du plan pour lui, ne parlant que du passage du col.

Malgré les nombreuses difficultés, la fuite par les montagnes fut acceptée à l’unanimité et le petit peuple des ‘corbeaux’ se lança sur les routes enneigées de leur exode.
Le passage du col fut un calvaire. Le froid, le vent, la neige décimèrent les troupeaux. De nombreuses bêtes furent perdues en chutant le long d’un sentier parfois si étroit que l’on fut obligé pour passer de démonter les chariots et de tout transporter à dos d’homme. Les chevaux si résistant d’ordinaire payèrent également un lourd tribut à la montagne. Le peuple lui-même ne fut pas épargné. Puis vint la longue descente vers la vallée, une région méconnue, un paysage fort vallonné parsemé de bosquets d’arbres et de taillis.

La descente enfin terminée, le grand convoi avait avancé pendant trois jours en passant par une trouée se situant entre la rive droite du fleuve et une épaisse forêt.

Malgré l'aspect inquiétant de cette forêt inconnue, les Tchompas ne subirent aucune attaque.

Bientôt, à la gauche , la forêt disparu laissant la place à une plaine herbeuse et vallonnée. Les Tchompas retrouvaient enfin un environnement qui leur convenaient mieux.

Mais, malheureusement, c'était aussi depuis qu'ils avaient débouché dans cette plaines, que l'ennemi s'était découvert, en premier lieu sur les arrières du convoi puis sur le flan gauche.








Sortant enfin de ses pensées, Tche Khan leva la main, l’un après l’autre ses officiers se turent. Alors seulement il prit la parole.

- Mes amis l’hésitation n’est pas de mise et notre survie dépend de l'audace de notre décision.

Certes, si notre ennemi ne pensait pas que nous allions fuir par les montagnes il pense maintenant avec certitude que notre direction est le « Pays kanglis ».

Je pense qu'il va nous tendre un piège.

Encore une fois, je propose de le surprendre.

Nous n'irons pas vers le Sud-Est mais nous allons nous diriger vers la droite, c'est à dire vers le fleuve, trouver un gué que je sais existant, puis, nous traverserons ce fleuve et nous dirigerons plein Ouest.

C'est une manœuvre inattendue et je demande, à nouveau, votre assentiment.

Interloqué, chacun regarda son voisin pour chercher une réponse puis un à un, les officiers présents à la réunion acceptèrent le plan proposé par Tche Khan

Toutes les dispositions furent prisent en ce sens et le grand campement se remit en marche.


Chevauchant en avant, Tche Khan était entouré d’une vingtaines de gardes et de ses commandants. Son peuple le suivait confiant et attentif.

Sur les 900 guerriers que les Tchompas pouvaient réunirent il n’en restait plus que 400 qui possédaient encore des montures. Les autres guerriers suivaient à pieds et avaient été affecté à la protection rapprochée des femmes et des enfants.

Il fallait ajouter un Djagun de lanciers Béoras. Ces cavaliers formaient une unité qui avait pu échapper au massacre des leurs. Ils avaient erré plusieurs jours à travers la steppe avant de rencontrer un ‘parti’* de ‘Corbeaux’ qui rentrait de mission. Ceux-ci les avaient convié à les suivre et Tche Khan leur avait offert hospitalité et réconfort.
Ils étaient commandés par un capitaine nommé Tzagan Dour.

Une cinquantaine de famille Antaras s’était aussi réfugiée chez les Tchompas et alignait une trentaine de guerriers. A leur tête se trouvait le noble Barouk.

Pour finir on avait le plaisir de compter parmi les exilés un prince padaras du nom de Dori Bukha et son escorte comprenant 4 guerriers . Sa présence incongrue se justifiait par le fait qu’il était venu chercher son épouse, une jolie fille appartenant à une noble famille Tchompas.

A tous, Tche Khan avait laissé le choix et chacun avait accepter de lié son destin au ‘Corbeaux’.

