Logo Yourte                              

La Marine chez les Yuan (Mongols de Chine)


Organisation, tactiques, armement, tout sur les 'Peuples Cavaliers' en guerre.

Modérateurs: Che Khan, Alokhan

Avatar de l’utilisateur

Maître des lieux

Messages: 1018

Inscrit le: 24 Sep 2005, 10:43

Localisation: Brabant Wallon

Message 30 Juin 2012, 09:40

La Marine chez les Yuan (Mongols de Chine)

La Marine chez les Yuan (Mongols de Chine).


Lorsque qu'en 1279, Khubilaï Khan se rends maître de la Chine du Sud (Dynastie Song) , il ne fait pas qu’agrandir son territoire.

Il englobe un état dont le niveau technologique était très évolué. cet héritage exceptionnel va servir aux Mongols pour continuer leur expansion militaire et leur développement économique.

L’une de ces technologies concerne la construction navale en particulier et la marine en général.

En effet, si l’apparition de la marine en Chine, et en particulier de la marine fluviale, remonte aussi loin que les débuts de l’ère chrétienne (dynastie Han), l’émergence de la Chine comme véritable puissance maritime, à la fois commerciale et militaire, date du X ème siècle après JC, sous la Dynastie Song.


La “Dynastie Song” (960-1278) connaît, grâce à l’imprimerie, apparue sous la dynastie précédente, une diffusion sans précédent de connaissances dans de nombreux domaines.
On assiste à un foisonnement sans précédent de théories et d’inventions en politique, en mathématiques, en astronomie, en médecine, en sciences naturelles, en archéologie, en arts ou en techniques.

C’est, par exemple, sous la “Dynastie Song” qu’est mentionnée pour la première fois l’utilisation de la boussole marine :

“Les pilotes connaissent leur position, la nuit, en observant les étoiles. Le jour, en regardant le soleil et par temps couvert, en utilisant l’aiguille qui montre le sud”



En “despote éclairé” Khubilaï khan comprend l’importance de toutes ces connaissances nouvelles pour les Mongols.
Dès lors, ces progrès se confirment sous la “Dynastie mongole des Yuan (1271-1368), où l’unification de l’Asie et le développement des échanges avec l’Occident créent des conditions d’échanges fructueux entre Chinois, Persans, et Arabes, en particulier dans les domaines de l’astronomie, des mathématiques et de la géographie.

Cette période est même celle de l’apogée de la cartographie chinoise, très en avance sur l’Europe et le monde arabe.

Khubilaï khan fait restaurer le vaste réseau de voie fluviale. Il agrandi le Grand Canal qui relie la Chine du Nord à celle du Sud en le prolongeant jusqu'à Kanbalik (Pékin).

Les Mongols font installer le long des fleuves et des côtes, afin de faciliter la navigation fluviale et maritime, des balises, signalées dans la journée par des drapeaux, et la nuit par des feux ou des lanternes.


Les textes, assez nombreux, nous sont parvenus sur la construction navale et la navigation. Ils nous permettent d’avoir une idée relativement précise sur les différents types d’embarcations utilisées à partir du X ème siècle, en Chine.

Il existait une multitude de bateaux, de types et de tailles extrêmement variés selon chaque région et correspondant aux conditions naturelles.

Les deux types d’embarcations les plus caractéristiques sont la grande jonque de mer, fabriquée dans le Sud (Guangdong et Fujian) et le “bateau des sables” ( shachuan), sorte
de grosse péniche ventrue à fond plat, dépourvue de quille, et mue à la voile, comme la quasi totalité des bateaux chinois, du fait du régime constant des vents de mousson.

Les grandes jonques de mer :

Il existait plusieurs types de jonques de haute mer. Destinées aux voyages intercontinentaux, ces navires étaient en général de fort tonnage (environ 1250 tonnes).
Certains dépassaient les cent mètres de long, et transportaient plusieurs centaines de personnes, parfois jusqu’à mille. Ils croisaient régulièrement en mer de Chine, dans l’Océan Indien et jusqu’au golfe persique.

Des témoignages, essentiellement de l’époque mongole, confirment les descriptions que donnent les textes chinois.
Ainsi, Nicolo Conti parle de “navires beaucoup plus forts que les nôtres, capables de contenir deux mille muids, avec cinq mâts et cinq voiles.”

Ibn Battûta mentionne lui des bateaux emportant mille hommes, six cents marins et quatre cents soldats, construits à Quanzhou et à Canton.

Les navires de guerre

Moins impressionnants que les jonques de haute mer par leur taille, certains d’entre eux n’en sont pas moins intéressants par l’ingéniosité de leur conception. Là aussi, de nombreuses descriptions et illustrations nous permettent d’en avoir une idée précise.

descriptions présentées ici proviennent en particulier du Wujing zongyao, compilé en 1044 par Zeng Gongliang. Les navires décrits ici sont anciens pour certains : les bateaux à tours et les cuirassés de choc remontent à l’époque Han (206 av. J.-C., 220 apr. J.-C.) et servaient essentiellement dans les batailles fluviales.

