Message 07 Juil 2015, 22:36

La Bataille de Perwan, été 1221.

La Bataille de Perwan, été 1221.

Avant-propos :

La bataille de Perwan est une bataille qui voit s'affronter les troupes du Kharezm commandées par le sultan Djalal ad-Din et les troupes mongoles commandées par le général, Chiqi Qutuqu.

Perwan, le lieu de la bataille, est difficile à localiser et se trouve sur la route qui va de la ville de Bamiyan à la ville de Ghazni.

Cette bataille fait partie de la 'Campagne du Kharezm'.


Image

Contexte général :

Mohammed, le shah du Kharezm est en fuite et meurt en décembre 1220.
Son fils Djalal ad Din, qui s'est retranche à Ghazni, un véritable 'nid d'aigle' situé à cent cinquante kilomètres au sud-est de la ville de Bamiyan, espère encore redresser la situation.

A début de l'année 1221, il reforme une armée, composée de mercenaires türks et de 30.000 guerrier afghans.
Bien que mal équipés et mal gérée (les Afghans ayant une organisation tribale), ses forces sont de 60.000 hommes.
C'est un petit détachement mongol qui assiégeait une citadelle toute proche qui fait les frais de cette nouvelle armée et qui est taillé en pièce.
Gengis Khan, en apprenant l’existence de cette nouvelle menace, décide d'intervenir.

Après le siège et la prise de la ville de Bamiyan, il envoi, vers Ghazni, en observation, une armée de trente à quarante mille hommes commandée par Chiqi Qutuqu, un de ses frères adoptif (voir les premiers compagnons de Gengis Khan).

La rencontre se produit près de la ville de Perwan, à cette époque, un site un peu au Sud de la capitale afghane.

La Bataille :

Le premier jour de combat se termine sans véritable vainqueur et les deux armées campent pour la nuit l'une en face de l'autre.

Pendant la nuit, le général mongol ordonne à ses hommes le placer un mannequin de feutre sur leur cheval de réserve afin de faire croire à l'arrivée de renfort.
La ruse est sur le point de réussir lorsque Djalal ad-Din, malgré l'avis contraire de ses généraux, décide d'engager la bataille.
Il fait mettre pieds à terre à ses cavaliers et leur demande d'attendre, sans bouger, l'attaque mongole.

Lorsque la charge celle-ci arrive à distance de tir, elle est accueillie par une nuée de flèches si précises que les Mongols sont obligés de faire demi tour pour se regrouper.
Les Mongols chargent une seconde fois et vont ébranler les lignes ennemies lorsque Djalal ad-Din fait sonner ses trompette donnant un signal à ses troupes.
Celle-ci remontent immédiatement en selle et profitant de leur supériorité numérique, se précipitent sur les Mongols afin de les encercler.

Chiqi Qutuqu avait recommandé à ses troupes de ne pas perdre de vue son 'tug'. Se voyant, lui-même, près d'être pris dans le piège, il prend la fuite en désordre
Cette fuite provoque la débâcle général du côté mongol. Comme le champ de bataille est coupé par des ravins, les cavaliers de Djalal ad-Din n'ont aucune difficultés à poursuivre les Mongols et à les sabrer un peu partout ou ceux-ci se sont éparpillés.

Seul, Chiqi Qutuqu et une petite partie de ses hommes échappent au massacre.

Après la Bataille :

Malheureusement, Djalal ad-Din ne peut pas profiter de cette victoire courageuse.
Dès le lendemain, il se fâche avec les Afghans qui quittent son armée. La légende prétend que c'est à cause du partage du butin et principalement par rapport à un cheval particulièrement beau que Djalal ad-Din avait refusé d'offrir à un général afghan.
Quoi qu'il en soit, se trouvant avec la moitié de ses force de combat, Djalal ad-Din décide de se retirer vers l'est.
Par contre, sa victoire redonne confiance au peuple kharezmien et des révoltes éclatent dans plusieurs villes tombées sous contrôle mongol, Merv, en automne, puis Hérat

Gengis khan est obligé de réprimer ces soulèvements avant de penser à poursuivre Djalal ad-Din.
Puis ayant appris que celui-ci s'était réfugié dans la ville de Ghazni, il mobilise une armée de 80.000 hommes dont il prend personnellement la tête et se dirige vers son ennemi.

Lorsque Chiqi Qutuqu se présente devant son khan, la ceinture sur ses épaules en signe de soumission et convaincu de sa responsabilité dans la défaite, il attend patiemment la sentence qui ne peut être qu'une sentence de mort.

Mais Gengis khan va surprendre tous le monde. Il se fait expliquer la bataille par son général malchanceux, critique la tactique employée, explique ce qu'il aurait du faire et lui dit que cette défaite sera une leçon dont il tirera profit pour d'autres batailles.

Lorsque Gengis Khan arrive à Ghazni, vers la fin de l'été, Djalal ad-Din s'est déjà enfuit en se dirigeant vers la frontière indo-afghane afin de se réfugier au Pendjab.

Gengis Khan est loin de ses bases mais il décide de ne pas interrompre sa poursuite, il veut éliminer la menace que représente Djalal ad-Din.

C'est à la Bataille de l'Indus que les deux hommes vont enfin s'affronter.

Articles annexes :

Autres Batailles de la "Campagne du Kharesm" :

- Siège et Prise de Samarkande, mars 1220 (Campagne du Kharesm).
- Siège et Prise de Gurgendj, 1221(Campagne du Kharezm).
- Siège et Prise de Bamiyan, 1221 (Campagne du Kharezm).
- La Bataille de l’Indus, 24 novembre 1221(Campagne du Kharesm).
Che Khan, votre humble serviteur
Image