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Guillaume Rubruck ( 1220 - 1290)

MessagePublié: 01 Oct 2005, 22:32
par Che Khan
Guillaume Rubruck ( 1220 - 1290)


Rubruck Guillaume (Wilhelm von) de Ruysbroeck ou Rübrück , voyageur né dans le Brabant vers 1220, mort vers 1290.
Il entre dans l'ordre des frères mineurs (Franscicain), et se trouvait en 1252 à Saint-Jean d'Acre lorsque le roi de France Louis IX lui confia la mission de s'assurer si le bruit de la conversion du grand khan, Ilchi-Khataï, au christianisme était fondé.
La nouvelle était fausse et la mission n'obtint aucun des résultat politique ou religieux qu'il escomptait, mais Rubruck rapporta de ce voyage, qui dura plus de deux ans, une série de renseignements qui contribuèrent à éclairer ses contemporains sur l'histoire, les mœurs et le pays des Mongols.

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Il part de Constantinople le 7 de mai de l’an 1253 et rejoint par bateau la vile de Soldaia (actuellement, Soudak en Crimée).
Le vrai départ démarre au début du mois de juin 1253 à partir de cette ville.

Ils sont 7, voici ce que nous en dit Rubruck :

Nous commençâmes à prendre notre chemin le 1er juin avec quatre chariots couverts, et deux autres qu’ils nous donnèrent pour porter nos lits et matelas à reposer la nuit, outre cinq chevaux de selle pour nous, car nous étions autant de compagnie, à savoir : mon compagnon frère Barthélemy de Crémone, Gozet, porteur des présents, un bonhomme turcoman, ou interprète, un garçon nommé Nicolas, que j’avais acheté de nos aumônes à Constantinople, et moi. Ils nous avaient aussi donné deux hommes pour mener les chariots et avoir soin des bœufs et des chevaux.

Le 31 juillet Rubruck et ses compagnons atteignent la ville de Saraï, sur la basse Volga, c'est à dire le campement de Sartaq, fils de Batu Khan.
A l'étonnement de Rubruck, ce prince était suffisamment averti des af­faires de l’Occident. A Rubruck qui lui disait que le plus puis­sant souverain de la Chrétienté était l’empereur, il répondit que l’hégémonie était maintenant passée à Saint Louis.

Du campement de Sartaq, Rubruck, après avoir traversé la Volga, est reçu dans l’ordoo de Batu Khan, situé sur la rive orientale du fleuve.

Batu Khan envoie, à son tour, Rubruck à la cour du grand khan Möngke.
Le franciscain tra­verse le Yaïk (fleuve Oural) et entre dans la steppe asiatique.
Il lon­ge le Tchou, passe à six journées de Talas, traverse l’Ili, passe au nord de l’Ili par la ville d’"Equius", habitée par des Tâdjîk parlant le persan.

Le 30 novembre 1253, Rubruck quitte Qayaligh et, après avoir longé la pointe orientale du Balkhach, il traverse la région de l’Imil ou Tarbagataï, fief des Ogodaïdes, où commençait l’an­cien pays naïman, dans les contreforts méridionaux de l’Altaï.
il atteint enfin Karakorum, l’ordoo de Möngke Khan vers la Saint-Jean (27 décembre).

Celui-ci lui donne audience le 4 janvier 1254.

A la cour du "Grand Khan", Rubruck fait de curieuses rencontres.

Aussi lointain et difficiles d’accès qu’ils soient, ce lieu est rendez-vous mondial : les ambassadeurs se pressent autour du Khan qui domine le monde de la Méditerranée à la mer de Chine.

Rubruck croise des ambassadeurs byzantins, turcs, ceux du calife de Bagdad, ou de l’Inde.

Rubruck s’entretient avec un Alain chrétien, avec un Hongrois et croise un Kiptchaq (Couman) qui le salue en latin car il avait été élevé par des moines.

Il croise aussi des captif de toute nationalité qui font de la ville un carrefour des peuples : Dame Pâquette,, une Lorraine de Metz, servante chez une fille du Khan, et qui a refait sa vie avec un Ruthène (Russe) et a trois enfants.

et même un orfèvre parisien,Guillaume Buchier, qui fabrique pour le Khan un arbre-fontaine digne des ‘milles et une nuits'.

Voici ce que Rubruck en dit :

"A l’entrée de ce palais, [...] maître Guillaume le Parisien lui fit un grand arbre en argent, aux racines duquel sont quatre lions d'argent, chacun avec un conduit, et vomissant tous du lait blanc de jument. A l’intérieur de l’arbre, quatre conduits vont jusqu’à la cime, d’où leur extrémité s’ouvre vers le bas. Sur chacun d’eux est un serpent doré dont la queue s’enroule au tronc de l’arbre. [...] Au sommet de l’arbre il a fait un ange qui tient une trompette, et sous l’arbre un caveau où un homme peut se cacher. Un conduit interne s’élève au cœur de l’arbre jusqu’à l’ange. [...] En dehors du palais se trouve un cellier où sont emmagasinées les boissons ; des serviteurs s’y tiennent, prêts à les distribuer quand ils entendent l’ange sonner de la trompette. "


Il rencontre également un anglais, neveu d’un évêque normand, fait prisonnier en Hongrie.

Après son séjour à Karakorum, capitale du grand khan, il revint par le Caucase, la Syrie et l'Arménie.

Rubruck, par son intelligence et son souci du détail, va apporter à l'Occident beaucoup de connaissance.

Il aurait, semble-t-il, établi d'une manière irréfutable le bien fondé de l'assertion d'Hérodote que la mer Caspienne était un véritable lac, tandis que les Européens la croyaient généralement en communication avec l'Océan glacial.
Il va découvrir et décrire des espèces animales inconnues comme l'argal et l'onagre.
C'est lui qui établi la parenté des langues slaves. C'est encore lui qui donne les première description d'une séance chamanique.
C'est lui qui fourni le premier témoignage sur l'observation des techniques des médecins chinois et leur pratiques relative aux pulsations cardiaques.

Il rédigea pour Louis IX une relation latine de son voyage, dont il existe un exemplaire manuscrit à Leyde : De moribus Tartarorum. Itinerarium Orientis.

Un petit musée, situé dans sa ville natale (Nord de la France), lui est consacré :
- Le Musée "Guillaume de Rubrouck"
Musée de l'association Guillaume de Rubrouck


Le récit de Guillaume Rubruck sur le web : - De moribus Tartarorum. Itinerarium Orienti