Message 07 Jan 2014, 20:17

Système Monétaire de la “Horde d’Or”.

Système Monétaire de la “Horde d’Or”.


- Introduction :

Contrairement à l’idée général que nous avons des Mongols et de l’Empire mongol, ils ne furent pas que des “pillards” sans fois ni lois.

Dès que les conquêtes militaires sont finies, ils organisent ( ou ré-organisent) les territoires qui sont tombés sous leur coupe.

Et pour les Mongols, comme pour les autres peuples, le commerce est vital. Tout d’abord, un commerce interne entre les différentes parties de l’Empire mais aussi un commerce
international avec toutes les régions connues à cette époque (Asie, Afrique et Europe).

Pour qu’un commerce se développe il est nécessaire d’avoir un système monétaire élaboré.

- Système Monétaire de la “Horde d’Or” :

Le système monétaire de la “Horde d’Or” nous est relativement bien connu, garce aux découvertes archéologiques (nombreuses pièces de monnaies) et à quelques textes comme
celui du marchand florentin Francesco Balducci Pegolotti.

C’est à Bolghar, ancienne capitale des “Bulgare de la Volga” que furent frappées les premières pièces de monnaie sur le territoire de la “Horde d’Or” et pour les Mongols.

Elles sont frappées au nom de Mongke Khan, puis d’Ariq Boke ( le rival malheureux de Khubilaï khan).

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Pièce de monnaie avec le tamga de Mongke Khan (photo de gauche au centre).

A partir du règne de Mengu Temur, la monnaie de la “Horde d’Or” ne comporte plus de références au “grand Khan” mais uniquement des références aux Khans de la “Horde d’Or” (comme l’inscription d'un tamga, par exemple).

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Pièce de monnaie avec tamga de Mengu Temur Khan.

Cette modification montre que la “Horde d’Or” s’est affranchie de la tutelle de l’Empire pour devenir un état plus indépendant.
La plus ancienne pièce connue de ce type est datée de 1272.

les monnaies correspondaient à des unités de poids. Le miskal pesait 4,68 gr. Il était divisé en 6 danik.

Ces unités avaient valeur dans d’autres région que la “Horde d’Or” , le kharezm, par exemple.

La monnaie d’argent (yarmac en turc et dirham en arabe) pesait 2 danik. La monnaie de cuivre (pull) pesait 1/32ème de yarmaq.

La Frappe des monnaies :

La production de ces pièces était réalisée dans des ateliers spécifiques et par des artisans spécialisés.
Cette activité était sévèrement réglementée .
Lorsqu’une pièce était frappée, on y indiquait, en général, l’atelier responsable de la “frappe” ainsi que informations.

Si le premier centre de production se situe dans la ville de Bolghar, bien vite, d’autres centres de production s’ouvrent.

Le deuxième “Centre de Frappe” s’ouvre en Crimée, où les premières pièces de monnaie sont frappées à partir de 1265, puis un autre centre s’ouvre à Sarai, la ville capitale de la Horde d'Or et plus tard à Uvek et Azakdans au Khorezm.

Il y aura plusieurs réformes monétaires, ainsi, sous le règne du Khan Toqto’a, une réforme visant à unifier la monnaie est effectuée et de nombreuses nouvelles pièces en argent sont frappées à Sarai. Les vieilles pièces de monnaie ont probablement été retirées de la circulation et échangées contre les nouvelles avec un certain bénéfice pour la trésorerie de l'Etat.


Entre 1379 et 1380 Toqtamich Khan a mené une nouvelle réforme et établi un poids standard unifié de pièces d'argent. Une fois de plus un grand nombre de nouvelles pièces sont été frappées.

Sous le règne d’Hadji Gireï, une troisième réforme est effectuée. Cependant, comme les précédentes réformes celle-ci n'a pas permis d'établir une monnaie unique sur l’ensemble du territoire.
Ainsi, au début du 15ème siècle, le poids des pièces frappées à Bolghar était encore différent de celle des pièces de monnaie frappées dans les villes du sud de la "Horde d'Or".

- Type d’inscription :

La plupart des pièces en argent possèdent des inscriptions communes et sur les deux faces.

On y trouve le nom d’un Khan ou son “Tamga” mais également des indications sur la ville où a été frappé la pièce.

Une grande variété d'inscriptions religieuses sont également rencontrées sur les pièces du XIIIème siècle, en particulier sur ceux de la région Bolghar. On peut citer les maximes tel que :
«Symbole de la Foi», «Royaume à Dieu», «L'humilité de Dieu, Un et Tout-Puissant»,

On y trouve aussi des vœux pieux et des maximes de bienfaisance tel que : «La vie est courte, l'utiliser pour des actes pieux», «Soyez heureux», «substituts de tempérance de la richesse».

Les inscriptions sont généralement écrites en arabe et en lettres arabes. Les noms des Khans et la ville de Bolgar sont parfois écrits avec des lettres ouïgours.
Quelques inscriptions turques (écrits en arabe ou ouïgours) ont été rencontrées.

les textes turcs écrits avec des lettres arabes en général informés sur la question d'une nouvelle pièce de monnaie et sur le rapport entre le cuivre et l'argent monnaie et unités de poids, souvent avec un 'par l'arrêté royal. Comme il s'agissait de questions cruciales, elles ont été écrites dans le langage cohérent pour les gens ordinaires.

Les pièces comportent également des images d'oiseaux, de poissons et d'animaux (principalement des prédateurs). Images d'un lion sur le fond du soleil levant et un aigle à deux têtes ont été empruntés à la monnaie iranienne.

Les dates sont généralement écrits en chiffres.

A partir de 1424 apparut nouvelles pièces bilingues, dite pièces Tatar-génois, qui présentait un tamga des Khans de Crimée du clan Girey, Des exemples ultérieurs présentaient également le “symbole” de la banque de Gênes.


La conception de pièces de cuivre était beaucoup plus simple. elles portaient classiquement la date et le centre de frappe. La présence du nom d'un Khan était très rare
et les inscriptions encore plus.

- Particularité :

Au cours du 14ème siècle, une particularité du système de frappe de la “Horde d’Or a été décrite par Francesco Balducci Pegolotti.

Elle est dite «ouverte» ou «libre» et consistait a autoriser des clients privés de venir avec des matières premières ( des lingots d’argent) et de faire transformer cet argent en pièces de monnaie officielle dans un “Centre de Frappe”.

Pour son travail, le “centre de frappe” prenait une “taxe” (redevance) pour lui-même et pour le Khan.
Che Khan, votre humble serviteur
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