Logo Yourte                              

L'Art du Tapis


Le mondes des Arts chez les 'Peuples Cavaliers'.

Modérateurs: Che Khan, Alokhan, Dame Annick, Tsagan Qütu

Avatar de l’utilisateur

Aide de Khan

Messages: 40

Inscrit le: 24 Sep 2005, 22:55

Localisation: Brabant Wallon

Message 10 Nov 2007, 18:32

L'Art du Tapis

L'Art du Tapis, Introduction

L'utilisation de peaux de bêtes et fourure précéda certainement celle des tissus. Il fallait se protéger du climat rigoureux, isoler l'entrée des huttes, adoucir la rudesse du sol en les déposant par terre.

Ensuite, de la simple natte de paille, les hommes connurent le coton, le lin, le chanvre et surtout : la laine.
A l'imitation des branchages, ils entrecroisèrent les fils et fabriquèrent des trames.
Alors, très lentement, naquit l'usage du textile.

Ainsi, L'Egypte, la Chaldée, l'Asie mineur, la Perse, la Chine, berceau des premières civilisations connaissent très tôt l'étoffe.
Une étoffe qui leur permirent de fabriquer toutes sortes d’objets dont les tapis qui sera le sujet de cette article.

Le tapis n’est pas un objet spécifiquement lié aux ‘Peuples
Cavaliers”. Néanmoins, il est très présent chez les peuples nomades. tellement présent que sa fabrication peut être considérée comme un art à part entière.

Les Égyptiens avaient sans doute des “tapis de laine" puisque Diodore de Sicile nous apprend qu'on en couvrait les animaux sacrés et que l’on peut admirer au Louvre une statuette du dieu Apis avec un tapis figuré sur le dos. Mais nous trouvons également des tapis égyptien faits en lin.

C'est en Perse et en Assyrie, que la beauté des étoffes semble avoir atteint un degré tout particulièrement élevé. Pline nous enseigne que les tissus de couleurs variées étaient appelés "Babyloniens" en l'honneur des célèbres manufactures qui les produisaient.

Phrygiens, Lydiens, Phéniciens commerçaient déjà dans le monde antique en vendant les fameux tapis de Smyrne.

Ils firent connaître les tapis aux Grecs. Sous les pieds d'Athëné Télémaque place un tissu d'un travail varié, Hélène travaille à des tapisseries, Pénélope tisse sa toile et dans L’Iliade, on mentionne plusieurs fois la présence de tapis "velus".

Mais c’est surtout en Orient et en Asie centrale que le tapis devient un des éléments les plus traditionnels du décor . L'un des plus vieux tapis datant du Vème siècle avant J.C. a été retrouvé dans l'Altaï sibérien (nous en parlerons plus avant)

Les tapis d'Orient viennent de toute l'Asie : Turquie, Caucase, Perse, Turkestan jusqu'à la Chine.

Au moyen Age, les croisés européens et les marchands ont rapporté de leurs expéditions de nombreux tissus précieux d'origine islamo-asiatique pour les offrir aux églises chrétiennes
comme mais aussi de nombreux tapis destiné à orner les châteaux et les demeures bourgeoises.

Le marchand, Jacques Cœur , réalisera une partie de sa fortune grâce à ce lucratif commerce.


- Les Tapis de feutre

Il est fort possible que les premiers tapis furent fabriqués en feutre (voir La confection du feutre)


Les Kirghizs et les Kazaks ont une longue tradition de tapis de feutre qui perdurent à ce jour.
Les Mongols ont également utilisés des tapis de feutre.



- Les Tapis Noués

Le tapis classique de cette période est généralement fait de minuscules nœuds en laine et en soie.
Les tapis sont noués sur des métiers verticaux ou horizontaux. Pour les métiers dont la chaîne est verticale, il existe des variantes qui tiennent compte de la longueur du tapis.
La soie est employée en chaîne en raison de sa solidité, mais aussi en trame pour sa brillance. Le montage des fils de chaîne se fait en fonction de la finesse désirée du tapis.
Par contre, dans les tapis ‘tribaux’, les fils de chaîne sont habituellement faits de laine de mouton ou de chèvre.

Les nœuds qui forment le velours s'entortillent généralement au tour d'une paire de fils de chaîne, il s'agit de tapis türk, de telle sorte que les deux fils s'embrassent par le dessus et que la touffe de fibres surgisse entre les deux.

Chaque type de noeud a un nom : noeud asymétrique (noeud persan, de Senneh), nœud symétrique (noeud turc : Ghiordès nom d'une ville d'Asie Mineure célèbre pour ses tapis), farsibaff ou farsbaf, turkbaff ou turkbaf, noeud tibétain, noeud berbérian, noeud espagnol.

Pour le nœud persan, le premier fil est entouré, le second enlacé de sorte qu'après chaque fil de chaîne surgisse une touffe de fibres. Après chaque nœud, on égalise superficiellement.

Chez les tapis persans, nous trouvons deux styles, l'un à lignes droites et l'autre à lignes courbes où les dessins sont très riches.