Tche Khan n’avait pas oublié les familles Kithae que Tumur lui avait imposée. Brisant leur chaînes, il leur avait rendu leurs biens et leur liberté. Elles aussi avait choisi de le suivre. Alors prouvant sa confiance il offrit des armes aux jeunes hommes, une vingtaine de garçon âgés de 16 à 20 ans, et les chargea de veiller à la sécurité de leur peuple. Ceux-ci se choisirent un chef qui reçu de Tche Khan l’autorisation d’assister aux réunions de son état major en tant que représentant militaire du peuple Kithae en exil. Cet homme se nommait Toumuk.
Parmi les kithae il y avait , également, une jeune guerrière du nom de Khoridaï.

Avançant prudemment, kilomètres après kilomètres, on était arrivé en début d’après midi. Aucun mouvement suspect n’avait affecté la marche. En cette saison on pouvait encore compter sur 4 à 5 heures de clarté.

Personne n'avait l’intention de risquer une traversée de nuit, de plus la distance à parcourir était inconnue et le resterait tant que les éclaireurs ne seraient pas revenu de leur exploration. La tribu éprouvée était au bord de l’épuisement. Tche Khan décida d’interrompre la marche vers 5 heures au delà du zénith.

On monta le campement en “guerre” ce qui signifiait que toute la tribu s’installerait à l’intérieur d’un grand cercle formé par ce qui restait des chariots et par tout ce qui pouvait servir de rempart à un assaillant probable. Les chevaux, le cheptel passeraient aussi leur nuit à l’abri. Tche Khan n’eus pas le cœur d’imposer un couvre feu total, il exigea cependant que les foyers qui serviraient pour la cuisson reste le plus discrets possible. Bientôt, une bonne odeur de cuisine emplit l’air d’un parfum coutumier. Il restait encore suffisamment de réserve alimentaire pour nourrir la tribu de façon satisfaisante et il n’avait pas été nécessaire de recourir à la chasse pour subsister. Malgré cela, ceux et celles qui avaient réussi à glaner par-ci par-là des baies sauvages ou des œufs ne s’en étaient pas privé. Quelques lapins et poules de prairie furent également transformés en d'excellents ragoût. Pendant ce temps, les lieutenants se préoccupaient de distribuerais tours de garde qui assureraient la sécurité du campement durant la halte. Ainsi chacun s’installa du mieux qu’il pu afin de prendre son repas et de passer sa nuit. Par rapport à l’éprouvant passage des cols, la crainte des dangers de cette terre inconnue paraissait plus supportable. Autour des feux la joie réapparu enfin sur les visages. Après s’être assurer que le dispositif de sécurité avait été mis en place, Tche Khan c’était accordé quelques instants pour souffler et pour se restaurer. Ensuite il avait convoqué sous sa tente son état major afin d’établir les grandes lignes des mouvements du lendemains

Alors que la discussion menait bon train, des clameurs venant de l’extérieur interrompirent les orateurs. A brides abattues, deux cavaliers s’approchaient du camp. En soit, rien d’inquiétant car malgré la distance on reconnaissait parfaitement les silhouettes de guerriers tchompas. Mais leur allure donnait l’impression qu’ils étaient poursuivi par le ‘Groum Groum”*.

A l’intérieur, il se dirigèrent immédiatement vers la tente du Khan. Tche Khan les invita à entrer.



Il savait qui étaient ces deux guerriers, deux éclaireurs, parmi les meilleurs que Tche khan avait envoyé en mission.

En observant les traits de leur visage, il compris que la peur avait creusé son chemin dans leur cœur.


Tche Khan préféra prendre connaissance confidentiellement de leur investigations.

Ainsi, à leur grand étonnement, il fit sortir tous les officiers. Une fois seul, il s'adressa à eux.

- Avez-vous trouvé l'objet de votre mission, qu’avez-vous et quelle est la raison de votre attitude.
- Seigneur, nous avons deux nouvelles à t’annoncer, la première est que nous avons trouvé le gué. Il se situe à 5 ou 6 heures de marche, derrière les hautes collines que nous apercevons d’ici.
Après un court silence le deuxième cavalier prit la parole.
- La seconde, seigneur, est que le gué est gardé. Une armée entière campe à son endroit,.....une armée de monstres
- Qu’entends-tu par une armée de monstres.
- Des êtres,seigneur, des êtres inhumains, inconnus, innommables, par centaines de centaines et qui ..
- Suffit !
Tche Khan resta immobile quelques secondes puis repris la parole.

