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Les Amazones : une légende ?


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Modérateurs: Che Khan, Alokhan, Georgy Koudiyar, Khatchi Qan

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Message 16 Déc 2014, 11:15

Les Amazones : une légende ?

Introduction Générale :

Sous ce titre légèrement provocateur, j’aimerais aborder un sujet qui divise le “monde de la reconstitution historique”.

Celui du rôle des femmes dans la guerre ainsi que de la présence de femmes “guerrières”, “soldats” ou “combattantes” auprès des hommes.

Il me semble également important de préciser deux termes employés dans cet article :

"Femmes Guerrières" correspond à l'idée que ces femmes au sein de leur société et quelques soit les circonstances, ont le statut plein et permanent de "Guerrière".

"Femmes Combattantes" correspond à l'idée que dans des circonstances particulières, limitées dans le temps, les femmes combattent à côté des hommes (ou à leur place).
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Message 16 Déc 2014, 11:17

Les Amazones : une légende ?

Une Amazone, c'est quoi ?? :

Selon la légende, les Amazones, habitaient les rives du fleuve Thermodon, en Cappadoce ( Turquie actuelle).

Ce qui les relie à ce site c'est qu'elles étaient supposées être un "Peuple Cavalier" apparenté aux Scythes ou aux Sarmates.

Elles sont décrite comme faisant partie d’une gynocratie puisque le régime politique dans lequel le pouvoir était exercé était uniquement réservé aux femmes.

On explique qu’elles s'unissaient une fois par an avec les hommes des peuplades voisines dont elles choisissent les plus beaux. Tuant leurs enfants mâles ou les rendant aveugles ou boiteux, pour ensuite les utiliser comme serviteurs, elle ne gardaient que les filles dont elle en faisaient de rudes guerrières.

Cavalières émérites, portant un bouclier léger en forme de demi-lune, une lance et surtout un arc , elles se coupaient leur sein droit pour faciliter le tir.

De nombreux héros grecs comme Bellérophon, Achille, Héraclès, Thésée ou encore Priam auront affaire à elles. Curieusement, chacun d’eux eut sa reine à aimer et, finalement, à tuer. Achille affronte Penthésilée venue secourir les Troyens, s'en éprend et la tue dans le même temps. Priam, le vieux roi troyen, a repoussé une invasion amazone. Héraclès doit s'emparer de la ceinture d'Hippolyte et finit par massacrer cette dernière, ainsi que ses compagnes.

Thésée capture Antiope, provoquant la réplique des Amazones qui envahissent l'Attique.

Dans la littérature romaine , Virgile est le premier à mettre en scène une Amazone : Camille, la reine des Volsques.
Elle a le sein nu, porte l’arc et le carquois et brandit sa hache bipenne. elle est décrite comme une habile cavalière, elle sait atteindre de ses flèches l’ennemi qui la poursuit lorsqu’elle fuit sur son cheval. La comparaison des compagnes de Camille avec les guerrières thraces, l’allusion à la bataille du Thermodon sont autant de références aux Amazones.
Ainsi donc, citées de nombreuses fois dans les textes anciens, les Amazones ont elles une réalité historique ou sociologique ?
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Message 16 Déc 2014, 11:19

Les Amazones : une légende ?

Gynocratie ou Matriarcat ? Il ne faut pas confondre :


Voici une petite précision de terme qui s’impose.

- Gynocratie :

La gynocratie déterminerait un système politique et social dans lequel seul, les femmes ont le pouvoir. C’est, précisément, ce système qui est décrit chez le peuple des Amazones.

Malheureusement, nous n’avons aucune autre source historique, à quelles époques que ce soit, décrivant un autre peuple fonctionnant en gynocratie.

- Matriarcat :

Le terme “matriarcat” a été construit, à la fin du XIXème siècle sur le modèle du “patriarcat”.

Initialement, le terme “matriarcat” était employé dans le sens de “système de parenté matrilinéaire” ( càd que la filiation passe par les femmes).

Puis, le terme “matriarcat” fut employé comme le pendant symétrique du “patriarcat”, pour désigner un type de société où les femmes détiennent les mêmes rôles institutionnels que les hommes dans les sociétés patriarcales.

Hors, l'existence ou l'inexistence de sociétés humaines dans lesquelles les femmes détiennent les mêmes rôles institutionnels que les hommes fait débat.

De nombreux anthropologues, ethnologues et archéologues considèrent les conceptions du matriarcat selon les évolutionnistes de la fin du XIXème et du début du XXème siècle comme des “constructions mythologiques savantes”.