Par contre, les tapis chinois sont surtout employés comme tenture murale. Dans la majorité des cas, les couleurs des tapis sont dans les gammes de rouge, de bleu et d'ivoire.

- Les Tapis Tissés

En dehors des tapis noués, il existe des tapis tissés. c'est la forme primitive des tapis d'orient.
Les Kilims ou Kelims appartiennent à cette catégorie (voir plus loin). Ils ont une surface lisse et sont travaillés avec beaucoup de soin des deux cotés. Ils sont parfois tissés en fils de soie et de métal.

- Le Kilim

Le kilim, également orthographié klim ou kélim (mot d'origine turc), est un tapis dépourvu de velours car il est tissé au lieu d'être noué.

Il est décoré de motifs géométriques, rectilignes, le dessin est généralement petit, fidèle et soigné. Il est tissé avec une laine fine et résistante. Les couleurs sont aussi chatoyantes que celles des tapis noués. Le kilim n'ayant ni d'endroit, ni d'envers, chaque face peut être mis en valeur. (sauf pour les tapis kilim indiens).

Son nom, qui provient du persan gelim, sert à désigner un tapis de laine à point plat qu'on trouve principalement au Proche-Orient, dans le Caucase ainsi qu'en Asie centrale et qui a vu le jour il y a près de 10 000 ans comme l'attestent de nombreux vestiges.

Jusqu'à une période très récente, les kilims ne sont pas confectionnés dans un but commercial et conservent donc leur authenticité. Ils représentent à la fois la mémoire et l'identité des peuples sédentaires, nomades et semi-nomades qui les tissent. Chaque tribu et chaque village possède son propre style : couleurs chatoyantes ou sobres, décors
complexes ou épurés suivant les régions. Leurs motifs constituent une forme d'écriture symbolique héritée des anciennes croyances chamanistes. On retrouve également parmi les motifs de nombreux tamgas .

Les kilims sont uniquement faits de fil de chaîne et de fil de trame.

Deux fils forment la trame :

- le premier est utilisé pour le décor du tapis.
- le second est destiné à consolider le tapis.

Le fil servant au décor est enroulé au point de chaînette autour de deux fils de chaîne. Le dessin du kilim, de par sa méthode de fabrication, est plus rudimentaire que sur les tapis noués.

Bien que fabriqué sans velours, le kilim est très résistant du fait de la double trame qui donne un tissage serré. Il n'a cependant que peu d'adhérence au sol.
Dame Annick, Aide de Camp de l'Ordoo du 'Corbeau Rouge'
Image
Avatar de l’utilisateur

Aide de Khan

Messages: 40

Inscrit le: 24 Sep 2005, 22:55

Localisation: Brabant Wallon

Message 10 Nov 2007, 18:42

L'Art du Tapis

Le tapis chez les “Peuples Cavaliers”


La fabrication des tapis a très certainement commencé chez les nomades d'Asie, qui en restent les grands maîtres. En effet, roulés et transportés sans difficultés, ils font partie intégrante de leur vie quotidienne.

Objet à la fois utile et prestigieux, Il sert principalement à l’isolation des yourtes (sol et mur en treillis) et à leur décoration.
Comme la plupart des objets utilitaires chez ces peuples, la réalisation de ses tapis va devenir un véritable art et peut être, un des plus ancien.

Les archéologues estiment qu'on fabriquait déjà des tapis au Turkménistan au VIème siècle av J-C. Les découvertes archéologiques ont même montré que les motifs du début du premier millénaire avait peu de différences avec les motifs toujours tissés aujourd'hui.

Mais le plus ancien tapis noué du monde est scythe et date du Vème siècle avant notre ère.
Il a été découvert en 1947 lors des fouilles effectuées par l'académicien soviétique Rudenko.

Ce tapis se trouvait dans un tombeau scythe à Pazyrik, dans les montagnes de l'Altaï près de la frontière chinoise et faisait partie d'un trésor royal. Il mesure 1,82 mètre sur 2 mètres et est composé de 4000 noeuds au décimètre carré. Cette densité équivaut à celle des tapis actuels les plus réputés.
De matière périssable, le tapis avait été miraculeusement conservé comme pour les mammouths de Sibérie, par congélation. On peut l’admirer au Musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg.
Dans la même tombe on découvrira également un autre tapis d’une surface de 30 m². Celui-ci était un tapis de feutre représentant une scène d’investiture répétée plusieurs fois, où, devant une déesse assise, un cavalier tient en main un arbre de vie.

Le tissage des tapis est principalement l'art des femmes. Elles commencent lorsqu'elles sont très jeunes alors que leurs doigts fins leur donnent une grande dextérité et une grande rapidité d'exécution. Cette tradition se perpétue encore aujourd'hui en Turquie dans de nombreux villages.
Les premiers tapis furent des tapis tissés. les tapis noués vinrent ensuite.


- Les tapis Turkmènes :

Les Tapis sont aux Turkmènes ce que les Pyramides sont aux Égyptiens.
Représentant le monde nomade, ils ont leurs propres caractéristiques. En effet, les motifs d'un tapis turkmène ne sont pas le fruit du hasard. Ils sont extrêmement colorés, géométriques, et riches de traditions ancestrales. On y retrouve encore aujourd’hui des motifs de Tamgas lié aux appartenances tribales.