- Je vais faire rentrer mes officiers, vous leur répéterez ce que vous venez de me dire sauf en ce qui concerne la nature exacte de ces êtres, de plus, vous minimiserez leur nombre. Demain, vous m’accompagnerez sur les lieux, car je veux voir de mes yeux ces fameuses créatures et agir en conséquence. Vous justifierez votre galop par le plaisir d’avoir été les premiers à m’annoncer la découverte du passage du fleuve. Je ne veux, en aucun cas, qu’une peur panique s’installe dans ce campement, est-ce bien compris, il y va de votre vie.

- Nous sommes à tes ordres Grand Khan. répondirent ensemble les deux guerriers.
- C’est parfait.
Les officiers rejoignirent le Khan qui s’adressa à eux.
- Mes amis, j’avais craint le pire mais à tort. Ces deux hommes ont de bonnes nouvelles et vont vous en faire part.
Le récit terminé les deux éclaireurs quittèrent la réunion. Tche Khan et ses officiers parlèrent encore un long moment.

Il leur avoua son désir d’accomplir le lendemain une reconnaissance et désigna ceux qui l’accompagnerait. Tahar serait de la partie ainsi que Tzagan Dour pour les Béoras, Barouk pour les Antaras, Dori Bukha pour les Padaras et Toumouk pour les Kithae. Tche Khan considérait toujours ces 4 derniers comme des généraux alliés et ne manquait jamais de les mettre au courant de toutes les décisions importantes. Ceux-ci étaient également conviés à toutes les réunions de l’état major.



Avant de les congédier définitivement, Tche Khan insista sur les mesures supplémentaires à prendre pendant la nuit afin d’assurer un maximum de sécurité. Il ne fallait pas oublier que la tribu se trouvait en territoire hostile et qu’un manque de prudence pouvait être fatal. Tche Khan passa une nuit agitée et fut soulagé de voir arriver l’aube d’une nouvelle journée. D’une façon immuable, ce qui fut monté la veille, fut démonté le matin et le peuple Tchompas repris la route. Tche Khan entouré des hommes choisi la nuit précédente remonta la longue file des chariots puis s’éloigna guidé par les deux éclaireurs qui avaient du mal à cacher leur malaise. Après une heure et demi d’une chevauchée sans histoire, les deux éclaireurs firent stopper net le petit groupe. Ils s’approchèrent de Tche Khan et pointant du doigt une large colline qui coupait l’horizon , s’adressèrent à lui.

- Seigneur, le gué se trouve de l’autre côté mais prend garde, arrivé au sommet nous seront visible d’en bas.

Tche Khan fit signe de le suivre, arrivée au pieds du monticule, il descendit de sa monture et tous l’imitèrent. Restant vigilant, ils gravirent sans bruit la déclivité, puis laissant sous bonne garde leur chevaux ils parcoururent les derniers mètres en rampant afin d’observer sans être vus. Le spectacle qui s’offrit à leurs yeux les laissa sans voix.

Le gué était la et bien la mais de part et d’autres de celui-ci, sur une distance de plusieurs kilomètres s’étendait le long du fleuve un campement immense qui leur barrait la route. Il était occupé par une masse grouillante de 5 à 6 mille créatures qui n’avaient rien d’humain. installées dans un désordre indescriptible. Chacune d’entre elles vaquait à des occupation personnelle. On pouvait voir de nombreux groupes de 5 à 6 individus jouant aux dés ou pariant sur des combats de lutte qu’ils disputaient entre eux. D’autres se querellaient autour d’une carcasse de viande qu’ils dévoraient crue à même le sol. Visiblement aucune mesure de protection n’avait été mise en place et le campement n’était pas en état d’alerte.

