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Musique Militaire chez les "Peuples Cavaliers".


Organisation, tactiques, armement, tout sur les 'Peuples Cavaliers' en guerre.

Modérateurs: Che Khan, Alokhan

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Message 14 Sep 2012, 14:11

Musique Militaire chez les "Peuples Cavaliers".

Le "Tambour de Guerre"

- Introduction :

Les premières traces de l'existence de cet instrument remontent à 6 000 ans av J-C.

Les tambours accordés sont l'invention des Égyptiens, on en a retrouvé des fragments dans des tombeaux datant du XIème siècle av J-C.

En Chine, ils sont apparus au IIème siècle av J.C.

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De même, le “Tambour de Guerre”, quelque soit sa taille, est présent dans de nombreuses cultures et ce depuis fort longtemps, peut être même depuis la préhistoire.

- “Tambour de Guerre” chez les “Peuples Cavaliers” :

Cet instrument est déjà très important dans la symbolique chamanique. Un article lui est consacré dans le sujet : Le Tambour du Chaman.

Il n’est donc pas étonnant que le tambour devienne également un “instrument symbolique” dans le cadre de la guerre.

Malheureusement, fabriqué en matière fragile (bois et peau), peu de trace archéologique sont parvenue jusqu’à nous.

Nous n’avons pas de source indiquant que les Scythes utilisaient des “Tambours de Guerre”, ni chez les Sarmates ou les Xiongnu, pourtant en contact avec les Chinois.

Même chez les Huns d’Attila, rien n’indique qu’ils aient utilisé des “Tambours de Guerre”.

La première source se situe en l’an 660 ap J-C, dans un texte chinois. Deux Kaghan türks, reçoivent de ceux-ci (Dynastie Tang), des étendarts et des “Tambours de Guerre” pour leur aide apportée dans la campagne militaire contre les ‘Coréens”.

Nous retrouvons des sources chez les Mongols dont la tradition d’utiliser des “Tambours de Guerre” remonte à Gengis Khan.

Marco Polo nous signale :

"Avant d'aller à une bataille, tous les soldats attendent le son du Guangu (Tambour de Guerre) de leur commandant. Quand le “Tambour de Guerre” du Commandant s’arrete de jouer, la plupart des soldats jouent de leurs propres instruments et chantent".

Si la valeur symbolique du “Tambour de Guerre” n’est pas à mettre en doute, il a également une raison plus pragmatique et utilitaire. En effet, il sert de moyen de communication entre les différentes troupes mongoles.

Les Mongols utilisaient plusieurs types de “Tambours de Guerre” :

- Des types de grande dimension, utilisés par des hommes à pieds ou montés sur char.
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Siège de Bagdad
Source : Miniature tirée du manuscrit de Rachid al Din


- Des types de grande dimension installés sur des chevaux ou des chameaux (c’est sans doute l’ancêtre de nos timbales à cheval) et qui porte le nom de 'nagara' ou 'naqara'.
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Source : Illustration d'Angus McBride / Osprey Edition - The Mongols.

- Des types de dimension plus modeste utilisés par un seul homme (de style “Grosse Caisse”)
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Invasion du Japon : troupes mongoles et coréennes.
Source : Le “Moko Shurai Ekotoba”

On trouve aussi des 'Tambour de Guerre' chez les Türks Ottomans.
Ce qui n'est pas étonnant car les Türks Ottomans ont développé une véritable musique militaire, le mehter, (à lire dans l'article suivant).

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Remarques :

- Les “Timbales” à cheval (naqara) étaient également utilisées au Moyen Orient. En effet, quand les Croisés arrivèrent au Moyen Orient, cavaliers et chevaux furent affolés par le son des musiciens munis de nacaires (naqqara en arabe) qui intégraient la cavalerie musulmane.

Le Nagara (ou Naqara en arabe) est un tambour que l'on joue avec des baguettes.
Sa caisse à la forme d'une demi-sphère (et non d'un cylindre).
Il est habituellement joué par paires (deux tambour parfois de deux tailles différentes).

Quand les croisés arrivèrent au Moyen Orient, cavaliers et chevaux furent affolés par les sons des musiciens munis de nafirs et de naqara qui intégraient la cavalerie musulmane.


L'instrument a vite été adopté en Europe après les croisades, et connu sous le nom naccaire ou naker.

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Thoinot Arbeau (1588) parle encore du 'tambour des Perses' :

Le tambour des Perses (duquel usent aulcungs allemans le portans à l'arçons de la selle) est composé d'une demye sphère de cuyvre bouchée d'un fort parchemin d'environ deux pieds et demy de diamètre: et faict bruit comme d'un tonnerre quant ladicte peau est touchée avec batons »

(Jean de Joinville - XIIIème siècle :
Et sembloit que foudre cheist [tombât] des ciex au bruit que les nacaires, les tabours et les cors sarrazinois menoient

Jean Froissart, Chroniques, récit de la reddition de Berwick à Édouard III d'Angleterre en 1333 :
Apriès, y entra li rois à grant solennité de trompes et de nakaires [...].


