Message 18 Oct 2013, 21:56

Les “Grandes Chasses” chez les Mongols.

Les “Grandes Chasses” chez les Mongols.

Introduction :

La chasse, chez les “Peuples Cavaliers”, avait une grande importance et pour plusieurs raisons.

- Elle avait un rôle économique en participant à un apport à l’alimentation et à l'acquisition de fourrures (pour leur usage personnel ou pour le commerce).

- Elle avait un rôle sportif en entretenant la forme physique et les réflexes nécessaires à la guerre.

- Elle avait un rôle social en étant l’une des principales activés de loisir pour les hommes

- Elle avait un rôle symbolique en liant des rapports étroits entre les animaux et les chasseurs.

La chasse pouvait être individuelle ou collective.

Les “Grande Chasses” :

Les “Grandes Chasses” (gorugen) chez les Mongols étaient des chasses collectives, organisées à l'échelle du clan, de la tribu, d’une “confédération de tribus” ou à l'échelle de l’Empire (lorsqu’il y a un Empire).

Quelle que soit l'échelle, elle dépend toujours d’un chef (chef de clan, de tribu, de confédération de tribus ou de l'empereur).

A l'échelle de l’empire, ces “Grandes Chasses” pouvaient englober des milliers de participants sur un immense territoire.

Le but étant d’organiser une immense battue afin de faire confluer le gibier (toutes espèces confondues) vers un espace réduit ou celui-ci était abattu selon un rituel particulier.

Le début de la saison des “Grandes Chasses” se situaient en automne ou au début de l’hiver. C’est pourquoi, il était généralement interdit de chasser le gros gibier entre mars et fin octobre. Cette interdiction ne concernait parfois qu’un territoire précis.

A l’époque mongole, les Khans organisaient, chaque automne des ”Grandes Chasses” servant d’entraînement aux corps de cavalerie. La cohésion de l’armée était testée, les officiers montraient leurs capacités et les jeunes recrues recevaient leur “baptême du feu”.

Ainsi, en 1224, Gengis Khan organise une “Grande Chasse” qui dure près de deux mois, monopolise 100.000 hommes et couvre un cercle d’un rayon de 500 kilomètres.

L’organisation de cette chasse est quasi militaires. Des éclaireurs sont envoyés afin de repérer à quel endroit le gibier est abondant. Une fois renseigné, Gengis Khan met ses troupes en route. Comme pour une campagne militaire, les chasseurs sont divisés en trois colonnes (deux ailes et un centre). Par un grand mouvement tournant, les chasseurs forment le “grand Cercle” dans lequel le gibier se trouve prisonnier. ensuite, les chasseurs rabattent devant eux le gibier en réduisant le cercle de chasse pour, à la fin, concentrer le gibier sur une petite surface restreinte (le dernier cercle).

Alors et seulement après que Gengis khan ai tué le premier animal, la curée pouvait commencer.

On le voit, les Mongols considéraient les “Grandes Chasses” comme un équivalent à la guerre. Ou plutôt, ils faisaient la guerre comme si c’était une “Grande Chasse”.
En effet, comme un vulgaire gibier, l’ennemi étaient encerclé, par ruse on lui tendait des pièges, on l’attirait à un endroit précis ou il était massacré.

Lors de leur voyage, Odoric de Pordenone et Guillaume Rubruck relateront des “Grandes Chasses” dont ils seront les spectateurs.

Valeur Symbolique :

Le chef (le Khan pour l’Empire) agissait comme grand maître de la chasse.

Il pouvait, quand sa puissance était grande, se réserver des territoires où nul autre que lui ne pouvait forcer le gibier.

Toute une série de symboles et de tabous, liés au chamanisme, entouraient ces “Grandes Chasses”.

Ainsi, c’est au chef qu’il revenait à commettre le premier meurtre, le meurtre le plus dangereux, celui qui risquait plus que d'autres d'attirer sur lui les représailles de l'espèce attaquée ou de ses maîtres surnaturels.

Selon un texte chinois, en 1058, le souverain des Khitans, au cours des grandes battues et quand le cercle avait été refermé sur les animaux, devait intervenir avant tous les autres (ce qui indique que les “Grandes Chasses” existaient déjà avant les Mongols).

Ata-Malek Jovayni, homme politique et historien perse, précise que parfois il devait prendre l'animal de sa propre main.

Nous trouvons également dans les “Grandes Chasses” la coutume d'épargner le dernier animal (ou un couple) de chaque espèce et de le laisser quitter le cercle sans dommage.
Cette coutume est à mettre en parallèle avec celle qui faisait épargner un enfant lorsqu’une tribu était éliminée (voir les Enfants Adoptés).

Le droit aussi grave que celui de tuer ne pouvait pas être accordée à la légère. Elle n'était octroyée qu'à un homme fait et dûment initié.
Les enfants, par jeu et pour s'exercer, n'avaient que le droit d'abattre de petits animaux tels que les rats ou les belettes, voire les lièvres et les renards.


Grandes Chasses chez d’autres “Peuples Cavalier” :

Nous l’avons vu plus haut, des sources chinoise indiquent que les Kithans pratiquaient des “Grandes Chasses” collectives.

D’autres sources chinoise (le Shiji ) précisent que les Xiongnu s'entraînaient; également, à la guerre lors de “Grandes Chasses” collectives.

Les Bouriates la pratiquait encore au XVIème et XVIIème siècle.

En Asie centrale, les grandes battues aristocratiques disparaissent dans la deuxième moitié du 19ème siècle, lorsque la colonisation russe efface les émirats et les khanats locaux.
Che Khan, votre humble serviteur
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