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La Bataille de Pozsony, le 4 juillet 907

MessagePublié: 18 Nov 2015, 00:03
par Che Khan
La Bataille de Pozsony, le 4 juillet 907.

Avant-propos :

La bataille de Pozsony (de Pressburg en allemand et de Bratislava en slovaque) est une bataille qui voit s'affronter les Magyars aux forces de Louis IV de Germanie, dit l'Enfant, roi de Francie Orientale (Germanie), commandée par Duc de Bavière Liutpold de Scheyern et l'archevêque de Theotmar de Salzbourg.

Elle commence le 4 juillet 907 et dure trois jours.

Cette bataille fait partie du long conflit qui va opposer les Magyars, installés en Pannonie et la 'Francie Orientale' (Germanie) entre 900 et 955 ap J-C.

La "Francie Orientale" est la partie orientale de l'empire carolingien partagé lors du traité de Verdun en 843. En 899, elle échoit à Louis IV de Germanie. Ce royaume comprenait la part orientale de l'ancienne Austrasie, la Saxe, la Thuringe et la Bavière.

(voir chronologie des raids magyars en occident)

Contexte Général :

Depuis plusieurs années, les Magyars font des raids dévastateurs en "francie Orientale" et surtout dans le Duché de Bavière qui se situe en bordure des territoires contrôlé par les Magyars

En 902 les magyars, sans doute conduit par Kurszán, défont la Grande Moravie et occupent ses parties orientales.

Cette situation interrompt les routes commerciales de la Bavière vers l' Europe de l'Est.

Pour Luitpold, le 'margrave' (Duc) de Bavière, ce coup économique lui faisait penser à la nécessité d'une campagne contre les Magyars. Il n'a pas accepté non plus sa perte du contrôle politique sur la Pannonie, la Moravie et la Bohême.

En 904, les Bavarois feignent de vouloir conclure un traité de paix avec les Magyars, invitent Kurszán aux négociations et l'assassinent en espérant que cet assassinat les affaiblisse.

Après ces événements négatifs pour eux, pour un temps, les Hongrois ne pas attaquer Bavière, et cette augmentation de la confiance en soi de Luitpold, et lui a fait penser qu'ils avaient peur de ses forces.

En 907, les Magyars envahissent la Grande-Moravie et soumettent le pays avant de se jeter ensuite sur la Bavière.

Le chef de l'armée germanique est, nominalement, Louis IV de Germanie (dit l'Enfant) mais, comme il n'a que 14 ans, c'est le Duc Luitpold, le véritable commandant.

Après avoir perdu de Pannonie, Luitpold, s'allie avec son ancien ennemi, Mojmir II de Moravie.

C'est un chef militaire expérimenté, qui, a déjà combattu avec succès contre les Moraves et obtenu quelques succès militaires contre certaines unités petites unités magyares.


Basé sur la chronique d'Aventinus, les dirigeants politiques, militaires et spirituels du Duché de Bavière se réunissent le 15 Juin 907 à Ennsburg, afin de discuter de la campagne.

Parmi les nombreuses personnalités, on peut citer le Prince Sieghard, un certain nombre de chefs importants comme Meginward, Adalbert, Hatto, Ratold, Isangrim.

Il y avait aussi quelques-uns des leaders spirituels les plus influents tel que Dietmar, archevêque de Salzbourg; Zacharias, évêque de Saben - Brixen ; Utto, évêque de Freising, ainsi qu'un grand nombre de prêtres qui, persuadés de leur victoire, avaient déjà le projet de convertir la population magyare rescapée.

En effet, les sources allemandes contemporaines montrent le grand orgueil et la présomption des dirigeants bavarois concernant cette campagne contre les Magyars.

Plusieurs de leurs analyses étaient par trop optimistes :

Par le fait qu'ils avaient tué Kurszán en 904, et qu'ils avaient remporté quelques victoires mineures, Luitpold pensait que les Magyars étaient dans une situation critique.