- Les Cosaques, utiliseront également une sorte de “Grand Tambour”.


- La tradition des ‘Timbaliers”, dans la cavalerie, sera reprise par la plupart des armées européennes à partir du 17ème siècle.

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Timbalier des chasseurs à cheval de la Garde - Premier Empire (1804) - gouache de Niklaus Hoffmann
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Message 14 Sep 2012, 14:18

Musique Militaire chez les "Peuples Cavaliers".

Le Mehter, musique militaire chez les Türks Ottoman

Au départ, un Mehter était une compagnie chargée de l'intendance militaire sous l'Empire ottoman.

Il était constitué essentiellement de Janissaires qui avaient pour mission, de dresser la tente du Sultan lors de ses campagnes militaires, de s'occuper de ses chevaux (palefreniers), de servir comme maître d'arme ou comme “Garde du Corps”.

Mais, ces Janissaires devaient également s'occuper d’un orchestre. C’est cette dernière occupation qui va finir par s’imposer aux autres.

De cette manière, on peut considérer que la Turquie ottomane est le berceau des traditions de musique militaire.

C’est l’année 1299 qui est considérée comme la date officielle de l’origine du premier Mehter, sous la direction de Osman Gazi pour le Sultan Kay Qubadh III.

Au XVème siècle, il existait, selon certaines sources, 2 340 Mehters dans la seule ville d'Istanbul.

Les Janissaires étant devenu tellement important qu’ils se comportaient comme un état dans l’état. Leur force devenant une menace, ils disparaissent en 1826. Les Mehters disparaissent en même temps.

En 1914, un nouvel ensemble Mehter fut créé auprès au Musée Impérial à Istanbul, mais fut interdit lors de l'arrivée au pourvoir de Mustafa Kemal Atatürk.

En 1952, le ministre de la défense, Zekai Apaydin Bey, recréa un ensemble Mehter (mehter bölüg(ü), au sein de l'armée turque perpétuant leur souvenir, par le biais de quelques représentations costumées dans le cadre du musée militaire d'Istanbul.

Un mehter est commandée par un “Corbacibasi” (reconnaissable à sa queue de cheval au sommet de sa coiffe).

Il est composée de “Sancaklar” (portes-étendards) et de musiciens dont le nombre variait en fonction de l’importance de la personnalité dont ils dépendaient.

Les instruments utilisés dans les Mehters traditionnels sont :

- le Kös (grosse caisse utilisé par paire, c'était l'instrument centrale de la formation).
- Les Nakkares (timbales)
- Le Davul (tambour).
- Les Zilzen (cymbales).
- Le Nay-y-Turki (cor Turc).
- La Zurna (sorte de hautbois).
- La Boru (sorte de trompette).
- Le Cevgen ou Tchogan (bâton orné de clochettes).

La fonction des Mehters étaient bien pour galvaniser les troupes au combat.
Lors des défilés, les Nakkares étaient installées sur des chevaux ou des chameaux.

Le son du Mehter :
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=828FSrV-nlM[/youtube]


Comme toute activité au sein de la cour, le mehter avait aussi son propre cérémonial pour commencer son jeu. Au signal d'un rythme appelé Sofyan, les janissaires se regroupaient en demi-cercle, chaque groupe d'instruments étant réunis. Tous debout, ils attendaient ainsi la venue de leur chef.
Au moment de l'arrivée de celui-ci commençait le Çağrı (« appel ».

L'un d'eux criait alors : Vakt-i sürûru sefâ, Mehterbaşı Hey! Hey! (« C'est le moment de la joie, Ô chef des Mehters ! Hey ! Hey ! »)
Puis roulement de tambour…

Sur ce le chef les saluait par la formule : Merhabâ ey mehterân! (« Que le salut de Dieu soit sur vous, Ô Mehters… »)

Ses hommes lui rendait le salut : Merhabâ, Mehterbaşı ! (« Que le salut soi sur toi, Ô chef des Mehters ! »).
En suite le chef annonçait le Makam (mode) dans lequel ils allaient tous jouer et concluait par la formule : Hasduuur! (« Tenez-vous purs ! »).

Au signal de'Haydi ya Allah !' le jeu pouvait commencer.

À la fin de cette cérémonie musicale, le chef des Mehters récitait une prière appelée Gülban empruntée aux confréries soufies rattachées à un saint du XIIIe siècle, Hadj Beltach Wali de qui tout janissaire revendique un lien spirituel, et qui changeait de contenu selon l'heure, ou le fait que l'on était en guerre ou en paix.
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