Message 22 Nov 2013, 22:42

Siège et Prise de Xiangyang (de 1267 à 1273)

Siège et Prise de Xiangyang (de 1267 à 1273)

Le Siège de Xiangyang (et de Fanchang) est un siège qui voit s’affronter les Mongols de la “Dynastie Yuan” aux Chinois de la “Dynastie des Song du Sud” entre 1267 et 1273.

Les deux villes jumelles sont situées, l’une en face de l’autre, sur les deux rives d’un affluent du Yang-Tseu Kiang (bassin supérieur de la Han).

Contexte Général :

En 1234, la “Dynastie des Kin” qui régnait sur la “Chine du Nord” est conquise par les Mongols sous la direction d’Ögodaï Khan .
A cette époque, les Mongols et la “Dynastie des Song” (Chine du Sud) s’étaient alliés contre les “Kin” (Chine du Nord).

En 1236, la ville song de Xiangyang avait ouvert ses portes à l'armée mongole sans résistance.

Les Mongols avaient volontairement quitté la ville en 1238.

Mais, ses deux alliés ne pouvaient rester longtemps sans s’opposer.
En 1252, Möngke Khan, le “Grand Khan” des Mongols, relance une campagne d’envergure contre les “Song”.

Il charge Khubilaï de passer par le Yun-an pour prendre les “Song” à revers et par le Sud.

Les villes jumelles de Xiangyang et Fanchang résistent à une attaque mongole en 1257.
La cavalerie mongole est attirée dans Xiangyang où elle est abattues par les défenseurs grâce aux doubles murs de la forteresse.
Les Mongols lèvent le siège de Xiangyang.

En 1259, Möngke Khan décède.

Sa succession entraîne un conflit entre Khubilaï et Ariq Böke (les deux frères de Mongke Khan) et une guerre fratricide éclate au sein du camp mongol.

Les “Song” profitent de ce répit pour reprendre des forces.

Khubilaï l’emporte finalement, même si il n’est reconnu que partiellement par les Mongols de l'ouest.

En 1267, Khubilaï Khan peut enfin reprendre les hostilité contre les “Song”.

Il charge A-Tchou (petit-fils de Subotaï) de prendre la ville de Xiangyang et de Fencheng.

Les “Song” connaissent l'importance de ce point vital et organisent la défense de Xiangyang aussi bien que leur capital.

La ville était entourée par des montagnes sur ses trois côtés et une rivière (rivière Han) sur le dernier côté. Une quantité massive de fournitures avaient été stockée à l'intérieur, de
hautes murailles et des tours sur les quatre côtés de la forteresse avaient été construit.
Chaque entrée de la forteresse avait au moins deux cercles de murs, servant à piéger les forces ennemies à l'intérieur.

L'utilisation traditionnelle de la cavalerie mongole était limitée par le terrain boisé et de nombreux postes militaires.

le Siège :

A-Tchou arrive en 1268 et occupe la région.

Ensuite, il sonde la défense des deux villes.
Par rapport au siège précédent, il a apporté avec lui une centaine de trébuchets .
Ces trébuchets avaient une portée d'environ 100 mètres et pouvait utiliser des projectiles d'environ 50 kg.

Cependant, Les “Song” avaient prévu un siège de trébuchet et fait des préparatifs à l'avance.
Ils avaient élargi le fleuve dans cette région, sur une largeur de plus de 150 mètres. Ils avaient également renforcer leurs murs et fait des filets, dont ils se servaient pour couvrir les murs.

En conséquence, les trébuchets mongols ont du mal à atteindre la forteresse et les quelques coups chanceux qui frappent le mur rebondissent sans danger.

Les Mongols décident alors de bloquer les villes de tout ravitaillement. Une flotte importante est construite, pour bloquer la circulation sur la rivière Han.

Mais le siège s’éternise et en 1271, les deux villes tiennent toujours.

De fin 1267 à 1271, pour secourir les deux villes, les “Song” envoient des renforts en provenance du sud afin d'attaquer les positions mongoles.
Malheureusement, aucun renfort ne réussi à forcer le siège.

Nous sommes déjà fin 1272 et A-Tchou se rend compte que les villes jumelles sont trop difficiles à prendre par la cavalerie mongole et écrit à Khubilaï Khan afin de recevoir de l'infanterie (infanterie qui sera en fait des troupes de Chine du Nord).

Khubilaï lui envoi 20.000 hommes.
Khubilaï lui envoi également des “ingénieurs” musulmans qui proviennent de l’Il-Khanat d’Iran (sous le contrôle d’Hulegu).

Les experts musulmans vont construire de puissants mangonneaux capable de tirer à 500 mètres, et pouvant lancer des projectiles de plus de 300 kg.
Ces nouveaux trébuchets beaucoup plus précis que les anciens doivent être assez puissante pour briser les murs de Xiangyang.

les Mongols en font fabriquer environ 20.

Les Mongols commencent de bombarder la ville de Fancheng avec leur nouvelle artillerie au début de 1273.

Les premiers lancers sont concluants. Les soldats de Xiangyang assistent, impuissants, depuis leurs murailles, au bombardement de Fanheng
Les murailles sont lourdement touchées et la ville, après avoir résisté pendant des années, tombe au bout de quelques jours.

Les Mongol tournent alors leur artillerie vers Xiangyang.

Cependant, Lü Wenhuan, le commandant song de la ville ne renonce pas et envoie un messager à l'empereur des “Song” pour demander des renforts immédiats.
Malheureusement, l'empereur qui considère que Xiangyang décide de ne pas envoyer de renfort.

Dès que les trébuchets sont en position, un coup d'essai est tiré dans la ville et le coup arrive à frapper un pont de pierre à l'intérieur des remparts en faisant de gros dégâts.

La panique gagne les défenseurs et de nombreux soldats et civils essayent de fuir. A-Tchou avait fait massacrer les habitants de Fencheng pour terroriser Xiangyang.
Les Mongols exigent une réédition immédiate et Lü Wenhuan qui comprend qu’il n’a aucune chance de défendre la forteresse plus longtemps, se rend le 14 Mars 1273.

Après la bataille :

Xiangyang, la puissante forteresse de la dynastie des Song, est tombée.
Les forces mongoles sont libres de conquérir le reste du sud de la Chine.
Les places fortes tombent, les unes après les autres.
En 1275, le gouvernement song tente en vain de faire une trêve mais cette demande vient bien trop tard.

Pour les Mongols et même si les "Song" résistent encore, ce n’est plus qu’une question de temps.

Les "Song" sont définitivement battus, en 1279, à la bataille navale de Yamen.
Che Khan, votre humble serviteur
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