Message 21 Fév 2016, 11:14

Le Dés à 7 faces - Chapitre 2 : Un Nain providentiel

Le Dés à 7 faces - Chapitre 2 : Un Nain providentiel


Épuisée par de longues périodes sans véritable sommeil, ayant perdu la notion du temps, Néssala égrenait les maillons de sa chaîne qui la maintenait attachée au mur de sa cellule. Elle était restée seule pendant si longtemps, ne recevant qu'une visite journalière et furtive du geôlier qui lui apportait sa pitance. Elle ignorait tout de l’endroit dans lequel elle se trouvait et encore plus la raison qui l’avait menée jusque là. Depuis peu, un compagnon d’infortune l’avait rejoint. De lui, elle n’avait entendu que de long gémissements plaintifs suivit de profonds sanglots où de longs silences angoissants. Il ne lui semblait pas qu’il avait été attaché comme elle mais cela ne changeait pas grand chose. Il restait prostré dans un recoin de la pièce sombre et humide. La faible lumière des torches qui éclairait le couloir et traversait le mur par une étroite meurtrière située à gauche de la porte du cachot laissait apercevoir sa silhouette recroquevillée contre la paroi.
Afin d’éviter l’abrutissement complet et de garder son esprit en éveil, Néssala ne cessait pas de faire travailler sa mémoire. Rassemblant ses souvenirs, devinant les événements qui l’avait conduit jusque là.

On était en l’An 1341 du décompte du vieux Royaume de Ganduir et tout avait commencé par la visite du prince Armos, fils du Roi Artos, au château de son père.
Celui-ci était venu annoncer une bien triste nouvelle : la mort du bon roi Artos. Cette annonce avait été faite dans la plus grande discrétion sans que Néssala ne comprenne pourquoi. Ensuite les choses s’étaient précipitées et Néssala avait été entraînée dans un tourbillons d’événements qu’elle avait encore aujourd’hui très difficile de comprendre et de mettre bout à bout.
La réunion entre son père et le prince, de toute évidence, avait mal tourné. Armos était reparti furieux et quelques heures après le château était attaqué. Bien vite les défenseurs furent submergés. Pendant l’assaut final, Néssala et une suivante s'échappèrent de la citadelle en feu emmenées par des hommes de confiance qui reçurent la mission de la mettre en sécurité. Malheureusement elle fut bien vite capturée par un groupe de brigands ou de mercenaires, et puis plus rien, plus rien que cette cellule froide et humide.

Néssala n’avait pas été préparée à vivre de tels événement. Elle n’avait que 15 ans, son père, Armas, était le frère du roi Artos et elle avait toujours vécu comme une véritable petite princesse.

Le roi Artos était assis sur le trône du Royaume de Ganduir depuis 63 ans. Le Ganduir actuel était son œuvre, un grand royaume unifié, en paix et prospère.
Tout ne c’était pas fait en un jour, loin s’en faut. Artos avait mis des années et donné une grande partie de sa vie avant d’apprécier la réussite de son projet.


Réunissant autour de lui un noyau de partisans fidèles et courageux, peu nombreux, mais terriblement motivés,
il s’était concentré en premier lieu à convaincre la multitude de petits seigneurs indisciplinés et arrogants à rejoindre sa bannière. Par diplomatie ou par la force il avait travaillé à vaincre leur indépendance et surtout à éliminer une fâcheuse habitude qu’ils avaient à se faire la guerre pour la moindre raison laissant derrière eux un pays dévasté et ruiné. Canalisant leur fougue, Artos avait alors dévié toute cette énergie vers d’autres buts beaucoup plus honorables.
Il ne s’était pas contenté d’assurer son pouvoir mais avait pensé largement à son peuple. Garant d’une sécurité enfin retrouvée, il avait dicté des lois plus justes et surtout il s’était donné les moyens de les faire appliquées.
Abolissant l’esclavage, améliorant les conditions de vie de la paysannerie, développant le commerce et l’artisanat, Artos avait transformé de fond en comble la société Ganduirienne en l’élevant à un haut niveau de civilisation.
L’ordre régnant à l’intérieur, il lui restait à garantir la sécurité et le respect de ses frontières.

Le Ganduir était traversé du nord au sud par un grand fleuve, le Gandurion.
Prenant sa source depuis un lac montagnard nordique, il s’écoulait d’abord comme un torrent impétueux pour finir sa course en serpentant nonchalamment à travers les campagnes paisibles de sud ouest avant de se marier avec la mer dans un grand delta appelé “la main de l’Eduir” et formé par cinq division dessinant dans la baie cinq doigts tendu vers le large.
Deux peuples principaux vivaient aux limite du Ganduir. Au nord, était installé un peuple rude et sauvage nommé les Forestiers et qui vivaient en bordure de la grande foret.
Trop longtemps pourchassé et massacré par les seigneurs Ganduiriens stupides et racistes, Artos avait eu de grandes difficultés pour retrouver leur confiance.

Préférant l’alliance à la guerre, Artos avait payé de sa personne, venant lui-même en ambassade auprès des principaux chefs des tribus forestières. Ces efforts furent récompensés et le peuple des Forestiers vivait maintenant en bons voisin avec le Ganduir.