Pour l'un des théoriciens de l'évolutionnisme social, Lewis Henry Morgan, le matriarcat aurait été un stade primitif de l'humanité qui devait être remplacé par celui du patriarcat. Cette conception linéaire, uniforme et orientée de l'histoire humaine est aujourd'hui fort critiquée.

D'autres théoriciens soutiennent que le système matriarcale n'implique pas de domination des femmes sur les hommes. En effet, selon les études faites dans ce type de société, comme chez les Moso par exemple, l'autorité familiale, notamment dans l'éducation des enfants, n'est pas attribuée aux pères, mais aux oncles, c’est-à-dire aux frères de la mère et donc, même si la filiation se fait par les femmes, l’autorité reste à un homme.
Il existe encore de nos jours quelques sociétés conservant des caractéristiques matriarcales comme celle des Touareg, des Iroquois, les Trobriandais, des Minangkabau en Indonésie ou
chez certaines populations indiennes comme au Kerala.


L'existence d'un tel système social durant la préhistoire n'est plus guère mis en doute aujourd'hui, même si ethnologues, archéologues et anthropologues ne sont pas toujours d'accord sur sa définition.
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Message 16 Déc 2014, 11:22

Les Amazones : une légende ?

Les "Femmes guerrière" à travers l’histoire :

Mythe ou réalité ?

De nombreux témoignages à travers l’histoire nous prouvent qu’il y a bien eu des femmes combattantes. Faut-il encore faire la différence entre les Mythes et la réalité.

Dans la mythologie nordique, par exemple, les valkyries sont des femmes guerrières. Leur rôle était de déterminer pour la volonté d'Odin, qui serait les vainqueurs d'une bataille et quels guerriers méritaient le Valhalla (Paradis Viking) après la mort. Elles parcouraient les champs de batailles à la recherche de mortels qui par leur mérite avaient gagner ce droit.

Les valkyries sont la plus part du temps représentées comme des femmes blondes aux yeux bleus avec une peau très clair. Ils portent toujours des boucliers et des lances.
Mais, malgré cette mythologie, nous trouvons peu de sources de femmes réellement guerrière chez les Scandinaves.

Par contre, si nous nous trouvons dans la réalité, l’important est de vérifier si ces femmes furent des combattantes épisodiques, utilisées dans des cas précis ou dans des circonstances particulières ou si, au contraire, les femmes étaient employées en tant que soldats, comme les hommes, de façon systématique.

Parcourons l’histoire par quelques exemples :

En Bohème, au VIIIème siècle de notre ère, des guerrières, menées par deux femmes, Libussa et Vlasta, ravagèrent les terres du roi Przémislas qui eut bien du mal à les chasser.

Plus tard, au XIVème, il y a eut Jeanne de Flandre, épouse du Duc de Bretagne qui a fait une sortie du Château d'Hennebont pour attaquer les français afin de défendre les droits à la succession de son jeune fils au trône de Bretagne pendant la captivité de son mari(Juin 1342)...Elle portait une armure et a combattu dans la mêlée...Après cela , on lui a donné le surnom de "Jeanne la Flamme" et elle a gagné la fidélité et l'affection indéfectible des Bretons.

En 1382, une femme fut tuée lors d'une bataille dans les Flandres portant la bannière des Flamands et, en 1396, une femme frissonne “vêtue de bleue comme une folle” tomba percée de flèches lors d'une bataille entre la Frise et le Hainaut.

Nous avons aussi Jeanne Laisné ou Fourquet, connue depuis le XVème siècle sous le nom de Jeanne Hachette, qui en 1472 et selon la tradition, pendant le siège de Beauvais, saisit une hache pour repousser un Bourguignon qui sautait de son échelle d'assaut. Enhardies, les femmes de la ville portent poudre et armes aux combattants, jetant elles-mêmes sur les assaillants des pierres ou de l’huile bouillante. Les 80 000 assaillants sont ainsi repoussés, et l'avancée de Charles le Téméraire en France est stoppée net.

Ne parlons pas de Jehanne d'Arc, l'exemple est trop bien connu. Néanmoins ; ce qui est intéressant à noter c'est que l'une des raisons qui la fait condamner au bûcher est le fait qu'elle s'habille en homme.

