Message 05 Mars 2010, 18:43

Les Sicules

Les Sicules

Les Sicules (Székelyek en Hongrois ou Secui en Roumain) sont une des composantes de la minorité magyarophone (Hongrois) de Roumanie, essentiellement regroupés en Transylvanie et dont la base historique est la ville de Székelyudvarhely (ou Odorheiu Secuiesc). L'essentiel de leurs effectifs se retrouve dans les départements montagneux de Harghita et Covasna.

Constituant environ un tiers de la minorité magyare Roumaine, soit près de 500 000 personnes sur 1 434 377 (2002).
Leur proportion pourrait être plus importante car à l'interieur de cette minorité hongroise, des dizaines de milliers de ‘Rroms’magyarophones se déclarent hongrois à l'occasion des recensements. Les citoyens Roumains d'origine hongroise constituent au total 6,6 % de la population du pays (2002).

Les Sicules ont réussi à préserver leur langue, leurs traditions et leur identité au cours des siècles et sous différentes férules avec un succès particulièrement notable, ce même pour les standards centre- et est-européens. Cependant, de nouvelles tensions apparues après la chute du communisme, ainsi que la recherche de meilleures conditions de vie, auraient conduit plusieurs milliers de Magyars Roumains à aller s'installer en Hongrie (200 000 personnes sur 15 ans). Avec l'adhésion de la Hongrie à l'Union européenne, on estime que chaque année 20 000 citoyens Roumains d'origine magyare partent s'installer en Hongrie.

Les origines précises des Sicules (comme celles des Csangos) sont encore vagues et sujettes à débat :

- Thèse hunnique :

Une première théorie les considére descendants des Huns. Après la défaite d’Atilla et la fin de son empire, une partie des Huns se serait réfugiés dans les montagnes. On peut oppose à cette théorie que les Huns, peuple nomade et cavalier, étaient cependant inadaptés pour une vie isolée dans les montagnes.

- Thèse avar :

Certains les lient au peuple proto-Mongol des Avars. Il est possible que le peu d'Avars restés en vie après la défaite devant les Francs en 805 se réfugient tout simplement dans les montagnes des Carpates. Il n'y a cependant à l'heure actuelle aucune preuve archéologique de leur présence dans l'habitat montagneux des Sicules.

- Thèse khazar :

Une autre théorie les considère comme des Khazars magyarisés. Peuple Turc d'Asie Centrale, converti au judaïsme, puissant au VIIème siècle dans la région de la mer Caspienne où ils stoppèrent l'avancée de l'Islam, on suppose que certains survivants émigrèrent vers les actuelles Hongrie et Roumanie après leur défaite de 965 devant les Slaves. Cela suppose la christianisation tardive de ces Khazars, au contact des Magyars, eux-mêmes chrétiens après le début du XIème siècle.

- Thèse magyare :

D'autres hypothèses encore les lient directement aux Magyars de Hongrie, attribuant leur dialecte et les différences culturelles à la relative isolation des montagnes où ils auraient vécu depuis le IXème siècle : la colonisation Sicule serait alors liée à la fonction de garde-frontière qu'ils tenaient aux portes du royaume de Hongrie.

Même si le débat reste ouvert, les historiens penchent en général pour une migration antérieure ou au moins favorisée par la conquête de la Pannonie à la fin du IXème siècle.

Les Sicules auraient alors constitué une première vague migratoire, hors du territoire magyar originel de l'Etelköz (entre le Don) et les Carpates, soit l'Ukraine actuelle).

Il semble que la description la plus précise faite des moeurs, de l'histoire et des territoire sicules date du XIXème siècle : A Székelyföld leírása, rédigée entre 1859 et 1868 par Balázs Orbán.

Les Sicules formaient une population déjà bien distincte des Hongrois à partir du Moyen Âge, et obtinrent certains privilèges (exemption d'impôts) des rois Hongrois en échange du rôle de garde-frontières qu'ils assumaient aux portes du nouveau Royaume Magyar (notamment contre les invasions mongoles au XIIIème siècle).
De fait, la réputation des Sicules au Moyen Âge était celle de farouches guerriers.
Tataï Beg, guerrier keshig de l'Ordoo du 'corbeau Rouge'
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