Artos possédait même dans la garde royale une compagnie d’archer d’élite formé par les hommes des forets. le grand arc étant une arme avec laquelle ils excellent.
Le deuxième peuple en contact avec le Ganduir vivait au sud. Très différent des premiers , il formait une congrégation de sept cités indépendantes installée de part et d’autre du delta. Ces gens de la mer, que les Ganduirien appelaient les 'Mariniers' et qui se nommait eux-même les Altan étaient un peuple fier, puissant et civilisé. Ici aussi les mauvaises relations qui existait entre les Altan et les Ganduiriens datait de l’époque ou de nombreux conflits avaient opposé les cités aux seigneurs de Ganduir.

Même depuis le règne d’Artos et des améliorations qu’il avait apportés les relations ne s’était pas détendues.

Les Altans craignaient ce roi maintenant puissant et peut être dangereux pour leur indépendance. Artos par contre avait besoin d’eux car ils détenaient l’accès à la mer.
Pourtant Artos n’aurait pu s’allier ces cités si un événement imprévus n'était venu bousculé cet équilibre instable.
Contre toute attente les Altan furent attaqué par un peuple comme eux venant de la mer, un peuple de géants barbus et bardés de fer, à bord de grands navires plats et rapides. Malgré leur expérience et leur détermination les marins altans ne purent stopper l’invasion de ces pirates.
Trois cités étaient déjà tombées entre leurs mains lorsque les 'Mariniers' en désespoir de cause firent appel au roi de Ganduir pour leur venir en aide.

Trop content de l’occasion, Artos répondit favorablement mais au grand dam de tout ses conseillers et même de son état major il ne demanda rien en contre partie.

Artos avait une façon bien à lui de faire les choses, il ne voulait pas tirer un profit immédiat d’une situation malheureuse.
A la tête de son armée et en collaboration total avec les généraux altans, il repoussa les pirates et libéra les cités.
Profitant de cette campagne militaire commune, Artos encouragea les Ganduiriens à nouer des contacts avec les Altans.

Luttant côte à côte, ceux-ci apprirent à se connaître et à s'apprécier.
Une amitié sincère et puissante naquit entre les deux peuples, une amitié bien plus enrichissante et plus profonde qu’aucun traité n’aurait pu établir.
Libre et prospère en son sein, sécurisé tant au nord qu’au sud le royaume d’Artos brillait d’un éclat comme jamais il n’avait connu. Artos avait réalisé son rêve. Sa gloire était immense.

Néssala avait entendu de son père des dizaines de fois les récits de cette fantastique épopée à laquelle il avait eu la chance de participer. En effet, c'est Armas qui avait commandé l'armée gandurienne venue au secours des 'Mariniers'.


Le son d'un léger râle, suivi du bruit mat d'un objet lourd et mou tombant dur le sol mélangé à un autre bruit, plus fort mais moins reconnaisable avaient sorti Nessala de ses pensées.


Toute son attention était dirigée vers le couloir qu'elle apercevait à travers les grilles de sa geôle. Nessala, inquiète, attendait d'éventuels autres mouvements.

Le cliquetis sec d'une clé dans une serrure l'a fit sursauter. On entrait dans sa cellule.

Lentement, Nessala aperçu une petite silhouette trapue avancer vers elle.

Suffisamment proche maintenant, la silhouette pris la parole à voix basse

- N'ai crainte, Nessala, je viens pour ton aide, je vais te libérer.

Utilisant le trousseau de clé emprunté au gardien quelques secondes plus tôt, le personnage libéra la jeune fille de ses chaînes en un tour de main.

- Je me nomme Garulf, je suis ... j'étais le bouffon du roi Artos.

Démaquillé et habillé d'un costume civil, Nessala n'aurait jamais reconnu l'ancien bouffon du roi.

Enfin libre de ses mouvements, Nessala se leva etétira les membres de son corps engourdi par le froid et l'humidité.



- Dépêchons nous et suit moi, nous n'avons pas beaucoup de temps devant nous.

C'est alors qu'une petite voix se fit entendre

Et moi, on m'oublie ??

- Désolé, lui répondit Garulf, pour toi je ne peux rien faire, ce n'est pas prévu dans mes plans.

Mais la petite voix se transforma en cris et en pleurs :

je ne suis pas d'accord, je veux quitter cet endroit, je veux être libre moi aussi, laisser moi venir avec vous, je serais discret, ..

Pendant un cours instant, Garulf hésita entre l'assommer ou l'étrangler mais en s'avançant vers cette petite voix, il reconnu à qui elle appartenait et décida de le libérer aussi.

Il précisa :

- Je te conduit à l'air libre et puis nos chemins se séparent. C'est ma condition.

- J'accepte tout pour peu que je quitte cet endroit infernal.

Le trio ainsi constitué se hâta de sortir de la cellule. Ils passèrent à côté du corps de geôlier gisant sur le sol sa tête baignant dans son sang.

J'y ai été sans doute un peu fort, expliqua, un peu gêné, Garulf.