Il semble que l’armée des ducs de Bourgogne ait eu des unités féminines de combats
Extrait de « la vie quotidienne au XVeme siècle » de G Embleton et J Howe Ed. Heimdal :

il subsiste assez de descriptions similaires pour prouver que la participation des femmes à la défense était plutôt la règle que l'exception. Il est tout aussi évident que de grands nombres de femmes accompagnaient les armées, travaillant parfois en appui direct de l'effort militaire, et combattant parfois à côté des hommes. Quelque 4000 femmes du camp bourguignon furent alors organisées pour une tentative avortée d'attaque en divers endroits du Rhin. Un témoin écrit que le duc donnait à ces femmes une bannière sur laquelle était peinte une femme et elles allaient et venaient “avec bannière, trompettes et cornemuses”.

Il y a des exemples de femmes de qualité allant à la bataille avec une armure complète. Nous lisons que, lors d'une retraite suivant une défaite de l'armée bourguignonne

“de nombreuses femmes qui étaient vêtues d'armures furent tuées car on ne les reconnut pas comme telles... de nombreuses femmes en armures, pour protéger leurs corps et leurs vies, exposèrent leurs poitrines, prouvant qu'elles n'étaient pas des hommes”


Mais malheur aux vaincues !
Toutes les femmes capturées lors de la bataille de Grandson furent vendue et éparpillées dans divers bordels en Suisse.


Avançons dans le temps :

Pendant le Premier Empire, la “Grande Armée” compta aussi dans ses rangs des femmes qui ne se contentaient ni de suivre un mari ou un amant en campagne, ni de sustenter les corps, mais qui
faisaient le coup de sabre ou le coup de feu, ce qui d'ailleurs n'étonnait personne puisqu'elles étaient des soldats comme les autres.
On ne sait pas exactement combien de femmes ont combattu comme soldat. Ne pouvant bien entendu se présenter en tant que femme, elles entraient au service habillées en homme et sous un nom masculin. De cette façon, elles restaient anonymes. Ce n'était que dans des circonstances exceptionnelles qu'on découvrait le vrai sexe, par exemple quand ces femmes étaient blessées.
On connaît bien certaines de ces femmes qui suivirent l'homme quelles aimaient quand celui-ci fut recruté.

- Marie-Angélique-Joséphine Duchemin, née en 1772, à Dinan, avait épousé un militaire du 42e de ligne. Elle est promue caporal-fourier, participe à sept campagnes, est blessée à trois reprises. Elle est admise aux Invalides, mais doit attendre 1851 pour recevoir la légion d'honneur. Elle meurt en 1859, à 87 ans.

- Ducoud-Laborde, épouse Poncet, née à Angoulême en 1773, sert au 6e hussards, se distingue à Eylau, est blessée à Friedland. A Waterloo, elle est encore là, est de nouveau blessée, est amputée d'une jambe, faite prisonnière par les anglais, qui l'emmène à Dublin. Elle reviendra en France en 1830.

- Virginie Ghesquire entre au 27e de ligne en 1806, à la place de son frère ! Promue sergent, elle sert jusqu'en 1812, année où sa véritable identité est découverte… Elle est alors renvoyée dans ses foyers.

On le voit bien dans cette exemple du "Premier Empire", si on a des bien des "Femmes Combattantes", nous ne trouvons pas de "Femmes Guerrières", aucune qui soit devenue Général, encore moins Maréchal d'Empire !!


Changeons de continent  :

Au Dahomey (= Bénin) le roi s'entourait dès le XVIIème siècle d'une garde spéciale de guerrière. Elles résistèrent farouchement à la conquête française en 1894.


Au Sénégal, le royaume de Cayor employait des « Linguères » qui étaient des sœurs et cousines des souverains dans leurs batailles contre les Maures trarzas.

L'Empire zoulou avait également constitué des régiments de jeunes filles combattantes ou chargées de la logistique.

À notre époque et en Libye, pays musulman, feu Muammar al Kadhafi, s’était lui aussi constitué un bataillon et une garde personnelle de femmes soldats.
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Message 16 Déc 2014, 11:29

Les Amazones : une légende ?

Femmes Guerrières chez les “Peuples Cavaliers” :

La place de la femme chez les "Peuples Cavaliers" d'Asie centrale :

En pratique, chez les nomades, la contribution de chaque membre de la société était très importante pour l'ensemble, d'où l'exemple des femmes mongoles qui eurent beaucoup de fonctions autres que celles directement liées à la reproduction.

Il semblerai, que le statut de la femme, chez les “Peuples Cavaliers” d’Asie centrale ai été particulier et que ses droits, dans certains domaines, ai été à l’égal des hommes.

