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Le commerce avec Gênes


Des articles sur les échanges commerciaux entre l'Europe et les 'Peuples Cavaliers'.

Modérateurs: Alokhan, Che Khan, Dame Annick, Marco Posato

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Marchand Génois

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Inscrit le: 16 Nov 2007, 17:44

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Message 07 Déc 2007, 11:35

Le commerce avec Gênes

Le commerce avec Gênes


Moi, Marco Posato, riche marchand génois, je ne pouvais éviter de vous parler de ma bonne ville de Gênes, d’autant plus que grâce à ses comptoirs sur la Mer Noire, mes compatriotes furent très souvent en contact avec les nomades des steppes.

Vous verrez à quel point l’importance économique de cette région et le besoin de contrôler les routes maritimes vont marquer les relations entre les villes italiennes.
De plus, les Génois ont été longtemps favorisés par les Khans de la "Horde d'Or" et ont reçu des autorisations pour ouvrir des comptoir en "Mer Noire".

Même si l’article est un peu hors sujet, il vient compléter d’autres informations présentes dans cette rubrique.


Au XIème siècle, la reconquête chrétienne du Sud de l'Italie, permet aux navires italiens de circuler dans toute la mer Méditerranée et d'aller chercher dans les ports musulmans ou byzantins, les produits de l'orient, les parfums, les soieries, l'ivoire, les épices etc...

A partir du XIIème siècle, les croisades offrent de nouvelles occasions d'activité. Les grands ports de Venise, Gênes, Pise, sont des capitales de grands commerce. Les villes italiennes de l'intérieur, comme Florence, Milan, se mettent à fabriquer des étoffes, des objets en cuir, des armes et le commerce italien se développe.


Grâce à celui-ci, les villes italiennes deviennent prospère et leurs marchands sont partout.
On les voit en Bourgogne, en Champagne, en Flandre ou en Angleterre.
Dans les grandes villes d'Occident (Paris, Bruges, Londres en autre) s'installe des petites colonie d'italiens qui font du commerce et ouvre les premières banques. A Paris, par exemple, la rue de la Buffetterie, sera débaptisée en 1323 pour devenir la rue des Lombards.

En 1281 et avec l’accord de l’empereur byzantin Michel VIII Paléologue , les Génois s’installent durablement dans la baie de Théodosia. Caffa, petite bourgade peuplée de Grecs, d’Arméniens et de Turco-Mongols devient alors l’une des principales villes de la Mer Noire et la capitale des comptoirs génois.


Aux XIIème et XIIIème siècles, ma bonne ville de Gênes connaît une période de prospérité et de montée en puissance grâce à son grand commerce (soie, épices, or, pierres précieuses, alun).

La vie des institutions de la « Commune » est dominée par les rivalités entre ses quatre grandes familles, les Fieschi, Grimaldi, Doria et Spinola.

La concurrence sur les marchés extérieur est sans merci et les rivalités entre les différentes villes d’Italie tournent en véritable guerre.

En 1284, Gênes écrase la flotte de Pise à la bataille de la Meloria et conquiert la Corse (qui devient son grenier à blé), la Sardaigne, les ports de Pise et de Livourne.

Mais la vraie rivale de Gênes, c’est Sérénissime, j’ai nommé : Venise.
Sa puissante flotte génoise affronte Venise à plusieurs reprises, mais aucune des deux cités n’arrive dominer l'autre.

En effet, depuis 1270, Venise et Gênes renouvelaient des trêves successives, tout en sachant que l'affrontement était inévitable.

Les Vénitiens, voulaient chasser leur adversaire de leurs possessions de Syrie. Les Génois voulaient éliminer les Vénitiens des marchés de Constantinople et de Trébizonde et rester les maîtres sur la Mer Noire avec leur comptoir de Caffa en Crimée.


A partir de cette époque, Gênes se rapproche de Byzance ( traité de Nymphée) tandis que Venise se rapproche de Pise.

Les deux cités préparaient le conflit depuis 1286 et plus particulièrement en 1294. Au printemps 1294, les navires vénitiens attaquent les colonies génoises de Chypre, Famagouste puis, le 7 octobre 1294, la flotte vénitienne met la voile vers la Cilicie. Elle rencontre les Génois sur la côte arménienne mais la bataille est désastreuse pour Venise.
Elle perd 25 navires et un nombre important de combattants dont son général Marco Basagio.


Face à cette défaite, Venise réagit en donnant ordre à tous ses armateurs d'entreprendre une guerre de course, tandis que la cité reconstruit une nouvelle flotte de 65 galères.

Gênes, qui a ainsi triomphé de Pise et de Venise, est alors à l'apogée de sa puissance militaire.

Cependant si elle n'a rien à craindre de Pise, alors divisée en factions elle doit continuer à se méfier de Venise. En effet, les deux cités s'affrontent à nouveau dans une série de coups de mains jusqu'à ce que Gênes batte une nouvelle fois Venise en 1297 devant Curzola, bataille remportée par Lamba Doria, frère d'Oberto Doria, vainqueur de Pise à la Meloria.

Une médiation du pape et de Charles d'Anjou amène les deux cités à signer la paix de Milan en 1299.