Sa chaise et même la table, entraînant avec elle le pichet de vin et son assiette de soupe avaient été renversées avec lui.

Garulf récupéra deux petites lanternes portatives. Gardant une pour lui il donna l'autre à la jeune fille.

- Il faudra veiller à ce qu'elles ne s’éteignent pas. Sans elles point de salut.

Il donna aussi à Nessala, une chemise de laine chaude et propre.

- Tu en auras besoin, enfile là maintenant.

Maintenant, suivez moi.

Au bout du couloir, Nessala se dirigea instinctivement vers les escaliers montants mais Garulf l’entraîna plus loin, puis pris un escalier qui rejoignait le niveau inférieur.

L’étonnement de Nessala ne passa pas inaperçu et l'autre prisonnier qui suivait fit une remarque à ce sujet.

Garulf écarta sa remarque par un geste vif de sa main et dit :

En remontant nous trouverons une citadelle grouillante de soldats et nous n'irons pas bien loin. Par contre en suivant la route des souterrains il y a de grandes chances que nous puissions réussir cette évasion.

Tout en avançant en suivant ses deux compagnons de fortune le deuxième prisonnier continua ses commentaires : Les souterrains sont dangereux et nous risquons de nous perdre.

Certes, pour quelqu'un qui ne les connaît pas, c'est dangereux répliqua Garulf mais moi je n'ai pas ce problème.

Comment cela est possible.

Parce que c'est une chose qui est en mon pouvoir. Ne dit-on pas des Nains qu'ils connaissent mieux que quiconque toutes sortes de grottes, cavernes et autres souterrains ?
Le temps n'est plus aux atermoiement, il nous faut faire vite, l'alerte peut être donnée à tout moment.

Alors, en faisant le moins de bruit possible, Nessala et le troisième larron suivirent Garulf, de couloirs en couloirs et d'escaliers en escaliers ; s'enfonçant de plus en plus dans les entrailles de la citadelle de Tar Sault.

Après de très longues minutes, ralentissant petit à petit le rythme effréné qu'il avait imposé à ses compagnons, Garulf s’arrêta subitement.

Bien dit-il, il est temps de faire une pause, de se restaurer un peu et de faire le point. A ce stade ci nous pouvons dire sommes déjà en relative sécurité.

Maintenant que Nessala avait pris le temps d'observer quelque peu son libérateur, elle avait remarqué qu'il était habillé chaudement avec une aumuse, sorte de grande cagoule recouvrant les épaules. Il était aussi chaussé de courtes bottes de marche. Elle le vit attraper une sorte de sac à dos en cuir. Garulf l'ouvrit et distribua de petites galettes au miel.

- Je n'avais pas prévu pour trois ; il faudra partager.

Il se saisi d'une gourde et l'a tendit à Nessala qui ne se pria pas pour en boire le liquide, un liquide chaux et désaltérant à la fois.

Qu'est ce que c'est, demanda t'elle.

Un breuvage de ma fabrication, répondit Garulf, sans autre détail.

Après s'être désaltérée, elle tendit la gourde au troisième larron qui s'abreuva à son tour.

Ne boit pas tout, Villard, éructa Garulf!!

Vous, ...vous ..vous me connaissez

Bien sur je te connais et je t'ai reconnu assez vite. C'est ce qui t'a sauvé. Si tu avais été un simple quidam, tu serais mort ou assommé et toujours dans ta cellule.

Villard ? Le poète ? Demande Nessala

Lui.. lui .. lui même noble dame

Villard le poète condamné à mort par le nouveau roi, précisa Garulf.

Oui...oui...oui et pour un petit pamphlet anodin.

Un petit pamphlet anodin ?? qui le ridiculisait et qui était sur toutes les lèvres. Même du temps ou j'étais le bouffon du roi je n'aurais jamais osé dire ce que vous avez écrit !!

Je suppose que vous avez reconnu la princesse Nessala ?

Oui bien sur, Garulf

Vous comprenez maintenant pourquoi, une fois sorti de ses souterrains, nos chemins se séparent ?

Oui, tout à fait, Maître Garulf. Il sera fait comme prévu. En aucun cas je ne voudrais contrarier mon bienfaiteur.

Bien, assez bavardé, il faut continuer, nous avons encore du chemin devant nous et Garulf repris sa marche.

Le couloir se fit de plus en plus étroit et les murs, de plus en plus humides et froids.

De la voûte du plafond, des lichens blanchâtres pendaient et de grosses gouttes d'une eau glaciale venaient mourir sur les têtes des trois fugitifs.

Au sol, de grandes flaques d'eau les obligeaient parfois à ralentir la marche afin de passer sans trop se mouiller.

Mais ou sommes nous, demanda Nessala.

En dessous du fleuve, répondit Garulf.

En dessous de fleuve ??

Oui, ce tunnel passse en dessous du fleuve et fait une centaine de mètres de long. Dans quelque temps, nous allons commencer à remonter et lorsque nous serons à l'air libre, nous serons de l'autre côté de la rive et personne ne pourra le deviner.

Tant la descente fut rapide, la montée fut longue et épuisante.

