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L’Armement des Mongols

MessagePublié: 03 Oct 2005, 21:15
par Che Khan
L’Armement des Mongols


L'armement des Mongols était très redoutable.

A ) - armes défensives :

Les combattants les plus fortunés possédaient des casques en métal, de forme hémisphérique (à la mode chinoise). Le guerrier ordinaire utilisait un casque en cuir, parfois recouvert de plaque de métal.

On remarque aussi de petits boucliers ronds qui ne devaient guère leur servir qu'à parer les coups de sabre sur la tête et peut être même uniquement employé par les sentinelles.

Les cavaliers lourds portent des armures lamellaires. Jean de Plan Carpin rapporte que ces cuirasses, qui couvraient entièrement les hommes et les chevaux, étaient composées de petites plaques de fer larges d'un doigt et longues d'une palme assemblées avec des courroies de cuir; le tout était si bien poli qu'on pouvait, paraît-il, se voir dedans.

Ces fameuses armures lamellaires existaient déjà dès l’antiquité et est typique des régions asiatiques (Perse). Ils avaient aussi d'autres cuirasses faites uniquement avec du cuir (parfois laqué).



B) - armes offensives :

L’arme de prédilection des mongols, comme pour tous les peuples cavaliers est l’arc. Un arc à double courbure (un post spécifique donne de plus amples explications sur cet arme) .

En campagne, les Mongols le portent dans un étui particulier, en permanence pendu à la ceinture et déjà bandé, de même qu’un carquois, une hache, une corde ou un lasso et parfois une masse d’arme.

Jean de Plan Carpin précise que chaque guerrier possédait plusieurs de ces arcs (deux ou trois) et 3 carquois.

Les plus riches avaient des sabres (droit ou légèrement courbe), ne tranchant que d'un seul côté et parfois alourdis vers la pointe de façon à rendre le coup plus dangereux (Plan Carpin). Ce sabre ne servait que comme arme d'appoint, dans le cas ou le contact n’avait pu être évité.

En effet, une armée mongole typique ne possédait que des cavaliers divisés en deux groupes. Une Cavalerie légère armée de l’arc, très mobile, et destinée à harceler l’adversaire afin de lui faire rompre les rangs et leur cohésion.

Entrait alors en lice le deuxième groupe, la cavalerie lourde, toujours cuirassée (hommes et chevaux) possédant des lances qui, à ce que dit Jean de Plan Carpin, ressemblaient assez à celles des Cosaques de l'Amour. Leur fer portait en effet un croc avec lequel ils enlevaient les cavaliers de leur selle, on tout au moins les jetaient à terre en les tirant de côté.
Son but étant d’écraser les troupes ennemies se trouvant dispersées et désunies.

Suivant le même missionnaire, leurs flèches atteignaient presque 1 m de long, le fer en était très acéré et ils avaient toujours sur eux des limes pour les aiguiser.

Marco Polo nous dit :

« Leurs armes, , sont arc et filet et espées et maces, mais des arcs s'aident plus que d'autre chose, car ils sont trop bon archiers, les meilleurs que l'on sache au monde. Et en leur dos portent armeures de cuir bouli qui sont moult fort. »

Influencés par les chinois, les Mongols se servent de catapultes en bois de bambou, que les Arabes appelaient mandjanik, dont quelques-unes lançaient des pierres énormes à de très grandes distances. Ces engins jouaient le rôle d'une véritable artillerie; en effet, ils avaient des balistes à feu qui lançaient des pots de fer pleins d'une composition détonante dont l'action s'étendait dans un rayon de 40 m; de plus, ils lançaient avec leurs catapultes de grosses pierres entourées de feutre, imbibées de pétrole et garnies de soufre.

Ces projectiles, qu'ils enflammaient avant de les lancer, défonçaient les toits des maisons et les incendiaient. Les artificiers chinois qui servaient dans leurs rangs lançaient des javelots à feu, chargés d'une composition explosible qui anéantissait tout dans un rayon de 3 m. Ils mettaient le feu aux toits en y lançant des flèches garnies de matières inflammables.

En campagne, ils envoyaient à deux jours en avant, en arrière et sur les côtés, deux cents batteurs d'estrade qui n'avaient d'autre mission que de reconnaître l'ennemi et de se rabattre sur l'armée pour l'en avertir. L'armée principale suivait, pillant tout sur son passage jusqu'au jour où elle livrait bataille. Marco Polo raconte que quand un détachement de cavalerie partait pour faire un raid de longue durée, les hommes ne s'embarrassaient pas de provisions. Ils avaient simplement deux bouteilles de cuir dans lesquelles ils mettaient leur lait, un petit pot de terre pour cuire la viande à l'occasion et une petite tente pour la pluie.

« Et, quand ils ont grand besoing, dit-il, si chevauchent bien dix journées sans nulle viande et sans faire feu, mais vivent du sang de leurs chevaux; car ils poignent la vaine de leurs chevaux et les font saigner encontre leur bouche et buvra tant que il sera saoul. »

Haïthoum dit que les Mongols étaient surtout dangereux en bataille rangée, à cause de leur extrême habileté à tirer de l'arc; ils battaient en retraite sans aucun désordre et en rangs très serrés; il était à peu près impossible de les suivre, car ils lançaient continuellement des flèches. Cette habileté n'a rien de surprenant quand l'on sait que les enfants mongols commençaient à monter à cheval et à tirer avec de petits arcs dès l'âge de trois ans.


B) - autres accessoires :

En campagne, chaque cavalier est équipé d'un ensemble complet d’outils et de pièces de rechange et autres objets utilitaires.

Il possède un couteau (à tout faire) et une petite hache mais aussi, une pierre d’affûtage (ou une petite lime) pour affûter ses pointes de flèches, une alêne (aiguille) et du fil pour permettre la réparation rapide et efficace de presque tout type d'équipement

Il possède également un lasso, un petit chaudron, un briquet à silex pour allumer son feu, sans oublier, des cordes d'arc de rechange.

En plus de ceci, il porte un sac en cuir imperméable à l'eau qui maintenait l'habillement au sec et qui était aussi employé comme ceinture de natation pendant la traversée de rivière (on voit comment les mongols emploient cette technique et surprennent les Hongrois à la Bataille de Mohi en traversant la rivière Sajo mais cette technique est aussi utilisée par les Magyars, un autre "Peuples cavaliers", à la Bataille de Pozsony, le 4 juillet 907.


Ce sujet est, bien évidement, présenté sur ce site plus en détail dans la rubrique "Équipement des Peuples cavaliers'.