- Les Tapis Türk :

La particularité du tapis türk réside dans le noeud utilisé : le noeud turc ou Ghiordes. Ils sont fabriqué en laine, en coton et en soie.

Les tapis turks furent importés en Europe dès le XIIIème siècle. Ils étaient considérés comme des objets de luxe.
L'histoire du tapis à nœuds en Turquie débute avec l'invasion des Seldjoukides. Certains échantillons datant du XIIème siècle mettent Konya en tête des villes d'Anatolie. Ils sont décorés d'étoiles, de losanges, d'ornements géométriques, d'oiseaux, de dragons. La culture islamique a eu une influence profonde sur l'histoire du tapis. Les Ottomans se conformant strictement aux pratiques sunnites, interdisent toute représentation humaine, même imaginaire. La décoration se trouve limitée aux formes géométriques, aux fleurs et arbres stylisés, aux niches de prières, mais on retrouve chez eux plusieurs influences :

- L'influence byzantine par la disposition des dessins géométriques qui se répètent semblables à de la mosaïque.

- L'art calligraphique des artistes musulmans.

- L'influence chinoise (lotus, banderoles de nuages, oiseaux, dragons).

On y découvre les plus beaux décors ottomans.

A partir du XVIème siècle, l'éventail des motifs utilisés s'ouvre d'avantage et inclut la spirale, la bande de nuages, les rosettes, les palmettes. Le principal centre de fabrication se trouve à cette époque à Usak. Des arabesques formant une suite de losanges, zigzags, entrelacées, sont très caractéristiques de ces tapis.


- Les Tapis du Caucase

Ses tapis appartiennent à la famille des tapis noués. Réalisé par les populations nomades ou semi nomades, ici également, ce travail est effectué par les femmes. Le métier à tisser utilisé est horizontal car plus facile à transporter.

La fabrication de ce type de tapis ne diffère en rien des autres tapis orientaux si ce n'est le nouage à densité peu élevée et l'utilisation pratiquement unique du nœud turc ghiordès.
La laine épaisse et brillante en est la matière première. La chaîne et la trame sont également en laine, parfois mélangée de coton ou de poils de chèvre. Les types de tapis varient selon la ville ou la région de tissage, mais gardent un caractère commun dans le motif ou le type de composition. Leur forme le plus souvent de petite taille, peut se présenter sous forme d'un couloir étroit de 4 à 5 mètres de long.


- Les Tapis Mongols


Ni tissé, ni noué, le tapis traditionnel mongol est un tapis de feutre avec sur les extrémités une tresse en crin de cheval. Tous les motifs sont également cousus en crin de cheval.

Normalement, le tapis avait la forme et la surface d'un quart ou d'une demi yourte.

Ce n’est au contact des autres civilisations (Chine et Iran principalement) que les Mongols découvriront (et utiliseront) les tapis noués ou tissés
Dame Annick, Aide de Camp de l'Ordoo du 'Corbeau Rouge'
Image
Avatar de l’utilisateur

Aide de Khan

Messages: 40

Inscrit le: 24 Sep 2005, 22:55

Localisation: Brabant Wallon

Message 10 Nov 2007, 18:54

L'Art du Tapis

Quelques Tapis et Kilim


Image
Kilim türk

Image
Kilim perse

Image
Kilim d'Iran (ce kilim fait partie de mes objets perso et décore notre maison. Il mesure 1 / 1,40 m)


Image
Tapis kazakh (noué)

Image
Tapis kazakh (feutre)

Image
Tapis turkmène (noué)

Sur la photos ci-dessous, nous pouvons observer 2 femmes kazakhe tissant un kilim sur un métier horizontal.
Image
Photographie réalisée par Samuel M. Dudin (photographe ukrainien) en 1889 / source : Les Premiers Cavaliers / Editions Time-Life
Dame Annick, Aide de Camp de l'Ordoo du 'Corbeau Rouge'
Image
Avatar de l’utilisateur

Maître des lieux

Messages: 1018

Inscrit le: 24 Sep 2005, 10:43

Localisation: Brabant Wallon

Message 15 Juil 2014, 09:51

L'Art du Tapis

Fabrication d'un tapis de feutre

Chez les Kirghiz et en visualisation sur "youtube" :

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=rw1NSAVLP6U[/youtube]
Che Khan, votre humble serviteur
Image

Retour vers Le Monde des Arts

Qui est en ligne ?

Utilisateur(s) parcourant actuellement ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 1 visiteur de passage

Powered by phpBB © 2000, 2002, 2005, 2007 phpBB Group.
Designed by ST Software for PTF.
Traduction réalisée par Maël Soucaze © 2010 phpBB.fr
- Les Modifications du Style ont été réalisées par Alokhan, Commandant du Petit Iour Tchi.
- Le fond musical du site a été réalisé par Franck Mouzon sous licences Creative Commons.



Le site d'une artiste peintre : Anik



                              Retour � l'accueil