Mais, une troisième guerre éclate, de 1350 à 1355, émaillée de victoires incertaines de part et d'autre, jusqu'à ce qu'elles signent une paix temporaire à Byzance, en 1355, puis qu'elles concluent des accords commerciaux en 1361.

De 1372 à 1378, une nouvelle période de tensions amène successivement une défaite vénitienne devant Pola en 1374, puis de Gênes près du cap d'Anzio en 1378.

L'année suivante voit Gênes s'imposer mais, en 1379, commençait, entre les deux villes, la guerre de Chioggia s'achevant par la défaite génoise en 1380, Venise assurant sa souveraineté sur la Méditerranée orientale. La paix de Turin de 1381 voie Venise remise en possession de tous ses privilèges à Constantinople et se fait même reconnaître le droit
de commercer librement en Mer Noire. Durant cette guerre, Venise ne doit son salut qu'à la mort du général génois, un Grimaldi tué lors de la bataille finale.

Pour sauver leur patrie les Vénitiens se saignent tant financièrement que physiquement induisant de profondes et irréversibles modifications de leurs institutions.

En 1390, devant la perte de ses positions commerciales en Tunisie en faveur de Venise, Gênes organise une expédition militaire voulant lui donner le caractère d'une nouvelle croisade au prétexte de venger la piraterie des Barbaresques contre les Chrétiens.
Elle obtient l'assistance d'un corps de seigneurs franco-anglais, dont Louis II de Bourbon qui prend le commandement et met le siège devant Mahdia.

Le conflit reprend sporadiquement et une nouvelle défaite génoise amène un nouveau traité en 1404. Gênes n'est alors plus en mesure de s'imposer. À nouveau battue en 1431, elle perd tous ses comptoirs d'Orient.
Son dernier comptoir, celui de Caffa en Crimée, tombe en 1475 aux mains des Türks Ottoman.
Marco Posato, Marchand à Moncastro
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Inscrit le: 24 Sep 2005, 10:43

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Message 03 Mars 2013, 17:01

Le commerce avec Gênes

Le Commerce entre Gênes et Al-Andalus

À partir du XIIème siècle, l’Occident pèse d’un poids nouveau dans le commerce en Méditerranée.
Les flottes de Pise et de Gênes chassent les musulmans de Corse et de Sardaigne et s’imposent progressivement dans le commerce oriental.
La majeure partie du trafic d’Al-Andalus et du Maghreb vers la Syrie et l’Égypte est déjà effectuée par des navires italiens.

En visitant, avec mon épouse, la belle ville de Grenade, pendant les vacances de Carnaval 2013, j’ai appris que les Génois à l’époque de la Dynastie des Nasrides (1232-1492)
avaient une telle emprise économique sur le “Royaume de Grenade” qu'on a pu écrire que le royaume nasride était pour Gênes : “un pays colonisé, exploité par des marchands pour le grand commerce".

Les principaux ports du royaume étaient Alméria et Malaga.


Un des commerces que faisaient les Génois avec le “Royaume de Grenade” était le commerce des esclaves.

La grande majorité des esclaves venaient du pays nommé “Bilad as-Sakalibas” c'est-à-dire pays des esclaves et qui englobait toute l'Europe orientale et centrale. Les autres provenaient des steppes d'Asie (Bilad Al-Attrak) ou de l'actuel Soudan (Bilad As-Sudan).

Les esclaves provenant d'Europe étaient essentiellement des slaves capturés autour de la région de L'Elbe, de la Dalmatie ou encore des Balkans.

Les Scandinaves les acheminaient jusqu'aux abords du Rhin où des marchands, essentiellement juifs, achetaient les esclaves puis les revendaient dans toute l'Europe. En
Occident, Verdun était le principal centre de castrations des esclaves.

par contre, les Génois avaient toute facilité de passer par leurs comptoirs de la “Mer Noire” pour aboutir dans les ports méditerranéens.

Le “Royaume de Grenade” ne faisait pas qu’importer des marchandises, il exportait également une grande quantité de céramiques, de la soie, des fruits secs et du sucre.

En 1337, Al-Umari nous apprend, dans sa description du “Royaume de Grenade” qu’à l’époque de Yûsuf Ier, la ville de Malaga se distinguait par une production de céramique à
décor de “lustre métallique, sans équivalent”.
De même, Ibn Battûta déclare, en 1356 : “à Malaga, on fabrique une vaisselle admirable que l’on exporte dans les pays les plus éloignés”.


De la à dire que le personnage de Che Khan aurait très bien pu avoir dans sa vaisselle personnelle un plat ou une assiette venant de Grenade ou de Malaga ????
Je n’oserais pas m’y risquer ... et pourtant !!!???



Pour tous les passionnés d’Al-Andalus, je conseille vivement la visite de Grenade, son quartier arabe (Al-baicín) et bien sur le “Palais-Forteresse” de l’Al-Hambra.

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l'Al-Hambra, vue intérieur depuis la forteresse


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l'Al-Hambra, vue extérieur depuis le bas du quartier arabe
Che Khan, votre humble serviteur
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