Luitpold méprisaient également la 'guerre magyare' et était persuadé que ceux-ci étaient juste capable de réaliser des raids rapides, de massacrer des villageois et de remporter des victoires rapides sur de petits groupes mais, en aucun cas, de pouvoir rivaliser contre une armée forte et bien armée.

Prélude :

L'armée de 'Francie Orientale' se met en marche et traverse la 'frontière magyare' le 17 Juin 907.


Le Duc Luitpold divise ses forces en trois corps d'armée et commence à suivre le cours du Danube vers l'Est.

le Duc prend la tête des forces principales sur la rive nord du Danube.

Les forces dirigée par l'archevêque Dietmar suivent la rive sud et marcha vers Pozsony. Zacharias, évêque de Saben-Brixen, Utto, évêque de Freising, les abbés Gumpold, Hartwich et Heimprecht accompagnent.


Sur le Danube une flotte sous le commandement du Prince Sieghard et les comptes Meginward, Hatto, Ratold, Isangrim assure la communication entre les deux autres corps.

En fait, le Duc Luitpold copie la campagne de Charlemagne lorsque celui-ci a vaincu les Avars, en 791.


A ce moment précis, Le Duc de Bavière ne sait pas encore que les magyars ne feront pas les mêmes fautes que les Avars.

Il n'y a pas d'information précise sur la taille des deux armées, mais l'armée bavaroise étaient de loin supérieure à l'armée magyars. Même avec le fractionnement en trois parties, chaque corps d'armée bavaroise pris isolément était plus grand que toute l'armée magyare.

Pour faire face, les Magyars ont réussi à rassembler les 8 tribus pour venir se battre ensemble contre l'ennemi commun. ils devaient être environ 20000 hommes,

Les Magyars sont parfaitement au courant des mouvements de l'armée du Duc et se préparent depuis un certains temps. Cette division en 3 corps d'armée les arrangent car cela leur permet d'attaquer avec toute leur force un corps à la fois.

Dés le début, les commandants magyars ont envoyé, sur les deux rives, quelques petites unités d'archer à cheval pour harceler l'armée bavaroise, tuer leurs messagers coupant ainsi leurs lignes de communication et les mettant en constante pression.

Le harcèlement constant des archers magyars ralentissent la marche de l'armée bavaroise, les forçant à s'arrêter, se défendre, les attirant vers l'avant et vers l'arrière.

La distance de 246 km à partir d'Ennsburg à Presbourg est faite très lentement, 18 jours (entre le 17 Juin et le 4 Juillet).

La Bataille du 5 juillet :

Le 4 Juillet, Les Magyars lancent l'attaque de la première bataille contre le corps d'armée de la rive Sud sud dirigé par l'archevêque Dietmar.

La bataille commence avec les archers à cheval qui déversent une "pluie de flèches" avec leurs «arcs de corne" (corneis Arcubus).

les Bavarois sont pris totalement par surprise et lorsqu'ils réussissent à se ressaisir et à se former en ordre de bataille, les Hongrois ont déjà reflué.

Ceux-ci répètent plusieurs fois ces attaques surprise, apparaissant à partir de terrains accidentés, de lits de rivières, de forêts, de collines et d'autres endroits où ils peuvent se cacher de la vue des Allemands.

Lorsque la cavalerie bavaroise commence à les chasser, ils se dispersent à nouveau, galopent au loin puis reviennent surprendre les Allemands a bout de course en leur causant de nombreuses pertes.

Les Bavarois se démoralisent, perdent leur cohésion. Les Commandants ne savent plus ou donner de la tête; bientôt c'est l’hallali et les Magyars anéantissent le corps sud dirigé par l'archevêque Dietmar.

L'archevêque Dietmar, l’évêque Utto de Freising et Zachariah de Saben-Brixen, les abbés Gumpold, Hartwich et Heimprecht y perdent la vie.