Il faut également attirer l'attention que, dans ces cultures, nous n'avons pas de distinction entre les 'civils' et les 'soldats'. En effet, chaque hommes en âge de combattre est un "guerrier".

Depuis les Scythes jusqu’au Turco-Mongol, la femme monte à cheval, veille sur les troupeaux, conduit les chars, gère ses intérêts et parfois même, tire à l'arc (mais chasse t-elle ??)

Nous savons qu'elle a accès à la prêtrise (chaman) et au pouvoir (Régente ou Reine).

C'est peut-être en raison de la nature féminine plus de leur origine spirituelle. En Occident, les idées fausses abondent sur le féminin, principe miséricordieux et sur le masculin, principe impitoyable et belliqueux.

De plus, l'image de la femme dans le monde chrétien, va de plus en plus être lié au "pécher universel" ce qui va la rendre responsable de la perte du "Jardin d'Eden".

Par contre, dans la Sibérie et l'Asie, la féminité, force obscure, a toujours été considérées comme très redoutable à tous égards et beaucoup plus impitoyable que le principe masculin.

Ibn Battuta, voyageur marocain (1304-1369) s’étonne de la considération et des libertés dont elles jouissent au pays Kiptchaq.

Nous trouvons également dans les mythes et la littérature, de nombreuses sources de femmes guerrières parmi ces “Peuples cavaliers”.

Chez les Massagètes, un peuple apparenté aux Scythes, la reine Tomyris combat et tue le roi Cyrus, fondateur de l'empire perse.

Dans la chanson de geste Irano- anatolienne (fin du XIème et enluminée à la fin du XIIème), l'héroïne Gulshah du "Warqa wa Gulshah", est une guerrière accomplie. Elle est mise en scène en costume de guerre complet, sans qu'il soit possible de savoir si c’est un homme ou femme.

Chez les Kazakhs, dans l’Epopée de Qoblandï, l’héroine Qarlïga, pour prouver son amour, participe au combat au même titre que les hommes.


Chez les Karakalpaks nous trouvons l'épopée des "Quarante filles", qui décrit comment une héroïne de seize ans, Gu'layim, créé sa propre forteresse et ensuite entraîne quarante filles vierges pour former un peloton de combattantes redoutable afin de délivrer le pays des karakalpaks des cruels oppresseurs Kalmouk.

Faut-il encore vérifier si cela corresponds à une réalité.

"Femmes Guerrières" ou "Femmes Combattantes" ? :


Chez les Sarmates :

Des fouilles archéologiques récentes, à la frontière entre la Russie et le Kazakhstan, conduites par Jeannine Davis-Kimball directrice du Centre de Recherches de la Civilisation Nomade Eurasiatique à l'université de Berkeley en Californie, ont permis de mettre à jour des tombes de femmes guerrières, enterrées avec leurs armes entre 600 et 200 av. J.-C. L'une des tombes était richement garnie de nombreux objets et bijoux féminins et également de 100 pointes de flèches.
Une enquête approfondie menée dans la même région a démontré l'existence d'une tradition vivace de la femme archer et cavalière émérite, leur arc étant de forme très caractéristique exactement identique à celui qui est représenté sur les céramiques antiques.
Celle-ci a pu noter que l’on retrouve des traces de prêtresses (femme chamane) et curieusement, à partir de 4000 av J-C environ, de femme guerrières. La thèse de J.Davis-Kimball a été appuyée par Sarah Nelson, anthropologue de l’université de Denver.

Chez les Huns :

Les femmes étaient autorisées à chasser et à combattre aux côtés des hommes et il y avait même des femmes leaders. Certains royaumes huns de l'Est ont utilisé des gardes-femmes guerrières qui portaient des coiffes spécifiques pour montrer leur statut.

Chez les Kiptchaqs :

Il existait des femmes guerrières chez les Kiptchaqs des XI ème et XIII ème siècles. Une statue funéraire trouvée en Ukraine, en montre une, avec un équipement complet.

Chez les Mongols :

Jean de Plan Carpin témoigne qu’elles n'étaient nullement embarrassées pour monter à cheval et tirer à l'arc quand il en est besoin. mais précise que cela restait exceptionnelle.