Garulf fit une deuxième halte, plus courte, ou l'on se restaura à nouveau puis reparti.

Au bout d'une demi-heure, il s’arrêta enfin.

Nous devrons être arrivé. Maintenant je dois trouver la porte.

Néssala et Villard se demandaient bien ou trouver une porte dans cet endroit mais Garulf continuait à sonder les murs en frappant dessus avec son poing.

Tout à coup, un son creux se fit entendre.

C'est ici, dit Garulf, visiblement rassuré.

- Aidez-moi, il faut dégager le passage.

Une petite porte dissimulée derrière la végétation apparu. Il fallut toute l’énergie d'un nain pour réussir à l'ouvrir puis, dès que le passage fut suffisamment large, les trois compères se glissèrent à travers l'ouverture.

Garulf en premier, puis Villard et ensuite Nessala.


Ils se retrouvèrent dans une petite salle obscure. Garulf referma la porte derrière eux.

Nessala remarque que de ce côté ci, la porte était dissimulée dans un magnifique décor mural.

Autour d'elle plusieurs gisants reposaient allongés le long des parois de pierre. On était dans une crypte.

Quelques marches plus haut et ils débouchèrent au rez-de-chaussée d'une petite chapelle.

Les rayons chauds du soleil pénétraient par un joli vitrail.

Cette chaleur faisait un bien fou mais la subite clarté faisait mal aux yeux.

Nous sommes à la l'orée de la grande forêt de Hotfang indique Garulf.

Normalement, l'endroit est désert mais nous devrons avancer avec prudence.

Il se dirigea ensuite vers un endroit plus sombre de la chapelle et, derrière une sorte d'autel, extirpa un grand sac.

- Hum, voici quelques objets qui nous serons bien utiles, dit-il, sans autre explications et en balançant le sac sur son épaule.

Quelque instant plus tard et ils étaient dehors.

Nessala s'emplit les poumons d'air frais aux parfums puissants et agréables d'arbres et de fougères.

- Le jour venait de se lever


D'un ton sec, Garulf s'adresse à Villard

- Il est temps de nous séparer. Moi, je continue avec la princesse. Je vous souhaite bonne chance et adieu.


Villard emplit ses yeux de larmes et tomba à genoux.

- Pitié...pitié..pitié Maître Garulf. Ne m’abandonner pas ici, en pleine forêt, loin de toutes terres habitées !!!! Je ne suis qu'un poète, incapable de me débrouiller en pareille circonstances.


- Pardon, s'exclaman Garulf !! puis d'un ton plus bas : Un contrat est un contrat. Je ne peux me permettre la compagnie de deux fugitifs. Nous allons être traqué dans tout le royaume, il est indispensable de se séparer, ne fussent que pour augmenter nos chances.


- Seul, je n'en ai aucune. Je peux vous être utile et ..

- Utile ? J'ai difficile d'imaginer en quoi.

- Je serais votre serviteur, votre esclave, votre « ce que vous voulez ». par pitié, ne m'abandonnez pas.

Nessala voulu intervenir mais Garulf ne lui en laissa pas le temps

- Je ne reviendrez pas sur ma décision. Ne traînez pas dans mes bottes ou vous tâterez de ma hache, tout Villard que vous êtes.

Attrapant Nessala par le bras il l’entraîna vers un sentier qui s'enfonçait dans la forêt.

Villard, après quelques instant de doute, se décida à les suivre à distance.


Barulf et Nessala avaient marché depuis une bonne heure lorsqu'ils entendirent au loin, une sorte de murmure.

S'avançant prudemment, le murmure se découvrit être des voix d'hommes, de plusieurs hommes.

Laissant Nessala un peu derrière lui, il se rapprocha afin de voir à qui il avait affaire.

Il s’agissait de soldats. Un Capitaine donnait des ordres à ses hommes qui devait être quatre ou cinq.

Avec eux, trois autres soldats, les mains liées dans le dos.

On passait des cordes à plusieurs branches. Garulf assistait à une exécution.

Revenant vers Nessala, il expliqua ce qu'il avait vu : de la soldatesque qui élimine de la soldatesque, rien de bien grave. Il suffisait d'attendre un peu.

Mais Nessala ne voulu rien entendre. Elle voulait réagir et faire quelque chose.

Mais que faire ? On ne savait même pas si les futurs pendus méritaient leur sort.

C'est alors que Garulf vit Villard les dépasser et s'avancer vers la patrouille


- Mes beaux seigneurs, vous me croirez si vous le voulez, mais je suis complètement perdu en ses lieux et bien heureux de vous rencontrer.

Traite de poète, pensa Garulf, il va nous donner pour sauver sa peau !!


- Dégage le civil, lui crie le Capitaine, nous avons du travail et pas de temps à te consacrer.

- Certes certes, je comprends parfaitement. Des bandits je suppose ?

- Des déserteurs, des traîtres de « Forestiers », voleurs de poules et détrousseurs de vieilles.

- Je vois, je vois.


Garulf avait maintenant plus d'informations pour prendre une décision et l'intermède qu'avait provoqué Villard lui avait permis d’enfiler sa cotte de mailles, de mettre son casque à facial et de saisir sa hache de guerre.

