Message 08 Juin 2007, 17:46

Missions Chrétiennes chez les Mongols

Missions Chrétiennes chez les Mongols

On l’observe assez facilement, les premiers ‘explorateurs’ européens envoyés vers l’Est, sont, avant tout, des hommes d’église. Leurs missions sont néanmoins multiples, à la fois espion, ambassadeur et missionnaire, ils doivent rencontrer ses nouveaux ‘peuples’ qui arrivent de l’Asie.Vous trouverez d’ailleurs les portraits de certains d’entre eux dans cette rubrique.

Ainsi, l'ordre du jour du concile de Lyon (1245)* est le "remedium contra Tartaros". Il fallait exhorter les souverains européens à s'unir, créer un fonds de guerre et envoyer des missionnaires pour observer, comprendre et tenter de convertir ces Mongols.

Le pape Innocent IV prend la décision d'envoyer des ambassades.

Ce sont des émissaires des deux ordres, Dominicains et Franciscains qui sont choisi pour ses missions.
Nous pouvons citer, entre autres :

-André de Longjumeau, Dominicain en 1235 et en 1240.
-Ascelin de Crémone, Dominicain, en 1245.
-Jean de Plan Carpin, Franciscain, en 1245
-Rubruck Guillaume, Franciscain, en 1253
-Jean de Montecorvino, Franciscain, en 1291
-Odoric de Pordenone, Franciscain, en 1318
-Jean de Margnolli , Fraciscain, en 1342

En suivant les routes vers l'Orient, les missions de ces deux ordres se portent en Asie centrale, dans le Caucase, en Perse et jusqu'en Chine ou en Inde. Ces ‘missionnaires-ambassadeurs’ évangélisent et constituent de nouvelles Eglises, comme chez les Alains de Crimée ou dans certains khanats mongols.

La Hongrie deviendra un des relais essentiels de l’action des Chrétiens latins auprès de la “Horde d’Or” et tiendra un rôle important de soutien aux premières missions vers les territoires d’Asie centrale.

Dès 1278, la présence des Franciscains (l'ordre des frères mineurs) dans les régions sous domination mongole est prouvée par la demande que fait le provincial franciscain de Hongrie auprès du Pape. On constate que les Frères mineurs ont opéré de nombreuses conversions chez les Mongols.

Les Franciscains mettent en place ce qu’ils appellent la vicairie de “Tartarie aquilonaire” dès 1274. Nous possédons plusieurs témoignages nous parlant expressément de missionnaires hongrois à l’œuvre. Une étape importante dans l’avancée des ces missionnaires est franchie en 1287.
Une lettre envoyée par un franciscain de Crimée met en scène les résultats spectaculaires obtenus par les Franciscains, qui œuvrent auprès de tribus païennes et qui sont soutenus dans leur action par le chef ulmane de Solgat. Ils obtiennent même de baptiser une des femmes de Nogaï, l’impératrice Jaylak, malgré les rivalités avec les Arméniens ou les chrétiens de rite grec.

Cette lettre nous apprend en outre que les Franciscains avaient déjà organisé leur présence dans cette région et mis en place des structures d’encadrement habituelles (des couvents sous la direction d’un provincial).
Cette lettre nous donne également une liste de personnes récemment décédées et ayant participé à la mission, parmi lesquelles un traducteur hongrois, ce qui nous permet de penser qu’un des atouts des Hongrois pouvait être une relative proximité linguistique et culturelle avec les Kiptchaq (en comparaison avec les autres peuples de l’Occident latin).

De plus, depuis 1237, une communauté Kiptchaq s'est installée en Hongrie dont une partie s'est convertie au Christianisme ( Voir Koten Khan)

Une lettre envoyée par les Franciscains de Caffa en 1321 demande d’ailleurs l’envoi de missionnaires en insistant pour que ceux-ci soient anglais, allemands ou hongrois. Elle précise même qu’il n’y a pas grande utilité à envoyer des missionnaires français ou italiens car ceux-ci seraient incapables d’apprendre les langues étrangères et accomplir leur mission dans des conditions acceptables.

Mais le succès des entreprises missionnaires du XIIIème siècle chez les Mongols sera de courte durée. Pendant le XIVème et le XVème siècle l'isolement de ces Eglises lointaines et l'hostilité des pouvoirs locaux au christianisme finit par avoir raison de la majorité de leurs fondations. La plupart des Mongols embrasseront finalement la foi musulmane ou bouddhiste.


*Le concile de Lyon de 1245 détermine la politique à suivre concernant Mongols.

Il se tient le 26 Juin 1245 avec seulement trois patriarches et 150 évêques parmi d'autres religieux et séculiers parmi lesquels l'empereur latin de Constantinople. L'empereur Frédéric II a envoyé une délégation menée par Thaddée de Suessa.
La raison est que de nombreux évêques n'ont pu se rendre disponibles pour le Concile à cause de :

1. L'invasion mogole à l'Est.
2. Les attaques sarasines en Terre Sainte.
3. et, sans doute, pour les siciliens et les germaniques au moins, la pression de Frédéric II.

En effet, la raison principal de ce concile concerne Frédéric II et ses relations houleuses avec l'Eglise de Rome. Le Concile conclut par la décision de déposer l'empereur à la troisième et dernière session le 17 Juillet 1245 et de l'excommunier.

A la même session du 17 Juillet, les pères approuvent des constitutions sur l'usure, sur les "Tartares" et sur les Chrétiens de l'Est.

Sur les "Tartares", il est décidé d'envoyer des 'diplomates' pour se renseigner sur leurs intentions ainsi que toutes choses intéressantes à leur sujet.
Pour les Chrétiens de l'Est (Nestoriens par exemple) il existe toujours un espoir de les voir revenir dans le giron de Rome.
Che Khan, votre humble serviteur
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