Message 09 Déc 2014, 12:11

La Ville et la citadelle de Khara Khoto

La Ville et la citadelle de Khara Khoto

Khara Khoto (en mongol : Khar Khot "ville noire" et en chinois : Hēishuǐchéng : "ville de l'eau noire") était une ville et une citadelle tangoute.

Ses ruines sont actuellement situées en Chine (Mongolie-Intérieure)

La ville aurait été fondée vers 1032 par les Tanguts (Empire Si-Xia).

En plein désert de Gobi, la vie est possible grâce à l'eau de la "Rivière Noire" (qui a donné son nom à la ville) qui coule depuis l'Himalaya.

A chaque printemps, la fonte des neiges permet d'abreuver de nombreuses oasis.

Les peuplades nomades ont pu se fixer à ces oasis pour cultiver la terre et élever des bêtes.

Des canaux d'irrigation ont permis l'établissement d'un nombre toujours plus grand de populations. Située sur la route de la soie, la ville était une riche place commerçante aux portes de la Chine impériale (la ville est située sur un carrefour reliant Karakorum , Xanadu et Kumul).

Grâce à ce commerce, elle est devient un centre florissant à partir du XIème siècle.

En 1226, la ville est prise par les troupes mongoles de Gengis Khan. Néanmoins, elle n'est pas détruite et continue à prospérer sous suzeraineté mongole.

A l'époque de Khubilaï Khan,la ville est agrandie et atteint trois fois la taille de l'ancienne ville.

Marco Polo la cite dans son livre "Le Devisement du monde" sous le nom d'Eçina.


En 1372, les Chinois ( Dynastie Ming) décident de réduire la citadelle et de raser la ville.

En effet, ils sont en conflit avec les Mongols et veulent se débarrasser de cette place-forte stratégique et encombrante.


Dans un premier temps les remparts empêchent les Chinois de prendre la ville. Mais le général chinois comprend vite que la ville sans ses canaux d'irrigation ne peut pas résister à un siège.
Il donne l'ordre de remplir le canal principal d'une digue de sable (visible encore aujourd'hui) de plus de 20 mètres de haut. Coupée de son approvisionnement d'eau, a cité meurt de soif et de maladies diverses...

les Chinois prennent la ville sans difficulté et la détruise. Celle-ci ne sera plus jamais réoccupée.


Il est possible également que les destructions chinoises ne soit pas la seule explication de l'abandon de cette région. En effet, les géologues l'expliquent qu'un âge de glaciation intervint à la fin du XIVème siècle.

La fonte des glaces de l'Himalaya étant "gelée", l'eau ne coulait plus aussi abondamment qu'avant vers la ville.

Puis ce fut le lac de Juyan (à 20 km de la ville) qui s'assécha à son tour.

Aujourd'hui le sable est partout et seuls les vestiges des canaux et des remparts (avec leurs tours magnifiques) rappellent que ce lieu fut le siège d'une cité splendide et opulente et d'une forteresse importante.

Lors d'une expédition (1907-1909) en Asie centrale, Pyotr Kozlov Kuzmich (voyageur et explorateur russe) fait la découverte historique de Khara-Khoto (1908).

Il y trouvera plus de 2000 livres, parchemins et manuscrits en langue Tangute.
Des livres et des gravures sur bois sont trouvés, lors de fouilles dans un stupa en dehors des murs de la ville.

Entre 1983 et 1984, d'autres fouilles, chinoises cette fois ci, ont mis à jour quelques 3000 autres manuscrits.

Ces fouilles ont aussi révélé des matériaux de construction, des objets du quotidien, des instruments de production et d'art religieux.

La collection « Khara-Khoto » du musée de l'Ermitage de Saint-Pétersbourg comprend des peintures sur soie datées du XIIIème siècle et des fragments de porcelaine du XIVème siècle.
Che Khan, votre humble serviteur
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