Ne sachant toujours pas ce que Villard cherchait, il quitta sa cachette en hurlant et en fonçant comme un fou vers les soldats.

Sans compter les prisonniers, les soldats étaient cinq en tout mais ils ne firent pas le poids face au nain. A peine avaient-ils compris qu'ils étaient attaqués et par qui que trois d'entre eux, dont le capitaine étaient déjà morts, le crane fendu.
Les deux autres,à genou, demandaient grâce.

Tuer des hommes dans le tumulte de la bataille n'avait jamais rebuté Garulf, mais tuer de sang froid deux hommes que se rendaient !!


Garulf ordonna à Villard de libérer les prisonniers, ce qui fut fait rapidement.

Ceux-ci récupérèrent leur armes, de grands arcs droits ainsi que leur carquois garnis de flèches.

Nessala regardait encore stupéfaite la scène avec ce nain transformé en guerrier, ces trois archers, ce poète et les deux nouveaux prisonniers.

Garulf ne laissa le temps à personne de prendre des initiatives. Il ordonnait, on exécutait.

Tout ce qui pouvait être utile fut récupéré. Les soldats avaient laissé cinq chevaux attachés un peu plus loin, on alla les chercher.

Garulf se dit que tout ne se passait pas comme il l'avait prévu mais il savait que les « Forestiers » qui servaient autrefois comme archer dans l'armée royale étaient maintenant arrêtés par les soldats ganduriens et bien souvent exécutés.

Les « Forestiers », hommes du Nord, avaient prêté serment d'allégeance au roi Artos mais Armas avait décidé de ne pas leur faire confiance et avait ordonné leur capture partout ou il étaient casernés.

Ces trois ci avaient fuit mais s'étaient fait rattrapés. Ils désiraient rentrer chez eux, dans le Nord et finalement, la destination de Garulf était aussi le Nord.
On pouvait faire la route ensemble, les « Forestiers » étaient de fameux combattants sans doute bien plus utile qu'un poète extravagant .

L'un des trois servait comme Sergent , les deux autres étant de simples archers.

Le sergent se nommait Dermik et ses hommes, Olgar et Kulst.

Quant au deux soldats prisonniers, Garulf se décida, un peu à contre cœur, de les emmener avec eux pendant un certain temps.

Pressé par le temps, on jeta les trois cadavres dans les fougères un peu à l'écart de la route puis la petite troupe se mit en branle.


Ils marchèrent ainsi tout au long de la journée, en restant dans les bois, direction plein Nord.

L'ambiance général du groupe n'était pas mauvaise mais la marche se fit en grande partie, en silence, chacun concentré sur son effort.

Garulf qui était le plus silencieux, ne communiquait que pour donner les instructions nécessaires, les deux « forestiers » restaient attentifs à leurs prisonnier et Villard qui dans un premier s'était mis à chantonner avait fini par se taire.

Lorsque la fin de l'après midi arriva, après concertation avec Dernik, Garulf infléchi un peu vers l'Est. Bien vite l'herbe tendre de la prairie fit place aux arbres.

Nessala, bien qu'installée sur l'un des chevaux sentait que la fatigue commençait à l'engourdir. Elle espérait que l'on trouve bientôt un endroit pour dormir.


Quelque temps après, une vieille bergerie apparu dans le paysage. Dernik l'a montra du doigt et Garulf dit à l'assemblée

- Voilà notre gîte pour cette nuit.


Grâce aux provisions récupérées, le repas fut vite en préparation.
Garulf autorisa de faire un feu pour la cuisson mais par prudence demanda qu'on l’éteigne par après.

Pour manger, on libéra les mains des deux prisonniers, mais par un système ingénieux il furent entravés de sorte qu'il ne puissent prendre la fuite.

Garulf les mit bien en garde, au moindre doute il ferait chanter sa hache.

On appris d'eux qu'ils se nommaient Aldan et Portor, qu'ils avaient servi sous les ordres de Roi Artos et qu'ils regrettaient cette époque maintenant révolue.

Il demanda également et fort discrètement aux « forestiers » de garder un œil vigilant sur le « poète », ne sachant toujours pas dans quel camp celui-ci avait décidé de jouer sa partie.

Après le repas, chacun pris un peu de repos.

Le poète se mit à raconter des histoires et Garulf, qui s'était mit un peu à l'écart, tira de son sac une petite pipe et se mit à fumer.

Nessala s'approcha de lui.

- Maître nain, puisqu'il me semble que c'est comme ça qu'il faut vous appeler, nous n'avons pas beaucoup eu le temps de parler pendant cette journée mouvementée. Mais maintenant, je pense que c'est le moment pour m'en apprendre un peu plus.

- et sur quel sujet, Princesse .

- sur quel sujet ? Mais maître nain depuis l'attaque de notre château, ma fuite avec, ma capture et mon arrivée dans cette cellule dont vous m'avez libérée, je ne sais rien de plus.


- Savez-vous qui a attaqué votre château ?

- Non

- savez-vous qui vous a capturée ?