- La Jonque “Cuirassé de choc” (mengchong) :

La poupe de ces bateaux est cuirassée avec des peaux de bœuf fraîches.
A droite et à gauche des cavités sont aménagées pour les rames, que ni flèches ni les pierres ne peuvent endommager Devant, derrière et sur les côtés, il y a des créneaux pour les arbalètes et des ouvertures pour les lances qui sont utilisée pour empêcher l’ennemi d’approcher.

- La Jonque “à tours” (louchuan) :

Sur ces jonques sont érigés trois ponts superposés avec des remparts.
Pour la bataille, on plante un mât avec des étendards, et on ouvre les fenêtres à arbalètes et les orifices à lances.
A l’extérieur, on met du feutre et du cuir contre l’incendie.
Sur le pont supérieur, sont disposés des trébuchets pour lancer des pierres ou des bombes incendiaires
Le pont a l’allure d’une muraille fortifiée.

- La jonque “Mère et enfant” ( zimuzhou)

Une petite jonque (enfant) est cachée dans les flancs d’une plus grande (mère).
Les avirons sont sur le bateau mère et sont pourvus de longs dards de fer qui se fichent dans les coques ennemies.
On donne l’assaut en éperonne l’adversaire, puis on incendie le bateau mère et on prend la fuite sur la petite jonque.

- La jonque “En deux morceau” (lianhuanzhou).

la jonque se scinde par le milieu, abandonnant l’avant, bourré d’explosifs (des crochets se défont automatiquement) tandis que l’arrière seul prend la fuite.

- La jonque “Dragons rouges et dragons de feu” (chilongzhou, huolongchuan) :

La jonque, bourrées d’explosifs est pilotée par quelques marins qui doivent se jeter à l’eau lors de l’attaque.

Les navires chinois présentent un certain nombre de caractéristiques, dès avant la”Dynastie Song” dont certaines ne seront adoptées en Europe qu’au XIX ème siècle.

La coque :

Marco Polo décrit des jonque à plusieurs compartiments étanches, à l’époque mongole :

“Certaines nefs, et ce sont les plus grandes, ont en outre bien treize compartiments, c’est-à-dire des divisions de l’intérieur, faits de fortes planches bien jointes.”

“Ainsi donc s’il advient d’aventure que la nef soit crevée à quelque endroit, soit qu’elle se cogne à un rocher, soit qu’une baleine la frappant en cherchant sa nourriture la crève... alors l’eau entre par le trou et envahit la cale, qui n’est jamais occupée par autre chose. Les nautoniers trouvent l’endroit où la nef est crevée : les marchandises du compartiment qui correspond à la voie d’eau, on les vide dans les autres ; car, l’eau ne peut passer de l’un à l’autre, tant ils sont solidement fermés. Alors, ils répa-rent le bateau et remettent en place les marchandises qu’ils avaient ôtées. »

Cette caractéristique a certainement été facilitée par la forme de la coque des jonques.

En effet, elle-ci ressemble, en simplifiant un peu, à un tube de bambou coupé en deux dans le sens de la longueur. Le fond est en général arrondi ou plat, proue et poupe se terminant abruptement en forme de rectangle.

Cette forme de coque présente plusieurs avantages :

- simplicité de conception et de fabrication.
- grande solidité.
- faible résistance à la surface portante car le navire se déplace par glissement et non par division de l’eau.

Mais ce dernier avantage a son revers et c’est le principal défaut de ce genre de coque. en effet, elle présente une forte tendance à la dérive, que l’on compense par le gouvernail, des semelles de dérive ainsi que des ancres flottantes.

Le gréement :

Le gréement des jonques de mer est en général composé de trois mâts, plus rarement quatre. Les voiles sont, comme la coque, très différentes des voiles européennes,
puisqu’elles sont faites la plupart du temps de bambou tressé ou de jonc.

Ces voiles présentent de nombreux avantages et en particulier une grande simplicité de manœuvre. Le pliage est rapide et s’opère à partir du pont. Grâce aux vergues intermédiaires, elles se hissent et s’amènent facilement par n’importe quel temps.

Enfin, une voile endommagée conserve une surface rigide portante, alors qu’un trou dans une toile de voile européennes la rend en général inutilisable.

Les avirons :

De nombreuses jonques possèdent également des rames. celle-ci étant utilisée pour la manœuvre dans les port et sur les canaux.

Ces avirons présentent, eux aussi une originalité, non pas dans leur forme, mais dans la façon de les manœuvrer. Ibn Battûta nous en donne une description intéressante :

"Chaque jonque a environ une vingtaine d’avirons aussi grands que des mâts ; chacun d’eux est manié par une équipe de trente hommes (il s’agit de grandes nefs ayant six cents nautoniers) qui se tiennent debout sur deux rangs, l’un en face de l’autre. À chaque rame sont attachées deux énormes cordes, aussi épaisses que des câbles ; un des deux rangs d’hommes tire sur un câble (de son côté) puis le lâche tandis que l’autre rang tire sur le câble (qui est de son côté)... Ce faisant, ils chantent d’une belle voix en disant très généralement : la la, la la, tire, tire)".