Ces créatures semblaient camper en toute quiétude. Cela expliquait la relative facilité avec laquelle on avait put les approcher.

Après de longues minutes, rompant un silence angoissant, Tche Khan ordonna au groupe de faire demi tour et de rejoindre les chevaux. Sur le chemin du retour, personne n'eus le courage d’engager la conversation. Les cœurs étaient lourds et plein de doutes.

Tche Khan ne pouvait plus sous estimer ce qu’il avait vu et qui confirmait les craintes qui le travaillaient depuis le rapport du guerrier de Tahar.

De vieux souvenirs de son enfance lui remontaient en mémoire, des souvenirs de soirée passée autour du feu à écouter les histoires des temps anciens que son grand-père maternel aimait à lui raconter. Des histoires qui parlaient toutes de royaumes oubliés, de chevaliers sans peur, d’êtres fabuleux, de chevauchées fantastique. Mais aussi de monstres et de créatures contrôlées par les forces des ténèbres et qu’il fallait sans cesse combattre afin de sauver le monde du chaos.

Tche Khan se rappelait parfaitement leur étrange description. Il y avait ceux que l’on appelait les Orcs, mesurant entre un mètre vingt et un mètre cinquante, ils étaient robustes et massifs. Divisés en de nombreuses tribus c’étaient des pillards féroces et impitoyables. Ils se souvenait aussi de ceux que l’on nommait les Uruks, identiques aux précédant mais plus grand pouvant aller jusqu’à un mètre quatre vingt.

Il ne fallait pas oublier les Gobelins, certes plus petits, mais nettement plus malins. Ceux-ci préféraient éviter les batailles rangées à moins d’être beaucoup plus nombreux que l’adversaire, que celui-ci soit en mauvais état ou pris par surprise (et de préférence, les trois).Toutes ces créatures possédaient un trait commun, une peau rugueuse, de couleur verte plus ou moins foncée selon les races.

décrivait aussi des géants, des trolls ou des ogres, immenses, redoutables, pratiquement invincibles au corps à corps.
Ces êtres animées par les forces du mal et évoluant dans les contes et les vieilles histoires du peuple Tcherkas, Tche Khan venait de les rencontrer bien vivantes avec la certitude qu’il aurait bientôt à les combattre.


Le grand-père maternel de Tche Khan se nommait Heuch Khan. C'était le fils de Erke Khara et le frère aîné de Tchilbaï Khan




Heuch Khan était le type du chasseur solitaire. Il pouvait partir des semaines entières accompagné uniquement de ses chiens. Toujours à la recherche de nouveaux gibiers, il n’hésitait pas à s’aventurer hors des sentiers battus, parcourant des dizaines de kilomètres à la découverte de régions inconnues. Jeune homme, Tche Khan se souvenait de l’avoir quelques fois suivit dans les terre du sud que l’on accédait en passant par de haut cols enneigés.
De tous les terrains de chasse qu’Heuch Khan avait traversé, cette région était celle qu’il préférait. Il semblait que cette terre était vierge de toute présence humaine. Seul, y courraient des centaines d’antilopes vivant en d'immenses troupeaux, des cerfs et leur harde, des sangliers, des bœufs et des ânes sauvages, des loups, des ours et une multitudes d’autres encore. Pour un chasseur comme Heuch Khan c’était le paradis.

C’est là qu’il était retourner poussant ses voyages de plus en plus loin, ses absences de plus en plus longue. A chaque retour, il aimait raconter à son petit-fils ses nouvelles découvertes. Heuch Khan ne parla jamais d’avoir eu à faire face à de mauvaises rencontres. Il ne cita jamais la présence de créatures bizarres et si cela avait été le cas, ce pisteur émérite n’aurait pu résister à leur faire la chasse, trop fier qu’il aurait été de présenter une tête d’orc ou de gobelin comme trophée.

Tche Khan n’avait pas agi inconsidérément en entraînant son peuple dans cette direction. Il s’était basé sur les récits de son père et était persuadé que cette route ne présentait pas de dangers particuliers.