- Non

- savez-vous ou vous étiez retenue ?

- Je ne le savais pas mais j'ai compris que c'était dans la prison de la Citadelle du Roi Artos.

- Hum.. en effet, il y a beaucoup à vous apprendre ?

Le roi Artos, à mon grand regret, est mort, il y a trois mois dans des circonstances mystérieuses.

Bien vite, les choses ont dégénéré entre ses deux fils ou plutôt entre les partisans des deux fils. Plusieurs d'entre eux sont morts de mort violente.

L’Aîné, Armos s'est installé à Tar Sault, la citadelle d'Artos et sur le conseil de son nouveau « secretaire », a tenté d’arrêter son frère, pour l'éliminer ou le maintenir prisonnier, nul ne le sait.

Le complot a été découvert et Arnold s'est enfuit avec ses gens, vers le Sud, dans une des principautés altanaises.

Peu après, Arnos s'est présenté chez votre père. Il exigeait votre main espérant rendre sa succession plus légitime en mariant sa nièce.

Mais votre père a refusé, alors Arnos, qui n'était pas venu seul, a attaqué le château. Votre père n'avait pas les troupes nécessaires pour rivaliser avec l'armée du roi mais il s'est bien défendu, mieux que l'on pouvait le croire.

Pendant qu'il résistaitaux assauts des hommes d'Arnos, votre père organisa votre fuite en compagnie de votre servante et de quelques hommes fidèles.

Malheureusement vous fûtes capturées, transportée droguée jusqu'à Tar Sault et maintenue en captivité pendant près de deux mois.

Les puissants n'ont que faire des petite gens, c'est ainsi que votre servante à eu la vie sauf. Je l'ai rencontrée par hasard dans une taverne de la ville et c'est elle qui m'a fait comprendre ou vous étiez retenue.

M'introduire dans le château sous la forme du bouffon ne fut pas compliqué.
La suite vous est connue.

Mais, maître Garulf, comment se fait-il que vous soyez ..

- Que le bouffon soit en réalité un guerrier nain ? Çà c'est une autre histoire.

- Et que sont devenus mon père, ma mère, mon jeune frère et nos gens.

Le château et tout le fief est sous le contrôle d'Armos, ou plutôt d'un de ses Capitaine. On dit que votre père et votre frère ont été tué dans l'assaut mais aucune preuve n'est venue étayer cette version.

Si cela avait été réel, Armos n'aurait pas hésité à faire exhiber leurs têtes au bout des lances de sa soldatesque et puisqu'on a rien vu de tel ...

Je suis désolé mais je n'en sais pas plus, Princesse.

Merci pour votre franchise maître Garulf. Puis-le maintenant savoir ou nous allons.

- A ce sujet, il faudra me faire confiance mais je préfère, pour le moment, garder cette information pour moi. Sur ce, Princesse, il est temps de dormir un peu, demain est un autre jour.

- Une dernière chose Maître Garulf.

- Cette dernière chose sera la première pour demain. J'ai déjà beaucoup parlé pour ce soir.


Garulf organisa les tours de garde, entre lui et les trois « Bornidiens», car tel était le nom réel de ce peuple du Nord que les Ganduriens avaient surnommés, un peu péjorativement les « Forestiers ».

Villard, qui avait été oublié, en fut à la fois particulièrement vexé et bien content de pouvoir dormir tranquillement.


Garulf, qui avait pris le dernier tour de garde, réveilla la compagnie, un peu avant l'aube.

Pendant le déjeuné frugal, il expliqua le déroulement de ce que allait être notre deuxième journée.

On quitterait définitivement les bois pour se diriger vers le Nord-Est. On traverserait une région de plaines et de collines très peu peuplée et de toute façon, on éviterait autant que possible les fermes et , surtout, les villages.

Pour les trois Bornidiens, cette direction représenterait un petit détour mais on risquerait aussi de rencontrer moins de monde et si la 'chasse » aux fugitifs était déjà été donnée, cette direction avait l'avantage de ne pas être ordinaire.

De toute façon, ils étaient libre de choisir. Ils décidèrent de suivre Garulf. Les deux prisonniers n'eurent pas le choix et Garulf ne demanda pas son avis à Villard.

Le départ fut donné. Garulf dissimula le mieux possible toute trace de leur passage en indiquant que de toute façon la bergerie aurait pu servir comme étape de nuit à n'importe quel voyageur.


De la même manière que la veille, la marche fut relativement silencieuse. Quelques fois au détour d'un bosquet ou un peu avant le sommet d'une colline, Garulf envoyait le sergent, ou l'un de ses hommes, en avant afin de s'assurer que le groupe ne courrait nul danger.

C'est au court d'une reconnaissance de ce type que revint Olgar, un peu inquiet. Il n'avait parlé qu'à Garulf, mais le groupe avait bien ressenti son malaise.

Garulf expliqua qu' Olgar avait aperçu au loin sur la gauche un fort incendie, peut être une ferme ou tout autre bâtiment. Une ferme en feu est rarement de bonne augure.

Garulf n'en dit pas plus mais changea légèrement sa direction afin d'éviter tout problème.