Pendant ce temps, le Duc Luitpold, qui est sur la rive nord du Danube, est incapable d'aider les forces de Dietmar, car il lui est impossible de traverser le fleuve et ce malgré la présence de la flotte du prince Sieghard.


la Bataille du 5 juillet :

Certes, le Duc Luipold n'a pas su venir en renfort mais il se sait en sécurité puisque l'armée magyare est de l'autre côté de la rive.

Malheureusement pour lui, il ne réalise pas l'ingéniosité des Magyars. En effet, ceux-ci ont réussi à faire traverser leur troupes pendant la nuit. Pour ce faire, ils ont utilisé des outres de peaux emplies d'air comme flotteur qu'ils ont attaché à leurs chevaux, comme ils l'ont fait en 900 lorsqu'ils attaquent Venise (voir Bataille de la Brenta).

Il est à noter que, plusieurs siècles après les Magyars, les Mongols utiliseront cette technique particulière pour traverser les rivières et sans doute lors de la Bataille de Mohi contre les Hongrois.

Au petits matin, les Bavarois sont pris totalement par surprise par surprise. les Magyars en tuent un grand nombre, certains d'entre eux sans doute encore endormis.

Les Magyars ont probablement réussi à encercler totalement le camp fortifié, empêchant les Bavarois de sortir, de se grouper en formation de combat ou tout simplement à fuir.

Ceux qui réussissent à sortir du camp, n'ayant aucun endroit ou se réfugier, sont également tués par les Magyars.

La Bataille du 6 juillet :

Le lendemain, il reste aux Magyars à éliminer la flotte dirigée par le Prince Sieghard. Aventinus rien écrit sur ​​la façon dont ils ont réussi à attaquer la flotte, il souligne simplement la facilité de la victoire magyare et la terreur paralysante des Allemands, qui n'arrive pas à se défendre.

On peut supposer que les Magyars, postés des deux côtés des rives ont utilisé leurs arcs afin de faire tomber une pluie de flèches sur les navires. Peut être même ont-ils utilisé des flèches enflammées. La La largeur du Danube à cette endroit se situant entre 180 à 300 mètres, les navires étaient

La majorité des Bavarois présents sur les navires et leurs commandants, le prince Sieghard, le compte Meginward, Hatto, Ratold et Isangrim, sont tués au cours de cette troisième journée de combat.


Après la Bataille :

Quand les nouvelles de la défaite arrive au campement du jeune roi, qui était rester à l'abri, un peu en arrière des troupes, il est transporté à la hâte dans la ville de Passau qui possèdent de hautes murailles.

Les Magyars pillent les environs et pour échapper à leur fureur, la population bavaroise se précipite dans les grandes villes comme Passau, Ratisbonne, Salzbourg ou dans les Alpes.

les Magyars profitent de cette victoire pour occuper de nouveaux territoires, poussant leurs frontières en profondeur sur le territoire bavarois et sur les terres à l'ouest de la rivière Enns.

Forts de leur succès, les Magyars envahiront l'année suivante la Germanie et pilleront notamment le duché de Saxe et la Thuringe. C'est lors de cette invasion que périra, en 908, Burchard, dernier duc de Thuringe (La Bataille d'Eisenach, 3 aout 908 )


Le territoire correspondant au futur margraviat d'Autriche, momentanément perdu pour le royaume des Francs orientaux, ne sera reconquis qu'après la Bataille de Lechfeld, en 955.


Remarque :

Johann Turmair, dit Johannes Aventinus, d'après le nom latin de sa ville natale, né le 4 juillet 1477 à Abensberg et mort le 9 janvier 1534 à Ratisbonne, est un érudit humaniste et chroniqueur de Bavière, surnommé l' 'Hérodote bavarois'.

Il rédigea des Annales contenant des informations sur les invasions magyares ne figurant pas dans d'autres travaux, ce qui suggère qu'il a utilisé des sources aujourd'hui perdues.
Sa fiabilité n'est néanmoins pas certaine.