Malheureusement, il était trop tard pour s’en assurer. Son Grand Père était mort. La dernière fois que Tche Khan lui parla, celui-ci lui avoua en secret son désir d’accomplir un grand projet. Mais avant tout Heuch Khan devait réussir une épreuve qui manquais à son palmarès. Il lui faudrait affronter seul un ours du nord, un grand ours blanc vivant au confins du pays tcherkas, à la frontière des pays glouk et kithae. Après l’avoir tué, il fabriquerait avec ses griffes un puissant talisman qui selon les chamans lui serait indispensable pour la suite de sa quête.

C'est en partant pour cette expéition qu'Heuch Khan désigna son frère comme khan intérim pendant son absence.

C’est aussi pendant cette chasse qu’Heuch Khan fut tué, mais pas par un ours. On le retrouva gisant dans la steppe face contre terre, trois flèches figées dans le dos. C’est un ‘parti’ garthas qui le découvrit, les Kithae furent accusés du meurtre car les funestes flèches leur appartenaient. Malgré cela,Tchilbaï Khan refusa d’organiser des représailles, argumentant que les vendettas appartenaient au passé et que fondre au hasard sur un village kithae et en massacrer les habitants ne changerait rien à la mort de son frère et ne punirait pas les vrais coupables.

En fait, Heuch Khan avait été tué deux semaines avant l’arrivée de Pithéos mais Tche Khan n’avait pas imaginé que ces deux événements pouvaient avoir un rapport.





A mi-chemin du retour, Tche Khan décida qu’il était temps de faire une halte. Il fallait qu’il s’adresse aux hommes de son état major et qu’il restaure leur confiance. Cherchant un endroit tranquille et discret, il dirigea sa monture vers un bosquet d’arbres. Les autres cavaliers le suivirent. Pénétrant dans le sous bois, ils y trouvèrent une clairière propice à la réunion. Sans descendre de son cheval, Tche Khan les invita par geste à former un cercle autour de lui.
Alors seulement il pris la parole.

- Mes amis, j’ai lu sur vos visages la crainte et le doute. La découverte que nous nous avons faites vous a laissé plein de perplexité et c’est un faible mot pour exprimer vos sentiments. Pourtant, je dois, encore une fois, vous demander de me faire confiance. J’ai des raisons personnelles qui me pousse à agir de la sorte, qui me font choisir cette voie plutôt qu’une autre. Ces raisons je ne peux vous les expliquer à cette heure mais elles se confirment de jour en jour et ce depuis notre départ . Croyez-moi, ce passage est notre seul salut. Si il est bloqué, ce n'est pas un hasard. 'On' ne veut pas que l'on prenne cette route. Nous ne rentrerons pas dans leur jeu, nous allons le forcer.
Nos armes ne nous trahiront pas, c’est notre courage et notre volonté qu’il faut aiguiser.

Tche Khan laissa un blanc et Tahar en profita.

- Seigneur Tche Khan ma confiance en toi est intacte, que m’importe ces êtres, ils sont de chairs et de sang et ne sont pas invulnérables. Je te suivrais au combat et tu nous mèneras à la victoire.
Puis, dégainant son sabre et le brandissant devant lui, il s'exclama
- Mon épée se languit et sa lame rouille, elle a soif du sang de nos ennemis, j’ai hâte de couper des têtes.

Imitant son geste tous les cavaliers poussèrent alors à l’unisson le cri de guerre des “corbeaux” :

OKA, OKA, OKA

Tche Khan était satisfait, il savait maintenant que ses hommes lui resteraient fidèles. Il pouvait maintenant leur
présenter le plan qu’il avait imaginer pour mener son attaque.
Avant de dissoudre la réunion, Tche Khan donna encore à chacun les directives nécessaires à la suite des opérations.
Ces officiers aurait la charge de communiquer les décisions à leur troupe respective, depuis le lieutenant jusqu’au simple soldat.
Le petit groupe se disloqua et Tche Khan entraîna les cavaliers sur le chemin du retour. Bientôt les sentinelles annoncèrent leur arrivée. L’absence n’avait pas été longue mais elle n’était pas non plus passée inaperçue et leur retour avait été attendu avec anxiété. Il fut fêté par de grande acclamation de joie. Sans perdre de temps, les tâches à
effectuer furent menée à bien et en moins d’une heure toute l’armée était brifftée et prête pour l’offensive.

