Message 22 Oct 2008, 19:59

La Lance

La Lance

Introduction:

La lance est un terme générique désignant une arme d'hast dotée d’une pointe emmanchée sur une hampe en bois. Si, sur les lances les plus récentes, les pointes sont en fer, nous trouvons également des pointes de silex, d’obsidienne ou de bronze.

La lance ne doit pas être confondue avec le pieux (sans doute l’une des plus anciennes armes de chasse et peut-être de guerre) ni avec le javelot (ou javeline) qui est une arme de jet.

En effet, la lance est une arme d'assaut qui n'est pas destinée à être lancée, malgré son nom.

Cette arme fut utilisée tant par les piétons que par les cavaliers.

On la trouve dans les formations d'infanteries comme la phalange grecque ou la phalange macédonienne, dans la légion romaine ou dans les formations de piquiers en carrés au XVIème siècle.

C’est aussi, après l’épée, la deuxième arme favorite du chevalier occidental pendant le haut moyen age.


La Lance chez les Peuples Cavaliers.

La lance est présente assez tôt dans l’armement des Peuples Cavaliers. En effet, on la trouve déjà dans la panoplie du guerrier scythe. Il semblerait, néanmoins, que cette arme n’est pas très répandue et qu’elle n’est employée que par certains cavaliers d’élite appartenant à la “noblesse”.

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Guerrier scythe

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Plaque d’os provenant de la nécropole d’Orlat près de Samarcande (Ouzbékistan actuel). La datation est incertaine, entre le IIIème et Ième siècle av J-C. Elle nous montre des cavaliers cuirassés, armés de longues lances mais aussi des archers ainsi qu’un cavalier armé d’un ‘pic de guerre’.

Nous retrouvons des lanciers cuirassé dans la cavalerie parthe. La présence de ceux-ci est attestée dans la Bataille de Carrhae, 53 av J-C

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Cavalier Parthe

Chez les Sarmates, il faut attendre les premières décennies du Ier siècle ap J-C pour voir apparaître dans la cavalerie sarmate l’utilisation de la longue lance (contus).
Il s’agit d’une cavalerie cuirassées, manœuvrant en escadron et utilisée comme force de frappe et de rupture. Ce cavalier portera le nom de “cataphractaires” et servira comme auxiliaire dans les armées romaines.

Ici aussi, il semblerait que cette cavalerie lourde soit composée par une élite provenant de la noblesse sarmate.

Le cavalier sarmate montait sans étrier et tenait sa lance à deux mains. elle permettait, dans la mêlée de frapper son adversaire de loin.

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Cavalier sarmate / Source : Les Sarmates de I Lebedynsky / Edition Errance



Petit à petit, cette cavalerie lourde va prendre sa place dans une stratégie militaire particulièrement bien réglée.

Les archers légers, en grand nombre, harcèlent les troupes ennemies par une pluie de flèche en évitant le combat. Ensuite, ils simulent la fuite entraînant l’armée ennemie exaspérée dans une poursuite désorganisée. Au moment propice, la cavalerie lourde, postée en réserve et à l’abris des regards entre dans la bataille, bousculant tout sur son passage. Il ne reste plus, alors, qu’aux archers légers de venir terminer le travail en éliminant les dernières troupes en déroute.

Les découvertes archéologiques nous apprennent que des fers de lance sont présents dans les tombes des guerriers huns. On peux en conclure que les Huns avaient également des lanciers dans leur cavalerie, peut être des Sarmato-Alains.

Nous trouverons des lanciers lourds chez les Jouen-Jouen, chez les Avars, chez les Khazars, chez les Kirghizes, chez les Qarluq, chez les Kiptchaq, dans les troupes timourides ou ottomanes et bien sur, dans les troupes Mongols.

Des lanciers lourds interviennent de façon déterminante dans la Bataille de ‘la Kalka’, 31 mai 1223 qui oppose les Mongols aux troupes russes.


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Armée mongole de Ghazan, khan gengiskhanide de Perse de 1295 à 1304 / Source : manuscrit réalisé à Hérat, vers 1430, Bibliothèque Nationale de France.

Certaines lances mongoles possédaient un crochet à la base de la pointe servant à attraper et à désarçonner les cavaliers ennemis.

ImageFer de lance à crochet
Che Khan, votre humble serviteur
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