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Régime alimentaire chez les Mongols

MessagePublié: 27 Sep 2005, 18:09
par Che Khan
Le régime alimentaire chez les Mongols.

A propos de la nourriture, û]Marco Polo[/u] nous apprend : ‘ Ils vivent de chair, de lait et de venaison’. .

C’est à dire : viandes, laitage et gibier. En effet les Mongols n’ont ni pain, ni légumes, ni riz, ni plantes potagères.

Viandes :

La viande est bouillie (l'odeur de la viande rôtie attire les loups).
Elle peut être cuite à l'étouffée à l'aide de pierres brûlantes -> le Khorkhog. Parfois le plat est agrémentée de millet concassé et d'herbes aromatiques, comme l'ek, sorte de serpolet.
Elle peut être cuite de l'intérieur. On utilise également des pierres chaudes mais que l'on place dans l'abdomen de l'animal -> Boodog


La viande provient du bétail (chevaux, moutons, yacks, chèvres) ou de la chasse. La chasse est d'ailleurs une activité très importante. Elle permet de nourrir la tribu ou l'armée. On chasse généralement à cheval, parfois au faucon ou à l'aigle.

Tout se chasse : le loup, le renard, la marmotte, l’antilopes, le mouflons, etc. ..
Dans l'animal, tout se mange : tête, tripes, yeux, sang, graisse...
Un espion khwarezmite rapporte avoir vu un Mongol ramollir un boyau séché dans de l'eau, saigner son cheval pour remplir le boyau de sang, puis faire bouillir ce genre de boudin pour le dévorer.
D’une manière général, la viande est mangée fraîche mais elle peut aussi être séchée.
Elle est découpée en lamelle et séchée au soleil et à l’air. Cette viande est alors rangée dans des sacs de peau, sec et hermétique. Elle se conserve pendant l’hiver et peut être mangée telle qu’elle ou en soupe.
Le porc et les sucreries sont réputés immangeables.

Laitages :

Les Mongols consomment aussi bien du lait de vache que du lait de jument mais aussi du lait de chèvre, de brebis voir de chamelle (très nourrissant).
Le lait est bouilli, mais il est rarement bu (ou alors en petite quantité et par les enfants).
Par contre , ils se nourrissent d’une variété extraordinaire de dérivés du lait.
Crème, beurre, fromages, laitages caillés (le tarag est proche du yoghout).
La boisson nationale est l'aïrag (dit koumis en français d'après un mot russe). Il s'agit de lait de jument fermenté faiblement alcoolisé (autour de 1 degré), moussant comme de la bière, aigre au goût. D'ordinaire très sobres, les Nomades se livrent à des beuveries sauvages lors de célébrations particulières (mariages, fêtes religieuses...).



Ibn Batouta lors de son extraordinaire voyage à travers les pays musulmans rencontre le Khan de la ‘Horde d’Or’ (1332-1333) .

Soucieux du détail, il donne quelques indications sur ce qui se mangeait au sein de la caravane mongole dont il faisait partie :

Ces gens consommaient le " dugi ", une sorte de " porridge " de millet sur lequel ils versaient du lait caillé. Le plus souvent, ils mangeaient de la viande de cheval ou de mouton. Ils consommaient aussi la " rishta ", une variété de macaronis cuisinés avec du lait. Ils buvaient du lait de jument et une boisson alcoolisée, la " buza ", obtenue à partir de céréales fermentées.

Les Mongols ne voyaient rien de mal à consommer des boissons alcooliques alors qu’en bon musulman, Ibn Battuta en était particulièrement choqué.

Le thé ne semble pas avoir été consommé par les Mongols du XIIIème et XIVème siècle. La production et la consommation du thé n’avait pas encore gagné l’ensemble de l'Asie à cette époque.

Régime alimentaire chez les Mongols

MessagePublié: 13 Fév 2014, 19:32
par Che Khan
Guillaume Rubruck en parle dans son livre :

Ils mangent indifféremment de toutes sortes de chairs mortes ou tuées ; car entre tant de troupeaux de bêtes qu’ils ont, il n’est pas possible qu’il n’en meure beaucoup d’elles-mêmes ; toutefois en été, tant que leur koumis ou vin de jument dure, ils ne se soucient pas d’autre nourriture ; de sorte que si alors il arrive que quelque bœuf ou cheval meure, ils le sèchent, coupé par petites tranches, le pendant au soleil et au vent ; ainsi la chair se sèche sans sel ni sans aucune mauvaise senteur.

Ils font des andouilles de boyaux de cheval, meilleures que celles qui se font de pourceau, et mangent cela tout fraîchement, gardant le reste des chairs pour l’hiver.
Des peaux de bœufs ils font de grandes bouteilles, qu’ils sèchent bien à la fumée, et du derrière de la peau du cheval ils font de très belles chaussures.

De la chair d’un mouton ils donnent à manger à cinquante, et même cent personnes ; ils la coupent fort menue en une écuelle, avec du sel et de l’eau, qui est toute leur sauce ; puis avec la pointe du couteau ou de la fourchette, qu’ils font exprès pour cela, et avec quoi ils mangent des poires et pomme cuites au vin, ils en présentent à chacun des assistants une bouchée ou deux, selon le nombre des conviés ; pour le maître, comme on lui a servi la chair du mouton, il en prend le premier ce que bon lui semble ; s’il en veut donner à quelqu’un un morceau, il faut que celui-là le mange tout seul, et aucun autre ne lui en oserait présenter.

Que s’il ne peut achever tout seul, il faut qu’il emporte le reste, ou le donne à son valet, pour le lui garder, ou bien qu’il le serre en « saptargat », c’est-à-dire en son escarcelle ou bourse carrée, qu’ils portent sur eux pour mettre de telles choses ; ils y serrent aussi les os quand ils n’ont pas eu le temps de les bien ronger et curer, afin de les achever après tout à leur aise, de peur que rien ne s’en perde.