Tche Khan passa ses troupes en revue. Le travail accompli par les officiers avait porté ses fruits. A en juger par le regard de tous ses guerriers le moral était excellent. Alors, devant son armée réunie, Tche Khan prit la parole.

- Mes amis, nos épreuves touchent à leur fin; La porte de secours est à notre portée. Seul, un petit bouchon nous empêche d’en profiter pleinement. Allons-nous le laisser nous barrer notre route.

- NON s’écria le peuple tout entier.

- He bien alors, allons le faire sauter.

- OKA OKA OKA s’écrièrent les guerriers Tchompas.

Et la longue colonne se remit en marche.



Des disposition strictes furent imposées afin d’éviter un maximum de bruit. Le sol herbeux facilitait la manœuvre et surtout évitait la formation d’un nuage de poussières qui aurait trahi la tribu en marche à des kilomètres de distance.

Il était impératif de s’approcher au plus près du camp ennemi et de lancer la première charge en profitant pleinement de l’effet de surprise. La négligence des créatures et les grosses lacunes de leurs défenses laissait

espérer la réussite du plan d’attaque mis au point quelques heures plutôt. Vers 3 heures passées au zénith le gué était en vue des guerriers de l’avant garde. Les hésitations n’étaient plus de mise, il fallait frapper fort et rapidement.

300 cavaliers Tchompas et 50 lanciers Béoras formeraient la première charge. Camouflés par la dernière colline, ils s’étaient rassemblé prêt à fondre sur leur proie. D’un geste de la main, Tche Khan lança la tourmente. Alors les petits chevaux montèrent les derniers mètres en silence puis dévalèrent la pente dans un tonnerre de sabots.


En contre bas les créatures sursautèrent . N’évaluant pas le nombre de soldats qui les attaquait ils furent pris de panique et s'égayèrent dans tous les sens. En quelques minutes les cavaliers entrèrent au contact.

Les orcs n’offraient aucune résistance et les guerriers pénétraient dans leurs rangs comme un couteau chauffé au rouge dans une motte de beurre. Les lanciers faisaient un affreux massacre en hurlant leur joie d’être enfin au combat.

De nombreuses créatures avaient déjà été passées par le fil de l’épée mais plus les cavaliers s'avançaient vers le centre du campement, plus leur nombre augmentait. Cette multitude représentait à elle seul un obstacle infranchissable. Bientôt les créatures reprirent leur esprit et comprirent qu’ils étaient attaqué par un nombre ridicule de cavaliers. De petits petits groupes à droite et à gauche s’organisèrent bien décider à repousser ces assaillants qui avaient oser attaquer une armée entière avec si peu de moyen. Chez les Tchompas les premières victimes tombèrent.

Quittant la trajectoire qui les menaient au gué et pivotant brutalement sur leur droite les cavaliers amorcèrent un replis. Ils longeaient à présent le cours du fleuve éloigné d’eux d’une centaine de mètres. Ivres de rage et de fureur, les orcs se précipitèrent derrière eux, craignant de perdre une proie qu’ils considéraient maintenant comme acquise.
Les cavaliers atteignirent l’extrémité du campement poursuivi par une meute immense noir de colère.

La ruse était grossière mais avait fonctionné parfaitement. hormis une trentaine de géants restés à la garde du passage, le campement à hauteur du gué était totalement vidé de ses défenseurs. C’est à ce moment que Tche Khan donna le signal du départ. Le peuple resté en arrière s’élança vers le salut. 500 mètres les en séparait . Cent cavaliers armés principalement d’arcs et 50 lanciers Béoras formeraient une cavalerie de réserve. Sa tache serait d’anéantir les orcs qui auraient fait demi tour. Les autres guerriers tous à pieds serviraient à la protection des non combattants.