Les filles et les femmes savent aussi monter à cheval, et les font courir et galoper aussi vite que les hommes. Nous en avons vu avec des arcs et des carquois ; et tant les hommes que les femmes, ils se tiennent tous longtemps à cheval. Leurs étrivières sont fort courtes ; ils ont un grand soin de leurs chevaux, comme aussi de toutes autres choses qui sont à eux. Les femmes font tout le travail et les ouvrages, comme les fourrures, habillements, souliers, bottes, et toutes autres choses faites de cuir. Elles mènent aussi les chariots, les rajustent, chargent les chameaux, et sont forts diligentes et habiles à tout ce qu'elles font ; elles portent toutes des caleçons, et il y en a qui tirent aussi bien de l'arc que des hommes.

George Vernadsky, historien russe, décrit dans son ouvrage "Les Mongols et la Russie" la façon dont, même les femmes ordinaires, devaient accompagner les guerriers mâles et jouer un rôle clé lors des campagnes militaires:

«Il (càd : Gengis Khan) a ordonné, des femmes accompagnant les troupes, de faire le travail et les fonctions des hommes absents, tandis que les seconds se battaient »

Cela montre à nouveau un haut degré de partenariat complémentaire entre les sexes chez les Mongols.

Chez les Kirghiz :

La femme a toujours été considérée par les Kazakhs et les Kirghiz comme un vecteur de la culture et des traditions à l'égale de l'homme. Les activités leur étaient communes et, bien qu'ayant changé de nature, le sont restées aujourd'hui. Ainsi, la femme kirghize ou kazakhe s'occupait en commun avec l'homme de l'élevage des moutons et de la monture des chevaux, de l'installation et du démontage de la yourte, du repas et de l'éducation des enfants... Dans certaines régions, il lui arrivait de prendre part aux décisions tribales et familiales et même de devenir chef de tribu (Kanykei, la femme de Manas, les chefs militaires ou batyr Janyl et Saikal au XVIIIème siècle, Kourmanjan-Datka au XIXème siècle).

Chez les "Timourides" :

La présence de femmes combattantes dans les armées de Tamerlan est attestée. Elles sont en charge de la défense du campement et de la « forteresse de campagne », c'est à dire le système du « Rond de Chariot » contenant, entre autre, les bagages et les réserves de munitions .

Muhammad ibn Arabshah , écrivain et voyageur arabe contemporain de Tamerlan affirme que des femmes combattaient à côté des hommes.

Ruy Gonzalez de Clavijo, Ambassadeur espagnol à la cours de Tamerlan parle d'un campement d'Amazones (encore ce terme) établies à 15 jours de marche de Samarkande.


Chez les "Türks Ottomans":

Pas de précision concernant les "Türks Ottomans" à l'époque ou cette tribu était encore nomade. Lorsque ceux-ci se fixent en Turquie actuelle et se sédentarisent, un État organisé (puis un Empire) se crée assez rapidement.

Il ne me semble pas que l'on trouve des sources indiquant la présence de femmes dans les régiments de Janissaires.
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Message 16 Déc 2014, 11:34

Les Amazones : une légende ?

Mes conclusions:

On peut l'observer, même si ce n'est pas sa fonction première, la femme combat à côté des hommes.

Concernant les " Femmes Combattantes", les exemples sont trop nombreux, à travers l'histoire, pour écarter cette pratique.

Certes, comme expliqué plus haut, cela se fait lors de conditions particulières et principalement dans des circonstances de défense (défense de campement, défense de villes assiégées).

On peut également observer que l'on trouve peu d'exemple de "troupes" exclusivement féminines et donc pas vraiment d'Amazone comme le décrit la légende.


Concernant les "Peuples Cavaliers" d'Asie centrale, on trouve également de nombreux exemples de "Femmes Combattantes" mais je ne suis pas complètement persuadé qu'il y ai beaucoup plus d'exemple de "Femmes Guerrières" chez eux que dans les états sédentaires qu'ils ont attaqués.

Je parle de "beaucoup plus" pour que l'on puisse en faire une particularité sociologique.

Si c'était le cas, il faudrait alors vérifier pourquoi chez les « Peuples Cavaliers » d'Asie centrale les femmes étaient plus nombreuses à participer aux combats.

La nature nomade de ces peuples ? Nous trouvons des « peuples nomades » ou les femmes sont écartées de toute autorité et n'ont pas de culture guerrière.

La nature guerrière de ces peuples ? Nous trouvons des peuples guerriers qui n'accordent pas une place aux femmes à l'égal des hommes.

Néanmoins, je reste ouvert à toute nouvelle théorie.

Quant à la pratique concrète au sein de la  "reconstitution médiévale", je ne vois aucune raison d'interdire une femme d'incarner une "Combattante" pour un personnage représentant un "Peuple Cavalier".
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