Le gouvernail :

Le gouvernail des jonques présente deux particularités : il est vertical et mobile.

Il peut ainsi être relevé ou abaissé selon les circonstances. En position normale par petits fonds, ou descendu largement au dessous du plan de carène par grands fonds, de façon à augmenter son efficacité, et à constituer un plan de dérive.

Les ancres :

Les ancres ne sont pas faites de métal. Ce sont, pour les navires de mer, des ancres en bois ou parfois de grosses pierres tout simplement. À noter que les petites embarcations étaient munies en guise d’ancre d’un espar, ou d’une simple perche passant dans une cavité ménagée à la proue.

Les Roues à Aube :

Durant la Dynastie Song", une importante attention est donnée à la construction de jonques équipées de roues à aubes.
Ce système est connu en Chine depuis environ le Veme siècle, et certainement durant la dynastie Tang.
Les roues étaient actionnées par la force humaine et cette propulsion était utilisée principalement sur les canaux.
Sous la "Dynastie Song", il existe des bateaux à roues à aubes tellement larges qu'ils hébergent 12 roues de chaque côté du navire.
Evidemment, ce système perdure sous la "Dynastie Yuan".


Les plus grandes campagnes militaires maritimes chinoises ont lieu au début de la “Dynastie des Yuan” (Mongols de Chine).
En effet, Khubilaï Khan tentera, par deux fois, d’envahir le Japon avec une flotte chinoise et coréenne.

Deux articles, sur ce site, vous en parle

le premier est consacré à la bataille de Yamen qui, en 1279, oppose la flotte mongoles à la flotte song : La Bataille de Yamen
Le deuxième est consacré à l’invasion du Japon : Les Mongols au Japon

Image
Che Khan, votre humble serviteur
Image
Avatar de l’utilisateur

Maître des lieux

Messages: 1018

Inscrit le: 24 Sep 2005, 10:43

Localisation: Brabant Wallon

Message 30 Juin 2012, 12:52

Le “Moko Shurai Ekotoba”

Le “Moko Shurai Ekotoba”

Le “Moko Shurai Ekotoba”, parfois traduit en “Histoire des invasions mongoles” ou “Dit et Images des invasions mongoles” forment un emaki japonais (sous forme de rouleaux illustrés) datant de la fin du XIIIe siècle.

TAKEZAKI Suenaga était un samouraï de rang inférieur à Kyushu.

Afin de narrer au shogun ses exploits lors des deux grandes invasions et obtenir les honneurs qui lui seraient dus, il fait réaliser deux rouleaux illustrés.

Trois phases, aux quelles il participe, y sont présentées :

- La victoire des Japonais en 1274 à Hakata (Kyu-shu-), où Takezaki Suenaga s’illustre par une charge aussi vaillante que vaine.

- Son périple à Kamakura pour rapporter ses exploits durant la première invasion au shogunat.

- Sa participation héroïque lors d’une bataille navale en 1281, où on le voit aborder les navires de guerre
mongols.

Son courage et son initiative dans la défense contre les envahisseurs a été récompensé par un fief féodal à Kumamoto.

C’est pour montrer sa gratitude pour les bénédictions des dieux shintoïstes, qu’il commande une série de deux rouleaux de peinture par des artistes locaux. Il dédie oeuvre au sanctuaire shintoïste Kosa Daimyojin près de sa ville natale de Kyushu.

Aujourd'hui, cette série de deux de défilement est conservée dans le Musée des collections impériales (Sannomaru Shozokan) à Tokyo.

Si le récit se concentre sur les faits d’armes de Takezaki Suenaga et non sur la guerre dans son ensemble, il recèle de nombreux renseignements sur l’équipement, l’armement mais surtout sur la flotte des armées mongoles de cette époque.

Ci-dessous, deux barges de débarquement mongoles luttent contre les attaques des Japonais :

Image


Ci-dessous, une barge mongole prise à l'abordage par des samuraï à bord d'une petite embarcation ( Détail à gauche, Takezaki Suenaga égorge un soldat mongol) :

Image
Che Khan, votre humble serviteur
Image

Retour vers Présentation Générale

Qui est en ligne ?

Utilisateur(s) parcourant actuellement ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 2 visiteur(s)de passage

cron
Powered by phpBB © 2000, 2002, 2005, 2007 phpBB Group.
Designed by ST Software for PTF.
Traduction réalisée par Maël Soucaze © 2010 phpBB.fr
- Les Modifications du Style ont été réalisées par Alokhan, Commandant du Petit Iour Tchi.
- Le fond musical du site a été réalisé par Franck Mouzon sous licences Creative Commons.



Le site d'une artiste peintre : Anik



                              Retour � l'accueil