Le peuple avait déjà atteint les abords du campement. Il lui restait 200 mètres à parcourir lorsque un fort parti de gobelin déboulèrent par surprise. Ils furent vite repoussé par la garde à pieds. Puis comme prévu, un bon milliers d’orcs distancés lors de la poursuite du premier groupe et qui avait rebroussé chemin découvrirent la deuxième vague investissant le camp. Ils s’élancèrent immédiatement contre elle toujours furieux de leur échec précédent. Ils avaient à leur tête un régiment d’Uruk particulièrement redoutable armé de haches à deux mains et d’énormes masse d’armes. Partant des cavaliers tchompas, une nuée de flèches stoppèrent leur élan pour un bref instant. Un petit groupe d’orcs dangereusement avancé fut anéanti par une charge des lanciers Béoras. Des combats au corps à corps s’engageaient un peu partout sur le flan droit de la colonne, les garde à pieds éliminant sans pitié tous ce qui leur passait à portée.

Dans le tumulte de la bataille, Tche Khan remarqua, parmi les défenseurs qui entouraient les femmes et les enfants, un jeune guerrier particulièrement adroit à la fois avec son arc et son sabre, alternant les tirs et les coups d 'épée .

S'adressant à l'un de ses officiers, il lui demanda si celui-ci connaissait l'homme qui se débrouillait aussi bien dans la mêlée.

L'officier ne le connaissait pas mais Toumuk, le chef Kithae répondit à sa place en indiquant fièrement que le jeune guerrier était en faite une guerrière de sa tribu et qu'elle se nommait Khoridaï.


Les orcs hésitèrent et cette hésitation permis au civil d’atteindre le gué. Arrivé là une difficulté imprévue grippa la manœuvre. Gardé par trente géants d’une force incroyable le gué restait infranchissable. Le temps pressait car le groupe qui avait simulé une fuite et avait entraîné l’armée des orcs finissait maintenant son mouvement tournant et revenait vers le campement ennemi. De plus le régiment Uruk avait organisé la contre attaque sur le flan droit. La pression des troupes orcs devenait insupportable. Et malgré une résistance héroïque, les troupes de Tche Khan risquaient de céder à tous moment.

Au gué, un combat acharné continuait de faire rage sans donner les résultat escomptés. Forçant le destin une centaine parmi les plus vieux guerriers décidèrent de se sacrifier pour sauver le peuple. Ils s'élancèrent sans espoir de survie contre les géants. Leurs élan fut si fort que les immenses créatures perdirent quelques instant leur insolente suffisance.

Ce moment fut mis à propos pour forcer le passage et le peuple s'engouffra dans la faille ainsi ouverte, derrière eux suivirent les hommes à pieds et presque au même instant arriva la cavalerie.

Le gué fut passé au pas de charge dans une tempête de gerbes d’eau que les chevaux soulevaient formant tout autour un brouillard de vapeur.


De ceux qui s'étaient lancés sur les géants, il en eurent peu qui purent rejoindre le peuple sur l'autre rive.

Les pertes tchompas, bien que cruelles, furent néanmoins peu nombreuses par rapport aux troupes aux quelles ils avaient dû faire face.

Quelques dizaines de « Peaux Vertes » ainsi que cinq ou six géants tentèrent à leur tour le passage du gué.

Une arrière garde à cheval stoppa leur élan par une pluie du flèches et l'ennemi abandonna rapidement sa poursuite.

La manœuvre se soldait par une réussite. Tche Khan était satisfait, il savait que « son peuple » était, pour un certain temps, à l'abri.

Prenant, dans sa besace, une vielle peau qui appartenait à son grand-Père et qui lui servait de carte, il indiqua la direction à prendre : plein Ouest.

Il savait maintenant qu'il avait contre lui, non seulement Tumur et ses alliés mais qu'une autre force très certainement maléfique était entrée en jeu.
Il lui fallait réfléchir à la mise en œuvre de la suite de son plan.
Che Khan, votre humble serviteur
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