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Les Csangos.

MessagePublié: 07 Juil 2007, 13:40
par Hysa Yesui
Les Csangos


Le ‘peuple’ des Csangos forment un groupe non homogène de catholiques d’origine hongroise habitant en Roumanie. Ils se distinguent par des particularités linguistiques, des traditions anciennes, et une culture et un art populaires très riches et sont sédentaires.

L’ identité des Csangos repose sur la religion catholique de rite romain et sur leur propre langue, un dialecte du hongrois archaïque, parlée dans le cercle familial et dans la communauté villageoise. J’emploie le terme de ‘hongrois archaïque’ car c’est une forme du hongrois qui appartient au groupe finno-ougrien et qui resté à l’écart du développement culturel de la Hongrie n’a pas été affectée par le renouveau de la langue hongroise des XVIIIème et XIXème siècles.

Le terme "Csango" est relativement récent. Il a été utilisé, pour la première fois, par Petru Zold, en 1780.

Cette ‘ethnie' qui a traversé les siècles depuis le Moyen Age se divisent en 2 groupes :

- Les Csangos concentrés dans le département de Bacau (le groupe du sud) et dans les environs de la ville de Roman (le groupe nordique), dont on sait, certainement, qu'ils ne sont pas Sicule, ont le même port que les Roumains, parlent, la plupart d'entre eux, le roumain, à la voix propre aux Transylvains et vivent selon les traditions et les coutumes roumaines. Selon ces caractéristiques, ils sont des Roumains venus de Transylvanie, qui se sont joints à la population catholique roumaine de Moldavie.

- Les Csangos d'origine sicule, dont la plupart se sont établi le long des Vallées de Trotus et Tazlau et, dans une moindre mesure, le long de la Vallée de Siret et qui parlent une langue maternelle pareille à celle des Siculs. Ils vivent ensemble avec les Roumains.

Les recherches historiques, linguistiques, ethnographiques et toponymiques ont abouti à des thèses différentes sur l’origine des Csangos.

Mais toutes ses thèses on un rapport étroit avec les 'Peuples Cavaliers'. C'est la raison qui justifie la présence de cet article sur le 'site'.

Thèse des tribus magyares :

Certains chercheurs pensent qu’ils descendent d’un groupe de
Magyars qui se serait séparé des autres avant son installation dans le bassin des Carpates, vers l’an 900.

Thèse Kiptchaq :

D’autres suggèrent qu’ils descendent directement des Kiptchaq (voir
même, des Petchenègues ou autres tribus nomades qui se sont installées en Moldavie vers cette date.
Ces deux premières théories prêtent malgré tout à causions. En effet, il est improbable que des populations aient survécu à l’invasion mongole de 1241-1242, conduite par Batu Khan et qui a dévasté toute la région.

Thèse roumaine :

Certains spécialistes roumains prétendent que les Csangos sont en fait des Roumains de Transylvanie « magyarisés » (ou « sicularisés »).
Cette théorie doit aussi être prise avec précaution. En effet, il parait inconcevable que ces ‘Roumains’ aient pu continuer à utiliser une langue ‘étrangère’ après avoir vécu durant des siècles en Roumanie, entourés de Roumains parlant le roumain.

La thèse des ‘colons’:

Des scientifiques (hongrois mais aussi roumains) sérieux pensent que les Csangos sont d’origine hongroise et qu’ils ont peuplé la Moldavie à partir de l’Ouest. Selon les hypothèses retenues, les premiers groupes s’y seraient installés dès le XIIIème siècle, lorsque le roi de Hongrie Béla IV a christianisé les Kiptchaq et fondé un évêché à Milko, mais, comme déjà dit, il est probable que ces groupes n’aient pas survécu à l’invasion mongole. Par contre, un retour des Magyars en Moldavie à partir du milieu du XIVème siècle est tout à fait envisageable.

Ainsi, les premiers Csangos se seraient installés à l’est des Carpates, le long des cols stratégiques, afin de protéger la Hongrie contre les envahisseurs venant de l’Est, et ceci après que les Mongols de la 'Horde d'Or' eurent perdu l’essentiel de leur pouvoir. Ces colons ont été rejoints plus tard par d’autres groupes de Hongrois ayant traversé les Carpates, les Sicules, qui se sont mêlés à eux ou ont fondé d’autres villages.

Les ancêtres des Csangos occupaient des postes importants dans l’administration de la voïvodie de Moldavie. La relative liberté dont jouissait la principauté de Moldavie et la fertilité de son sol attiraient les Hongrois qui voulaient tenter leur chance au-delà des frontières du royaume de Hongrie. Pour de multiples raisons, les liens entre les Hongrois de Moldavie et leur patrie d’origine étaient ténus.

Au fil du temps, leurs élites se sont éteintes et leur statut privilégié de paysans affranchis a été aboli. Avec l’affaiblissement des Franciscains hongrois, toute forme institutionnalisée de culture hongroise a disparu de
Moldavie et le peuple des Csangos ont fini par se retrouver en minorité.