La marche repris de plus belle, ponctuée de quelques rares pauses.

Le temps clément et légèrement chaud en ce début d'automne ajoutait une note de douceur inattendue. Si les circonstances avaient été autres, cette promenade aurait pu être très agréable.

Fin d'après midi, Garulf remarqua un petit bosquet d'arbres qui allait servir pour l'étape de notre nuit.

Contrairement à la veille, il refusa que l'on fasse du feu. Il fit l'inventaire de nos provisions et rationna les portions en vue de tenir quatre à cinq jours.

La nuit se passa sans encombre et le voyage se poursuivi.


Nessala eu l'occasion de faire de longues conversations avec Villard lorsque celui-ci réussissait à avoir l'autorisation de suivre à dos de cheval. Villard parlait beaucoup, de tout et de rien, de la vie à la cour, de sa poésie et surtout de lui.

Néanmoins, au cours de cette troisième journée, sur un timbre emplit d 'émotion il s'adressa à Nessala en ces termes

- Princesse, il faut que je vous dise .... malgré tout ce que pense ce fichu nain, je n'ai jamais eu l'intention de vous trahir, vous savez ...

Mon intervention auprès des soldats ne voulait être qu'une diversion, certes sans doute un peu maladroite, je n'ai pas l'habitude de ce genre de choses.

Mais qui, en définitive, a porté ses fruits .. N'est-ce pas ?

- Bien sur Villard, ne vous inquiétez pas avec ça. Je suppose que Garulf a bien d'autres préoccupations.

- Merci, princesse, votre confiance m'honore et vous verrez, je pourrais me rendre utile, à un moment ou à un autre sur des sujets que je maîtrise mieux.



Deux jours encore se suivirent. Le soleil était presque au zénith du sixième jour de voyage que Garulf, tout excité indiqua l'horizon.

On apercevait maintenant tout au loin mais très clairement une impressionnante masse sombre qui barrait le paysage.

C'est ma maison, dit Garulf. Je suis de retour chez moi. Voici les 'Montagnes du Grand Argent'.

Le temps de midi arriva et le groupe se restaura. En fin de collation Garulf s'adressa aux Bornordiens.

Il est temps pour vous de renter aussi dans vos contrées. Nous sommes maintenant en sécurité, nous pouvons sans crainte nous séparer ici même.

Quant à vous Villard, je vous laisse le choix de rester avec nous ou d'accompagner nos amis.

Pour les prisonniers, il est peut être temps de les libérer ?


Dernik pris la parole

- A vue de nez, il faudra encore passer une nuit avant d'atteindre vos montagnes Garulf. A ce stade, nous pouvons encore faire cette nuit tous ensemble et demain matin nous nous séparerons.

- Certes, si cela vous convient, j'en suis fort aise.

Et le groupe se remit en marche.

On s'installa comme d'habitude pour passer la nuit dans un endroit plus ou moins
a l'abris.

Un peu avant l'aurore, Garulf, qui prenait toujours le dernier tour de garde vint réveiller Dernik.

- Dernik, le secouant vigoureusement, Dernik !!!

- Hummm

- Réveillez-vous, je crains avoir entendu des bruits bizarres.

Dernik fut sur pieds rapidement. Bientôt toute la compagnie fut réveillée.

On entendait un léger bruissement d'herbes hautes qui ne ressemblait pas à celui que le vent fait lorsqu'il les balance en cadence.

Les archers avaient saisi leur arcs et encoché une flèche.

Garulf était au aguets du moindre signe puis tout à coup, un sifflement suivi immédiatement un « tac » fit sursauté Nessala.

Une flèche à l’empennage noire venait de frapper le tronc d'un arbre juste au dessus de sa tête.

Garulf serra sa hache dans ses mains, prêt à en découdre. Furieux il cria

- venez vous battre bande de lâche.

Pour toute réponse il eu un cri guttural et une dizaine de créature bondirent des fourrés juste devant lui.

Cette première attaque fut repoussée en un tour de main. Trois créatures gisaient, une flèche plantée en plein front, deux autres n'avaient plus de tête et à celles qui faisaient demi-tour quelques bras devaient manquer.

Les deux prisonniers hurlèrent qu'on les libère et qu'on leur donne des armes.

Garulf avait hésité mais Villard avait déjà tranché leurs liens avec une dague qu'il avait sorti de son manteau.



Quelques instants plus tard, une seconde vague de créatures, beaucoup plus nombreuses, attaqua le groupe.

Difficile de décrire tous les faits et gestes d'une bataille comme celle-ci.

En chantant, Garulf se frayait un chemin rouge sanglant autour de lui en faisant tournoyer sa hache autour de lui et peu de créature arrivaient à le toucher.

Les trois archers Bornordien, avaient dû lâcher leurs arcs pour combattre au corps à corps avec leur épées.

Les deux soldats gonduriens n'avaient pas été délivré pour rien, ils étaient bons combattants et plus d'une créatures en avait fait les frais.

Nessala s'était camouflée aussi bien que possible en espérant la bonne issue du combat.

