Message 04 Mai 2008, 14:46

La Coiffe Féminine chez les Mongols

La Coiffe Féminine chez les Mongols


Les femmes mariées de l'Aristocratie Mongole, suivant leur rang social, portaient des parures terriblement complexes, lourdes et pleines de pendentifs (perles et bijoux en métal)

Une légende prête à Gengis Khan l’introduction de ces coiffes sophistiquées. Il aurait décrété pour prévenir l’évasion des prisonnières que l’on fixe sur leur tête une sorte de joug en bois sur lequel étaient accrochées des clochettes.

La réalité est sans doute plus pragmatique et l'existence de ses coiffures plus ancienne.

- Plus pragmatique :

La richesse chez une civilisation nomade n'est pas à rechercher dans l'architecture mais dans les objets usuels, dans la bijouterie, les parements ou dans la multitude des objets d'usage quotidien. L’homme va préférer des objets tel que ses armes, l’arnachement de sa monture ou sa ceinture, la femme va se tourner vers les bijoux, des bijoux qui vont entre autre décoré sa chevelure .
Grâce à ses bijoux, elle va affirmer son rang social, mais aussi assurer un placement qui peut servir en cas de nécessité ( entre 1897 et 1914, certains géographes russe, qui ont vécu en Mongolie signalent avoir vu des parures féminines dépassant parfois les 1000 Roubles Or).

- De tradition plus ancienne :

Des statues funéraires de femmes kiptchaq datant du XIème siècle et portant des coiffures similaires ont été retrouvée dans des tombes ukraino-russes.

La Coiffe :

La coiffe est composée de deux parties : les pendentifs et la perruque, sur lesquels ont été ornées des pièces en or et en argent, des objets composés de corail, d’agate, de perles ou d’autres pierres précieuses.

La fabrication est complexe et demande beaucoup de soin. Pour les rendre plus jolies encore, on n’a cessé d’en améliorer l’aspect jusqu’à leur forme actuelle.

Il faut en général une dizaine de jours pour en produire une coiffe et bien sûr, tout est fait à la main.

Les coiffes, qui pouvaient peser plusieurs kilos n'étaient pas portées en permanence.

Les femmes devaient les porter pour accueillir les hôtes ainsi que pendant les fêtes et les moments importants de la communauté (mariage).Les coiffes modernes ont bien évolué.
On insiste désormais sur le côté esthétique de l’objet. Tout en respectant la tradition, on accorde plus d’importance à l’effet décoratif.

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Les coiffes étaient différents selon les tribus.

Au musée régional de la Mongolie intérieure on peut admirer une collection de 23 coiffes représentant 23 tribus mongoles.
Toutes plus belles les unes que les autres, la plus somptueuse et la plus attrayante est celle de l’épouse du dernier prince de Mongolie intérieure, Tao Getao. Elle pèse un peu plus de 7 kg.

Tao Getao qui descendait de Gengis Khan (34ème génération) nous dit :

- Je me suis mariée avec le prince à l'âge de 17 ans. Dès mon arrivée, on m'a conduite dans une yourte et on m'a aidée à bien disposer mes cheveux pour porter la coiffe. C'est ma belle-mère qui m'a légué celle-ci . On dit que beaucoup de générations se l’était déjà transmise.


On peut observer sur cette coiffe que les pendentifs plaqués d’or présentent 5 genres de motifs différents : le corbeille à fleurs, la calebasse, le nœud, le nuage et la monnaie. On peut compter 9 pièces pour chacun des ces motifs, soit 45 motifs à gauche et 45 motifs à droite. En bas sur les clochettes a été gravé le tableau des Huit Trigrammes. En haut, on devine une petite roue de la loi. La boucle se trouvant à coté de l’oreille est incrustée d’une centaine de pièces de corail. De l’extérieur à l’intérieur, il forme le mot “retour”.

La coiffe de Tao Geato date de l'époque ou l’ethnie mongole était sous déjà sous l’influence du bouddhisme et du taoïsme.

- Le Boghtag :

Ci-dessous, un autre type de coiffe possédant une partie s'élevant très haut au dessus de la tête, le boghtag.
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Portrait de Chabi (épouse de Khubilaï Khan).

Jean de Plan Carpin en fait la description lors de son voyage en 1246 :

Sur la tête elles portent je ne sais quoi de rond fait d'osier ou d'écorce qui s'étend plus d'une aune de long, se termine au haut en carré, et va depuis le bas jusqu'au haut, toujours en élargissant ; il y a au bout une petite verge longue et menue d'or ou d'argent, ou de bois, ou bien une plume : et cela est attaché sur un bonnet qui s'étend jusques sur les épaules. Cette sorte de coiffure est couverte de bougran, ou de pourpre et d'écarlate ; et sans cet ornement elles ne se montrent jamais devant les hommes, et par cela on les reconnaît d'avec les autres femmes.

Sur la peinture ci-dessous, on peut observer que toutes les femmes représentées portent ce type de coiffure.
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Miniature persane décrivant une cérémonie à la cour des Ilkhan (Mongols d'Iran, 1330)

- Le Toortsog :

Il existe également une coiffe plus simple appelée ‘ toortsog’. elle se compose d’un chapeau de soie circulaire décoré parfois d’une franche de perles.

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remarque : Dans l’Episode I de “Star Wars”, Les coiffures de la reine Amidala sont très largement inspirées des coiffes mongoles.

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Saboudaï, Grand Intendant.
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