Message 12 Jan 2007, 12:23

La Bataille du Lechfeld, 10 août 955.

La Bataille du Lechfeld, 10 août 955

Avant-propos :

La bataille du Lechfeld est une bataille qui voit s'affronter les forces d'Otton Ier (dit le Grand et futur empereur du Saint Empire Germanique) et les forces magyares commandées par Falisci, Gyula (khan) des Magyars et par Horka Bulcsu, un chef de tribu et 'officier' de Falisci.
Elle a lieu le 10 août 955 et situé près d'Augsbourg, sur la plaine du Lechfeld.
Le Lechfeld est la plaine d'inondation qui se trouve le long de la rivière Lech entre les rivières Lech et Schmutter.

Dans cette même plaine, les 'Allemands' avaient subi une sévère défaite conte les Magyars, le 12 juin 910, à la Bataille d' Augsbourg,
(C'est la raison pour laquelle la bataille porte aussi le nom de 'seconde bataille du Lechfeld' ).

La "Francie Orientale" est la partie orientale de l'empire carolingien partagé lors du traité de Verdun en 843. En 899, elle échoit à Louis IV de Germanie. Ce royaume comprenait la part orientale de l'ancienne Austrasie, la Saxe, la Thuringe et la Bavière.

(voir chronologie des raids magyars en occident)


Contexte général :

C'est très certainement l'événement qui marque le début de l’arrêt des incursions magyares en Europe centrale (et le contrôle de la trouée pannonienne) .

La situation du château des Perchtolds et les indications des Chroniqueurs de l’époque suggèrent comme place possible du camp collectif des troupes d’Otton ier, les alentours d'Ulm.

A cet endroit Otton Ier réussi de rassembler les forces d’Henri I , Duc de Bavière et de Konrad le rouge, Duc de Franconie ( partie de l’Allemagne à l’est du Rhin); une légion des Souabe commandé par le Duc Burchard ( époux d’Hedwig, fille du frère d’Otton).

Otton Ier a également sous ses ordres 3000 Saxons et des soldats de la Bohème venus avec Boleslav I

Le matin de la bataille, les soldats allemands dans une cérémonie de paix d'armée se prêtent mutuellement fidélité puis se mettent en ordre de marche.

Otton divise ses troupes en 8 ‘batailles’ disposé comme suit :

3 corps de Bavière (sous Henry I)
1 corps de Franconie (sous Konrad )
1 corps au service direct du roi (chevaliers saxons et franconiens)
2 corps Souabe (sous Burchard )
1 corps de Bohème (sous Boleslav I)

Selon les sources, Otton dispose de plus ou moins 10.000 chevaliers lourds à opposer à 50.000 cavaliers légers magyars

La bataille :

Otton approche les forces adverses. Les trois légions de Bavarois sont à l'avant, suivies des ‘Francs’ du duc Konrad. Les Saxons d'Otto, les deux légions de Souabe, et finalement la légion de Bohème ferment la marche et gardent les bagages.

Les Magyars ont tendu leur piège. Une grande force de blocage a été placée entre les fleuves à travers le chemin d’approche d'Otton tandis qu'une force d’archers à cheval est laissée sur la rive orientale du fleuve de Lech avec des ordres de se diriger vers le haut-fleuve et de tomber sur l'arrière d'Otton.

Otton est pris rapidement par un de ses flans par une partie de ses adversaires et à l’arrière garde par une autre attaque. Coincé, entre deux forces plus nombreuses, dès le début de l’engagement, il se trouve dans une situation difficile qui en toute logique se solderais par une défaite.

A l’arrière, les Souabes et les Bohémiens perdent pieds et commencent à s’enfuir.

Cependant une partie des Magyars descendent de cheval et se mettent à piller la caravane de bagages germaniques.

Sans céder à la panique, bien au contraire, Otton profite de la chance qui lui est offerte. Il envoi une partie de ses forces pour balayer ces troupes devenue vulnérables et les éliminer.

Une fois ceci accompli, la confiance revenue,les chevaliers se regroupent et chargent furieusement les lignes magyares.

Malgré un barrage de flèches (en grande partie détournées par les grands boucliers germaniques), l'armée d'Otton frappe la ligne adverse et l'enfonce.

Le chef magyar tente de feindre une retraite pour désorganiser les Germains lors d'une éventuelle poursuite mais cette fois-ci la ‘vieille ruse’ des 'Peuples Cavaliers' ne fonctionne pas.

En effet, les troupes d'Otton garde leur cohésion et la ligne solidaire des chevaliers allemands met en déroute les Magyars qui résistaient encore.

Au cours de la bataille, Konrad le rouge sera mortellement blessé par une flèche.

Pendant les trois jours qui suivent, Otton poursuit les Magyars qui font retraite afin que ceux-ci, encore nombreux, ne puissent se regrouper et tenter une contre attaque.

Il fini par capturer leur camp et éliminer tout danger. Les prisonniers sont soit exécutés, soit libérés après avoir eu leurs oreilles et leur nez coupés.Les restes de l’armée magyare retournerons en Hongrie.

Otton se voit proclamé Empereur par ses troupes sur le champ de bataille.

Mais c’est le 2 février 962, à Rome, qu’il sera couronné empereur du Saint Empire Germanique par le pape Jean XII.


Conséquences :

Pour les Magyars, la défaite provoque une modification fondamentale de leur société. Ils se mélangent de plus en plus avec les Slaves et se sédentarisent.

La dynastie Arpadienne entreprend d’organiser son pays, de sédentariser les tribus magyares, puis se convertit au christianisme.
Le couronnement d’Étienne Ier marque la fin de la période nomade du peuple Magyar et inaugure l’histoire de la Hongrie royale.

Boleslav Ier de Bohême, qui participa à la bataille avec sa troupe de 1 000 hommes aux côtés de Otton Ier du Saint-Empire, profite de la déroute des Magyars pour occuper la Moravie, la Slovaquie occidentale, la Silésie, et la Croatie blanche avec Cracovie.
Nagaï Mergen, Commandant du Barun-Gar de l'Ordoo du 'Corbeau Rouge'
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