Aussi subitement que son déclenchement, l'attaque s’arrêta. Les créatures s'enfuirent, laissant nos compagnons seuls sur le « champ de bataille ».

Sans perdre de temps, Garulf fit le tour des hommes pour estimer les dégâts.

Aldan, un des deux soldat gonduriens, gisait, la face contre terre, le crâne fendu par une large lame.

Kulst aussi faisait partie des morts. Nessala raconta qu'il avait été tué alors qu'il venait à sa rescousse.

La princesse était saine et sauf, à part quelques contusions reçues au moment ou une créature avait voulu s'en emparer.

Olgar était légèrement blessé au bras et à la main gauche. Il ne pourrait plus se servir de son arc pendant un certain temps. Dernik s'en sortait sans mal et Garulf aussi.

Après quelques recherches on trouva Villard, curieusement entrelacé avec une créature.

Il avait une grosse plaie à la tête qui saignait encore un peu. Garulf compris que ce maudit poète avait tiré sa révérence mais un léger râle vint lui mettre un doute.

En se rapprochant de lui, il s’aperçut que Villard était toujours en vie, certes complètement sonné mais en vie.

La créature qu'il semblait enlacer tendrement avait, en fait reçu de la part du poète une dague en pleine gorge, puis ayant reçu un gros coup sur la tête il s'était affalé inconscient. Laissé pour mort, son adversaire était passé à un autre combattant.


Quatre des cinq chevaux avaient disparu et avec eux la presque totalité de leurs affaires et de leurs provisions.





Au loin, des tambours de guerre se faisaient entendre. Garulf et ses compagnons étaient, sans doute, tombé sur un petit groupe d'éclaireurs. Il ne faisait pas bon de rester dans le coin mais la direction vers les montagnes était maintenant devenue impossible.

Il était nécessaire de faire demi-tour aussi vite que possible.

Ils avaient ensevelis Kulst et Aldan à côté l'un de l'autre mais très sommairement avec quelques pierres et des branchages.

Ils se promirent de revenir pour mieux faire. Une promesse de principe, très certainement difficile à tenir.

Ils marchèrent ou plutôt coururent sans prendre le temps de faire des pauses. Ce n'est que dans le milieu de l'après midi et après avoir été pratiquement certain que personne ne les avait poursuivi dans l'immédiat que Garulf donna l'ordre de s’arrêter.

C'est à ce moment qu'arrivèrent les questions. Derick fut le premier à demander par quelle type de bestioles avaient été attaqué.

Garulf voulu répondre mais Villard le pris de vitesse

- cette engeance se nomme gobelins, orcs et compagnies. Je pense que ce matin, nous n'avons eu affaire qu'aux Gobelins, petits mais hargneux. Pour preuve, il n'ont pas hésiter à nous attaquer alors qu'ils n'étaient certainement pas très nombreux. Un groupe d'éclaireurs avec certitude.

Il en existe de plus petits encore, peu utile au combat, ils servent de serviteurs ou d'esclaves, de chair à canon, voir de garde manger ou tout autre chose que la décence ne me permet pas d'expliquer devant vous.

Mais les plus dangereux sont les Uruk, haut de presque trois mètres se sont de puissants combattants qu'il vaux mieux ne pas rencontrer.

Toutes ces créatures se reconnaissent à leur peaux vertes et boursouflées.

Garulf fut étonné par l'intervention de Villard, il ajouta :

- Des créatures du démon, ça c'est sur.

- Non pas Garulf, des créatures du Chaos.
- c'est ce que j'ai dis
- Pas exactement
- C'est la même chose
- Pas pour moi, Garulf, pas pour moi. Il est ..
- Allons le poète que connaissez vous de tout cela.
- Plus que vous ne pouvez le croire monsieur le nain qui faites le malin
- Vous me manquez de respect !!! je vais vous ..

Allons lança Dernik, ce n'est pas le moment de se chamailler. Laissez parler Villard, Maître nain, il a l'air de connaître son affaire.

En effet, Dernik, mon image de poète de cour, de pamphlétaire ou d'amuseur public n'est que la face visible de ma personne.

Une de mes passions est l'étude des contes et légendes anciennes. On y apprend de nombreuses choses importantes et malheureusement oubliées de nos jours.

Ces créatures ne vivent pas dans notre monde, elles viennent du chaos, d'une autre dimension, d'un autre plan.

Mais qui les a fait venir et pourquoi demande Nessala qui n'avait rien perdu de la conversation.

Ha ça, répondit Villard, c'est bien tout le problème. C'est une choses qu'il faudra découvrir.

- Hum ajouta Garulf, un peu mécontent, tout ça c'est des vielles histoires de bonne femme.

De toute façon, il est temps de repartir et pour cette nuit impossible de se satisfaire d'un bosquet ou d'une haie pour s'abriter. Il faut nous trouver un hameau ou un bourg, fortifié si possible. Au diable notre discrétion, il en va de notre vie.

Portor ajouta que si la région est en alerte, il faudrait arriver avant la nuit car une fois l'obscurité venue, plus personne ne les laissera entrer.

En route alors, lança Dernik, le temps presse.
Che Khan, votre humble serviteur
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