Message 20 Oct 2005, 22:33

Le Kharezm

Le Kharezm


Le Kharezm (Khwarezm, Kharizm, Khorezm, Khowareszm ou Choarism) porte ce nom depuis l'Antiquité. Au IVème siècle av. J-C, Hérodote parle déjà des Choarismiens dans la seizième satrapie de l'empire des Perses, avec les Sogdiens, les Parthes et les Ariens.
Ils servent dans l'armée de Xerxès sous les ordres de leur prince. Quand Alexandre conquit la Sogdiane, Pharasmane, roi des Chovarismiens, vint lui faire hommage. On cite les Choarismiens, parmi les Scythes, avec les Sogdiens, les Dahes, les Massagètes.

Il semble que c’était déjà des cavaliers nomades, dominant l'oasis riveraine de l'Oxus (Amondaria). Cette région, comprise entre l'Oxus on Djihon (Gihon), la mer Caspienne et le Nord de la Perse, a d'ailleurs une histoire commune, disputée entre Iraniens et Touraniens, agriculteurs
sédentaires et pasteurs nomades. Les Parthes, les Perses, les occupants successifs de la Bactriane se la disputèrent, perpétuellement menacés par les peuples du Turkestan.

Au VIème siècle, les Turks Seldjoukides deviennent maître du Kharezm.

De 994 à 1231, la Kharezm forme une principauté indépendante, fondée par un chef türk aux dépens des Samanides. Les princes du Kharezm envahirent la Perse en 1193, et s'emparèrent en 1197 de Samarkande.

Les guerres civiles entre Seldjoukides permirent à Aziz et à son fils Il-Arslan (mort en 1172) d’agrandir leur zones d’influence et de s'emparer de presque tout l'Iran.

Les guerres civiles des deux fils d'Il-Arslan, Alaeddin Takach et Mohammed Sultanchah enrayèrent ces progrès. Au bout de vingt ans, le premier l'emporta et reprit les conquêtes. Il vainquit les atabecks (administrateurs) qui supplantaient les Seldjoukides, s'empara des provinces de Rei, Aderbaïdjan, Hamadan, Ispahan et mit fin à la domination des Seldjoukides en Perse.

Le fils d’Alaeddin Takach, Ala ad-Din Muhammad (1206-1220), fut le dernier et le plus grand des princes kharezmiens, amis éclairés des lettres et des arts. Son empire s'étendait du Sir-Daria au golfe Persique, sur presque toute la Perse et la moitié de l'Afghanistan. Il entra même en conflit avec la secte des ‘Assassins’ qui avait fait exécuté son ‘vizir’.

Malheureusement pour lui et pour son pays, Ala ad-Din Muhammad va également entrer en conflit avec un autre grand conquérant : Gengis Khan.

L’exécution de ‘diplomates mongols’ par le Shah du Kharezm va donner aux Mongols un bon prétexte pour déclencher une grande expédition militaire contre lui.

Quand l'armée mongole traverse le Sir-Daria, le Shah n’ose pas risquer son empire sur une seule bataille.

Il décide de mettre de fortes garnisons dans ses places fortes, Boukhara, Khodjend, Otrar, Samarkande, etc. Il espèrent, de cette manière, user l'élan des nomades de l'Asie centrale.
C’est bien mal connaître l’ennemi qu’il a devant lui. Les troupes de Gengis Khan aidées par des ingénieurs chinois prennent les villes une à une.

Le Shah, qui concentrait ses forces à l'Est de son empire, est bientôt traqué. Les villes d'Otrar (1219), de Boukhara (1220), Samarkande (1220) sont saccagées.

En 1221, la capitale, Gurgendj, est détruite par les fils de Gengis Khan (Djotchi, Djaghataï et Ogodaï), puis c'est le tour de la ville de Merv et de Nichapur à être martyrisée.
Par contre, la ville d'Hérat se rend sans combattre, sauvant ainsi sa population du massacre.

Suivi à la piste, Le Shah s'enfuit dans le Mazendéran et dans sa fuite meurt noyé quelque part près de la mer Caspienne, après avoir appris la capture de sa famille, le massacre de ses fils dont deux seulement survivent, Djalal ad-Din et Tatar Shah.

Djalal ad-Din opposa aux Mongols une résistance acharnée. Il sortira des déserts du Mekran, rassemblera à Ispahan ses partisans et s'établira dans les montagnes du Caucase et de la Perse septentrionale (Géorgie et Azerbaïdjan) d'où il guerroya contre les armées mongoles et les princes seldjoukides. Son refuge était la forteresse d'Ichlat.

Après une vie d'aventures glorieuses, il sera vaincu et assassiné par un Kurde (août 1231). Les débris des troupes kharezmiennes passeront en Syrie.

Par la suite, le Kharezm suit, avec la Perse, la destinée de l'empire des Mongols. Définitivement conquises par Hülegü Khan, ces régions furent soumises jusqu'en 1346 à ses descendants.

Ces mêmes Mongols sont bientôt absorbés par le monde perse.

En 1372, Hosein Sofi entre en lutte avec Tamerlan .

Tamerlan, parti de Boukhara, prend Ket, capitale de son adversaire mais ce n'est qu'à la cinquième campagne (1388) que le Kharezm fut définitivement soumis. Tamerlan procéda alors à la reconstruction des cités détruites. Sous ses successeurs, le Kharezm eut un siècle de bien-être tranquille.

En 1484, la Perse l'annexa. Mais les habitants du Kharezm étaient maintenant de fidèles sunnites (musulmans orthodoxes), réfractaires à la domination des chiites. Ils appelèrent contre eux un Turk, Ilban, qui chassa les Persans. Ce fut le premier khan du peuple des Ouzbeks qui désormais seront les maîtres du pays (1512).

Le Kharezm, à l'époque gengiskhanide (1220) :

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Articles annexes :

Batailles de la "Campagne du Kharezm" de Gengis Khan :

- Siège et Prise de Samarkande, mars 1220 (Campagne du Kharezm).
- Siège et Prise de Gurgendj, 1221(Campagne du Kharezm).
- Siège et Prise de Bamiyan; 1221 (Campagne du Kharezm).
- La Bataille de Perwan(Campagne du Kharezm).
- La Bataille de l’Indus, 24 novembre 1221(Campagne du Kharezm).
Che Khan, votre humble serviteur
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